Depuis plusieurs mois, la planète terre subit une crise exceptionnelle. Une crise sanitaire doublée d’une crise économique qui provoque une récession grave à travers le monde : faillites de milliers d’entreprises, fermetures d’usines, disparitions de compagnies aériennes et de chaînes d’hôtels, chômage massif, pénuries de produits, chute des cours des matières premières dont le pétrole. Ce recul majeur de l’activité économique et donc la diminution mondiale de créations de richesses aura des répercussions durant plusieurs années, y compris pour l’Afrique, y compris pour le Burundi, à de nombreux niveaux
Tout est parti de Chine, vraisemblablement en octobre 2019. Si l’origine géographique semble claire, la date l’est moins car à ce jour, rien ne permet d’indiquer avec certitude le moment précis du début de l’épidémie, c’est-à-dire le premier cas humain infecté. La crise sanitaire dite du Covid 19 s’est répandue à travers le monde entier en quelques mois générant une crise économique sans précédent. C’est la Chine la première qui a pris des mesures radicales de confinement de grandes villes et de provinces tout en arrêtant toute circulation de voyageurs et des produits de consommation, aussi bien à l’entrée qu’à la sortie (import – export). Ces dernières mesures strictes ont provoqué un arrêt des transports de matières premières et des biens de consommation et par conséquent un ralentissement de l’activité économique et du commerce mondial. Après la Chine, c’est toute l’Asie du Sud Est qui a pris des mesures réduisant les échanges. L’Europe a suivi, puis le reste du monde. Au cœur de cette première vague, en mars-avril, plus de 4 milliards d’humains étaient confinés à leur domicile. En quelques semaines, le chômage en Europe et aux Etats-Unis a augmenté de façon exponentielle: 30 millions d’Américains ont perdus leur emploi et en même temps leur assurance « soins de santé » (généralement payée par l’employeur).
Selon le Fonds monétaire international (FMI), la chute du produit intérieur brut (PIB) de la planète sera de -3 %. Du jamais-vu en temps de paix, depuis un siècle.
La crise est considérée comme inédite dans sa nature (car consécutive d’une crise sanitaire internationale entraînant le confinement d’une grande partie de la population mondiale) et dans sa violence (supérieure à celle des crises précédentes), y compris selon le FMI dans des pays où l’impact de la pandémie est moins sévère.
La crise sanitaire est devenue une crise économique sous l’effet de deux chocs : un choc d’offre massif et un choc de demande, lui aussi massif. Le choc d’offre se caractérise par une baisse de production liée à l’apparition de contraintes sur l’approvisionnement en consommations intermédiaires, par la mise à l’arrêt d’usines liée au confinement d’une partie de la force de travail, et par la réduction de fourniture de services.
Va-t-on connaître le pire ?
Après des décennies de croissance quasi continue, le monde devrait connaître, en 2020, une récession historique. Selon le Fonds monétaire international (FMI), la chute du produit intérieur brut (PIB) de la planète sera de -3 %. Du jamais-vu en temps de paix, depuis un siècle. Il faut dire que cette crise est unique en son genre. Les chiffres de l’Organisation de Coopération et de Développement Economiques (OCDE) sont plus alarmants. Le monde va connaître une récession d’au moins 6% en 2020. Les économies plongeraient encore davantage, avec des chutes de plus de 14% dans plusieurs pays dont l’Europe.
La pandémie liée au coronavirus entraîne un double bouleversement de l’économie. Le confinement a forcé de nombreuses entreprises à ralentir voire à stopper leur activité, il a par ailleurs provoqué un effondrement de la consommation de la population. On parle là d’une combinaison de « choc d’offre » et de « choc de demande ».
Crise due au choc de l’offre et de la demande
Pour limiter la propagation du coronavirus, des pays ont pris des mesures de confinement. Cette crise économique est inédite par son ampleur et sa vitesse de diffusion planétaire. Elle combine à la fois un choc d’offre, les entreprises tournent au ralenti et un choc de demande car la consommation a diminué. Les entreprises éprouvent des difficultés pour s’approvisionner en marchandises venant des fournisseurs étrangers. Cette rupture de la chaîne de production entraîne une chute de l’offre.
Les travailleurs mis au chômage définitif ou partiel voient leurs ressources diminuer, ils réduisent directement leurs achats et donc leur demande, c’est le choc de la demande. De plus, le confinement empêche les ménages d’acheter de nombreux produits ou service.
Ensuite, face à l’incertitude concernant l’avenir, les ménages ayant peur d’une aggravation de la situation sont moins enclins à dépenser et épargnent, ils reportent à plus tard de nombreux achats (voitures, maisons) et consomment de moins à moins. Les ménages craignent des pertes dans leurs plans d’épargne et les entreprises dans leurs placements. Chacun préfère donc d’attendre avant d’investir ou de consommer.
L’Afrique pourrait en souffrir à plusieurs niveaux
A cause du Coronavirus et de la crise économique mondiale, l’Afrique sera frappée cette année d’une récession encore plus sévère que prévu, avec une chute des revenus qui pourrait les ramener à leur niveau d’il y a 10 ans. Ce sont les nouvelles projections du Fonds monétaire international (FMI) pour la région.
Outre la récession qui frappera les différentes économies nationales de l’Afrique (chutes des cours de matières premières dont le pétrole), les montants d’interventions et d’aides de l’Occident à travers les coopérations et les ONG seront en forte diminution. Les montants de coopérations européennes sont directement proportionnels au PIB de chaque pays. Celui-ci ayant fortement diminué, la coopération suivra la courbe descendante. C’est également vrai pour les ONG dont les donateurs seront également affectés par la crise (moins de recettes).
La propagation du coronavirus a constitué un choc majeur pour les perspectives de croissance de l’économie mondiale. Tous les secteurs sont touchés, 170 pays vont voir leur revenu par habitant s’effondrer.
Selon ses prévisions, la crise sanitaire de la Covid-19, et le fort ralentissement économique qui s’en est suivi (sur fond de fermeture des frontières et des entreprises, de confinements partiels ou totaux, de baisse des recettes fiscales et hausse des dépenses publiques), devrait se traduire par une récession de 3,2% dans la Région sub-saharienne. Une contraction de l’économie encore plus importante que les prévisions faites au mois d’avril (1,6% alors).
L’état de la crise sanitaire dans le monde au 14 juillet 2020
La situation sanitaire mondiale continue de s’aggraver. Plusieurs grands états américains très peuplés comme la Californie, le Texas, l’Arizona et la Floride connaissent des augmentations majeures de la propagation du virus entraînant des hospitalisations et des morts, des nouvelles fermetures de lieux publics sont prises (écoles, universités, restaurants, magasins, églises et temples), l’activité commerciale et économique se voit à nouveau réduite, ce qui va provoquer une nouvelle perte d’emplois. En Australie tout comme en Amérique du Sud et particulièrement au Brésil, de nouvelles villes et régions sont à nouveau confinées et toute activité réduite. En Afrique du Sud, c’est pire, des mesures radicales viennent d’être prises dimanche dernier : confinement strict avec couvre-feu et interdiction de toute vente d’alcools afin d’éviter de nouvelles entrées de blessés à soigner dans les hôpitaux déjà surchargés par le Covid 19.
En Europe, si la situation générale s’améliore par rapport au mois de mai, certains régions et villes doivent reconfiner, notamment en Catalogne (Espagne).
Terminons ce tour d’horizon par l’Afrique prise dans son ensemble où les contaminations se poursuivent à un rythme élevé même si la situation n’est pas comparable au reste du monde, notamment grâce au fait que les populations sont beaucoup plus jeunes. Cependant, les répercussions économiques et financières seront catastrophiques durant plusieurs années, y compris au Burundi.
Qu’est-ce qu’une récession ?
Une récession est une période de ralentissement économique. Au sens strict, un ralentissement de l’activité économique est une «contraction», mais le terme de « récession » est un anglicisme largement utilisé. On considère couramment qu’un pays est en récession après deux trimestres consécutifs de baisse du PIB. Les récessions sont les périodes durant lesquelles l’économie d’un pays, d’une région ou du monde se rétracte. Bien que les récessions puissent avoir des effets importants sur l’économie, elles font partie intégrante des cycles économiques: l’économie connait une phase d’expansion jusqu’à atteindre un sommet et pour enfin se rétracter. Bien que certaines récessions s’étendent parfois sur un petit laps de temps, leurs effets peuvent quant à eux être vastes et durables. Certaines entreprises font faillite en raison de leur incapacité à s’adapter au climat économique. Des emplois sont alors perdus et certaines personnes peuvent rencontrer des difficultés à rembourser leurs prêts et leurs dettes, ce qui peut se traduire dans certains cas par la perte de leur logement.
Des crises économiques, le monde en a connu plusieurs
Le 29 octobre 1929, la chute vertigineuse des titres sème la panique à Wall Street, la bourse de New-York. En quelques heures, en quelques jours, des dizaines de milliers de détenteurs de titres et de spéculateurs perdent tous leurs avoirs. La dépression touche le monde entier, laissant des millions de personnes sans travail. Ce krash boursier a provoqué la plus grande dépression du 20e siècle entraînant des milliers de faillites bancaires, des centaines de milliers de faillites d’entreprises de par le monde, par une montée du chômage et de la misère qui amena notamment Hitler au pouvoir en Allemagne et une des origines de la seconde guerre mondiale (1939-45).
En octobre 1973, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) augmente ses prix de façon spectaculaire et annonce un embargo sur la livraison de pétrole aux pays qui appuient Israël dans son conflit contre la Syrie et l’Égypte (la guerre du Kippour). Le choc pétrolier va entraîner, pendant plusieurs années, une inflation des prix dans les pays industrialisés et une stagnation de l’activité économique.
En 1982, la flambée des taux d’intérêt aux États-Unis perturbe l’économie mondiale. En août 1982, le défaut de paiement du Mexique déclenche une crise bancaire de l’endettement des pays émergents.
En 1987, les cours de la Bourse à New York s’effondrent. En cause, un déficit commercial américain plus important que prévu, la hausse des taux en Allemagne, mais surtout, l’éclatement d’une bulle spéculative sur les actions. Ce krach mondial a été plutôt bien absorbé par la Réserve fédérale. En 2000, l’éclatement de la bulle Internet entraîne la disparition d’une myriade de sociétés dans les nouvelles technologies et provoque une onde de choc boursière qui secoue les grandes places financières de la planète.
En 2008, le 15 septembre, la banque américaine Lehman Brothers fait faillite, plombée par les crédits immobiliers à risque (subprimes). C’est la plus grosse faillite bancaire de l’histoire américaine. Les bourses mondiales plongent, le monde entier entre en récession. Les séquelles de la crise des subprimes se font encore sentir aujourd’hui, de nombreux pays n’ayant toujours pas retrouvé leur niveau de richesse d’avant la crise.
