La consommation des drogues a des effets néfastes sur la santé et la psychologie des consommateurs des stupéfiants. Elle constitue également un danger pour leur entourage. Les parents ayant des enfants drogués déplorent la cherté des consultations et des assistances psychologiques. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) appelle les gouvernements à mobiliser les ressources tant matérielles qu’humaines pour éradiquer ce fléau
L’usage des drogues constitue un problème de santé publique ayant des conséquences graves sur le développement et la sécurité. Selon l’OMS, à l’échelle mondiale, on estime que 205 millions de personnes consomment des drogues illicites, dont quelque 25 millions sont dépendantes. La consommation des substances psychoactives peut entraîner des problèmes psychologiques et psychosociaux, la perte d’emploi, des problèmes de criminalité et la désocialisation des consommateurs en plus du syndrome de la dépendance plus répandu.
L’usage des drogues constitue un problème de santé publique ayant des conséquences graves sur le développement et la sécurité.
La consommation des drogues, une réalité au Burundi
La consommation des drogues devient de plus en plus fréquente au Burundi, surtout dans les milieux urbains. Beaucoup de jeunes, surtout les adolescents s’adonnent de plus en plus à la consommation illicite des drogues.
J.H est un jeune homme de 33 ans. Il est né d’une malade mentale. Un bienfaiteur l’a amené dans un orphelinat à Gitega depuis qu’il était bébé. A l’adolescence, il a commencé à consommer le tabac, beaucoup d’alcool et de drogues. Puis qu’il ne pouvait plus suivre les cours, il a commencé à redoubler chaque classe jusqu’à ce qu’il soit dans l’obligation d’abandonner complètement les études.
« J’entendais ses histoires lorsqu’il était encore à l’orphelinat. Parfois, je croyais qu’on exagérait et, pour moi, il n’y avait rien d’étonnant dans son comportement. Je le trouvais compréhensible, compte tenu de son enfance malheureuse », témoigne le tuteur de J.H. La situation a commencé à devenir compliquée lorsque J.H est retourné dans cette famille d’accueil en 2009, après avoir vendu tout ce qu’il avait reçu à l’orphelinat.
Elever un drogué, une tâche difficile
Depuis son premier jour dans cette famille d’accueil, il rentrait tard la nuit, ivre et agressif. « Personne ne me comprenait, à commencer par mes propres enfants. Tout le monde me conseillait de le renvoyer, mais le renvoyer où ? Je croyais que ce serait lâche d’envoyer dans la rue un orphelin que j’ai accueilli volontairement. C’est supposé qu’en l’accueillant j’avais accepté de le supporter quelque soient les circonstances. Ma conscience m’obligeait de boire cette calice jusqu’à la lie », affirme le tuteur de J.H
Un jour, leur voisin voulait recruter un berger pour garder son bétail. J.H a été envoyé faire ce travail pour qu’il puisse avoir une occupation dans l’espoir que peut-être il n’aura pas le temps de se droguer. Malheureusement, il n’a pas tardé à sortir ses griffes. Ses mauvaises habitudes se sont fait jour. Il a recommencé à voler et à se rendre coupable de toutes sortes de délits peu de jours après son embauche. Son employeur a informé le tuteur de J.H qu’il n’en pourrait plus et l’a renvoyé.
Il est donc retourné dans la famille d’accueil. Il se bagarrait, volait, escroquait les gens dans son entourage. Il comparaissait devant la justice presque chaque semaine pour tel ou tel autre délit. Toutefois, son tuteur cherchait comment l’aider à sortir de cette misère, mais ne voyait pas exactement quoi faire. Il l’a ensuite envoyé apprendre de petits métiers pour qu’il puisse au moins s’autofinancer et avoir une occupation. Malheureusement, à chaque nouvel endroit, il essayait de repérer un autre groupe de drogués comme lui et la délinquance recommençait. « Actuellement, il est presque fou. Il est pensionnaire de la prison. Je suis déboussolé, je ne vois pas quoi faire pour le sauver, mais franchement ça me fait mal au cœur de le voir dans ces conditions », regrette le tuteur de J.H. Il déplore que les consultations et les assistances psychologiques coûtent énormément cher.
L’Organisation Mondiale de la Santé estime que « les gouvernements doivent investir financièrement et octroyer des ressources et du personnel pour fournir aux toxicomanes des services efficaces permettant de prévenir et de traiter les troubles liés à la consommation de la drogue ». « La participation de groupes de la société civile est également nécessaire pour que les prestations de soins puissent être accessibles aux personnes dans le besoin ».