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Construction d’un mall sur le site de l’ex-marché central de Bujumbura : L’ABEF, va-t-elle gagner le pari ?

Les travaux de construction d’un grand centre commercial (mall) sur le site de l’ex-marché central de Bujumbura pourront bientôt démarrer. La feuille de route et le mémorandum d’entente pour la construction de ce denier a été validé par le conseil des ministres mercredi le 7 avril 2021

Le conseil des ministres a adopté mercredi le 7 avril 2021 la feuille de route et le mémorandum d’entente pour la construction d’un centre commercial sur le site de l’ex-marché central de Bujumbura. Dans un communiqué de presse sorti par la Présidence de la République du Burundi, on a fait savoir qu’en date du 09 décembre 2020, le conseil des ministres a analysé une note sur une requête de l’Association des Banques et Etablissements Financiers (ABEF) au gouvernement du Burundi pour construire un grand centre commercial sur le site de l’Ex-marché central de Bujumbura.

Le conseil des ministres avait donné son accord de principe pour la poursuite du projet et avait entre autres recommandé aux représentants de l’Etat et à ceux de l’ABEF de se mettre ensemble pour élaborer une feuille de route et un chronogramme des activités pour que le centre soit opérationnel dans les meilleurs délais. Cette feuille de route élaborée pour la mise en œuvre du projet comprend toutes les activités à réaliser depuis la mise en place de la commission technique mixte jusqu’à l’inauguration officielle de ce centre. Il est prévu que les travaux de construction de ce  centre vont durer cinq ans.  Son inauguration officielle est projetée le 3 avril 2026. Quant au mémorandum d’entente, il fixe le montant du projet.

Les travaux de construction d’un grand centre commercial (mall) sur le site de l’ex-marché central de Bujumbura pourront bientôt démarrer.

Le marché central de Bujumbura a été construit en 1994 sur une superficie d’environ 3 hectares. Le coût de cette infrastructure s’élevait à 1,5 milliards de FBu. Sa gestion a été confiée à la Société de Gestion du Marché Central de Bujumbura (SOGEMAC) pour une durée de 30 ans. Le marché comportait plus ou moins 3 000 stands opérationnels avec près de 7 000 occupants. Il était considéré comme le poumon de l’économie nationale. Il était le carrefour de tous les commerçants des quatre coins du pays qui s’y approvisionnaient.

L’ex-marché central ravagé par un incendie en 2013

Malheureusement, tous les espoirs placés en cette infrastructure ont basculé le matin du 27 janvier 2013. Un grand feu a ravagé le marché central de Bujumbura. Les commerçantes et les commerçantes assistaient impuissamment à l’incendie de leurs biens. Ceux qui y avaient des échoppes criaient au secours. Ils imploraient les « dieux » de tous les coins du monde pour arrêter le feu qui calcinait cette infrastructure combien importante pour l’économie du pays. Aux larmes des uns succédaient les rires des autres qui profitaient de l’occasion pour piller. Les personnes entraient et sortaient du marché, marchandises, cartons, pagnes soit dans la main, soit sur les épaules ou sur la tête. Il était difficile de distinguer les commerçants des brigands.

Après l’incendie de 2013, les commerçants ont vécu un calvaire sans nom

Après la catastrophe de janvier 2013, les anciens occupants du marché central sont partis en débandade rejoindre les autres marchés excentrés, à savoir : Jabe, Ruvumera et Bujumbura City Market. Ces derniers se sont vite remplis de commerçants et le commerce y est devenu florissant. Ils ont démarré à zéro ou presque, car la plupart des commerçants avaient contracté des crédits auprès des institutions financières et certains d’entre eux thésaurisaient les recettes des ventes dans le même marché calciné.  Par contre, d’autres commerçants avaient tout perdu et avaient du mal à reprendre l’activité commerciale. Il a été observé une ruée de commerçants ambulants aux alentours de l’ex-marché central. Le phénomène persiste même s’il est de faible ampleur.

Signalons que dans le but de revaloriser l’emplacement de l’ex-marché central de Bujumbura, le gouvernement a décidé d’y ériger un grand centre commercial. Ce projet remonte à 2014 mais, jusqu’à présent, les résultats ne sont pas palpables. L’appel d’offre international lancé n’a pas abouti aux résultats escomptés. Le mémorandum d’entente pour la construction de cette infrastructure économique a été adopté par le conseil des ministres en septembre 2018. C’est la société chinoise Jiangxi Jianglian International Engineering qui a gagné le marché. Le secrétaire général et porte-parole du gouvernement Prosper Ntahorwamiye a indiqué qu’aucune offre n’a été réceptionnée dans les délais prévus par les termes de référence. Par conséquent, justifie-t-il, le gouvernement a décidé de sensibiliser ses partenaires pour les intéresser à ce projet. Et Ntahorwamiye de conclure que c’est la seule société qui a démontré les capacités techniques et financières en matière de réalisation de grands projets d’infrastructures.

Le projet serait mis en œuvre sous forme de partenariat public-privé (PPP). Les TDR précisaient que ce centre commercial comprendrait une infrastructure d’au moins 5 niveaux, un parking obligatoire pour 400 à 500 véhicules au sous-sol et en surface, des salles de conférences, de concerts, d’expositions. Cependant, cela a échoué.  Le Deuxième Vice-Président de la République d’alors Joseph Butore a déclaré dans l’hémicycle de Kigobe que le gouvernement est à la recherche des fonds pour y ériger une infrastructure économique emblématique-une vitrine du pays, a-t-il dit. Espérons que l’ABEF va gagner le pari.

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