Face à la fluctuation des prix du pétrole brut, les grands pays producteurs du pétrole ont décidé de réduire la production pétrolière d’environ 10 millions de barils par jour. Spontanément, l’accord historique a provoqué un rebond des prix. Cependant, cette augmentation n’a été qu’éphémère. Décryptage
Le cours du pétrole est un indicateur économique des plus suivis par les économistes. C’est un produit très prisé à l’échelle internationale. L’or noir est une des matières premières les plus échangées au niveau mondial. Cette demande crée une forte volatilité qui fait constamment bouger le cours du pétrole à la hausse ou à la baisse, rapporte l’Agence Bloomberg spécialisée dans les questions économiques.
Après avoir dégringolé fortement à l’automne 2018, les cours du baril de Brent ont fortement augmenté ces deux dernières semaines. En janvier dernier, les cours sont passés au-dessus de la barre des 60 USD, soit une flambée de 20 % depuis fin décembre. Alors que les projections semestrielles étaient à 70 USD le baril de Brent, les prix ont sensiblement chuté jusqu’à 30 USD le baril.
Un accord historique conclu entre les pays exportateurs et la Russie
Le week-end dernier, les grands pays exportateurs du pétrole dont l’Arabie Saoudite ont conclu un accord historique avec la Russie pour réduire la production du pétrole de 9,7 millions de barils par jour. L’accord était censé stabiliser les cours du pétrole. Par contre, le baril de Brent est repassé dans le rouge au cours de cette semaine. Le prix du WTI (West Texas Intermediate) est tombé à New York sous la barre des 20 USD. Les économistes estiment qu’il faut réduire la production jusqu’à 30 millions de barils par jour pour espérer une remontée significative des prix.
Les cours de l’or noir connaissent des variations liés au déséquilibre de l’offre et de la demande.
Les cours du pétrole ont vite remonté d’un cran. Le rebond s’est heurté à un plafond d’inquiétudes. Les marchés redoutent que cet arrangement difficilement trouvé ne suffise pas à réduire la surproduction tandis que la pandémie de coronavirus continue à réduire la demande.
Pourquoi la variation des cours du pétrole ?
Le prix du pétrole est fixé en fonction de sa qualité, c’est -à -dire de sa teneur en impuretés (eau salée, soufre) en fonction du gisement de production. Il existe ainsi au moins 160 différentes qualités de pétrole brut dont trois sont de référence mondiale : le Brent de la Mer du Nord, le West Texas Intermediate américain (WTI) et le Dubaï Light.
Plusieurs facteurs sont susceptibles d’entraîner une hausse du cours du pétrole. Ce sont notamment : la baisse du dollar, l’augmentation de la demande, les conflits et les crises diplomatiques.
La valeur du dollar a un impact considérable sur le cours du pétrole, car il est souvent exprimé en dollar américain. En excluant tout autre facteur, une baisse du dollar peut donc entraîner une augmentation du prix du pétrole.
La loi de l’offre et de la demande en jeu
Comme pour beaucoup de marchés financiers, le facteur principal qui influence le cours du pétrole brut est la relation entre l’offre et la demande. L’offre provient généralement des compagnies extractives de pétrole. La loi de l’offre et de la demande est une règle fondamentale de l’économie et le marché du pétrole ne fait pas figure d’exception. Ainsi, en cas de forte augmentation de la demande pour le pétrole et d’une offre faible, les prix vont augmenter.
Le choc pétrolier de 2008 avait provoqué un ralentissement de l’activité industrielle et une réduction de la demande entrainant une baisse de 100 dollars sur le prix du baril. L’excès de l’offre mondiale suite à une décision de l’OPEP de ne pas modifier sa production avait causé une chute du cours du pétrole en 2014 de près de 60%. Cette décision a été à la base de la crise pétrolière de 2015 qui a fait chuter le prix du baril de 100 USD à 27 USD, atteignant son niveau le plus bas en janvier 2016.
Les tensions géopolitiques exacerbent la pression sur le marché
Les conflits armés et les tensions diplomatiques influent énormément sur le cours du pétrole et des hydrocarbures en général. A titre illustratif, le projet nucléaire iranien et les menaces de sanctions des USA pourraient avoir un impact important sur les marchés pétroliers. Pour rappel, l’Iran produit 3,8 millions de barils par jour et en exporte un peu plus de deux millions.
L’OPEP qui régule une grande partie de l’offre de pétrole mondiale impose des quotas de production à ses pays membres pour éviter un effondrement des prix du baril. Ce qui permet d’assurer une certaine stabilité du marché du pétrole. Une forte production de pétrole décidée par les pays de l’OPEP peut se traduire par une baisse du cours du pétrole.
Parmi les principaux pays producteurs de pétrole figurent l’Arabie Saoudite, la Russie, les Etats-Unis, la Chine, l’Iran, l’Irak, le Koweït, le Mexique, le Venezuela, le Canada, le Nigeria, la Norvège, les Émirats Arabes Unis, l’Algérie et la Libye. Il est à noter que la Russie, les Etats-Unis, le Canada ou encore la Norvège ne sont pas membres de l’OPEP.