En mars 2020, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a déclaré que l’épidémie de coronavirus est devenue une pandémie. Cette dernière affecte négativement les mouvements des biens et des personnes entre pays. Pour plus de vigilance, au niveau des postes-frontières, le Burundi a mis en place une équipe médicale pour essayer de freiner la propagation de cette pandémie. Qu’en est-il au poste-frontière de Gahumo en province de Cankuzo ?
Il est 9h30. Les rayons solaires tapent moins fort sur les rives de la rivière Gahumo, non loin du poste-frontière du même nom. Ce dernier se trouve dans la commune Mishiha de la province Cankuzo. C’est un passage quasiment obligé pour les personnes qui circulent entre Mishiha et la Tanzanie (particulièrement dans le centre de Murusagamba). Cet endroit est très calme et doté d’une nature assez verdoyante. La route traversant la frontière n’est pas bitumée. Elle est en mauvais état et la circulation n’y est pas intense, car les va-et-vient y sont moins fréquents.
La vigilance au niveau des postes-frontières est nécessaire pour limiter la propagation du coronavirus au Burundi.
Malgré le nombre limité des passants; des piétons, des cyclistes voire des motocyclistes traversent la frontière sans le moindre souci à propos de Covid-19. A part les agents du Commissariat général des migrations et de l’Office Burundais des Recettes (OBR) qui s’occupent des mouvements transfrontaliers tellement faibles, il n’y a aucune structure qui s’occupe du contrôle sanitaire des voyageurs. Un agent de la police confie : « Les gens d’ici entretiennent des relations avec les Tanzaniens de l’autre côté depuis des années, alors, ce n’est toujours pas facile d’éviter des contacts entre eux. »
Les frontières à l’ère du Covid-19
Après plusieurs mois de fermeture de l’aéroport international Melchior Ndadaye, les activités ont repris normalement à partir du 8 novembre 2020, mais également au niveau des frontières terrestres. Les points d’entrée officiellement connus sont les postes-frontières de Kobero à Muyinga et de Mugina à Makamba. Les autres ne fonctionnent pas au vrai sens du terme, mais des mouvements plus ou moins timides s’y observent. Le poste-frontière de Gahumo en est un exemple. Même si le monde fait face à la pandémie de Covid-19, les gens qui vivent à proximité des postes-frontières n’ont probablement pas altéré leurs relations.
Pas mal de personnes franchissent les frontières régulièrement, notamment dans le cadre de leurs travaux ou activités commerciales, des visites familiales ou amicales, etc. « A moto, très tôt le matin, nous avons quitté le district de Kibondo en Tanzanie pour rendre visite à un ami qui habite à Mishiha », font savoir deux hommes aux gardiens d’une barrière qui est érigée sur place. Et, pourtant, un membre d’une famille qu’ils allaient visiter n’a pas tardé de venir les accueillir.
Lorsque les autorités locales ou nationales ne parviennent pas à appliquer une vigilance maximale au niveau des frontières, les mesures restrictives mises en place pour limiter la propagation du coronavirus peuvent s’avérer difficiles à les mettre en œuvre. « Les jours de marché, parfois, nous nous rendons à Murusagamba pour faire les courses. Ce n’est que du côté tanzanien qu’on nous mesure, au moins, la température par des thermomètres frontaux », indique un jeune homme habitant à Mugera, à quelques kilomètres de la frontière.
Le coronavirus n’est plus un secret
Actuellement, selon les statistiques du ministère de la Santé publique et de la Lutte contre le Sida, le Burundi enregistre 61 cas testés positifs au Covid-19 et beaucoup d’entre eux sont importés. Ce nombre risque d’augmenter parce que les circulations transnationales (officielles ou clandestines) sont devenues en quelque sorte une habitude pour les populations frontalières. La perméabilité ou la négligence au niveau des frontières peut être à l’origine d’une vague de propagation du coronavirus, car la diversité des mobilités entre les pays est l’un des facteurs qui augmentent les risques de propagation de cette pandémie.
Les orientations provisoires du 20 mai 2020 de l’OMS pour lutter contre la propagation de la Covid-19 aux postes-frontières donnent quelques précisions là-dessus. Le Règlement sanitaire international souligne l’importance de prendre des mesures aux points d’entrée tels que les postes-frontières afin de renforcer les capacités nationales de prévenir les situations d’urgence sanitaire, de s’y préparer, de les détecter et d’y faire face. Pour en savoir plus, nous avons essayé de contacter le porte-parole du ministère de la Santé Publique et de la Lutte contre le Sida, mais en vain.