En général, les orphelinats du Burundi vivent des contributions des bénévoles nationaux ou étrangers. Mais avec la pandémie de Coronavirus à laquelle fait face le monde entier, l’effectif des contributeurs a relativement diminué. Ce qui inquiète certains responsables de ces centres d’accueil. Malgré cela, le ministère en charge de la solidarité nationale tranquillise
Suite aux évènements tragiques qu’a connus le Burundi de l’indépendance à nos jours, particulièrement la crise de 1993 et des années qui ont suivi, l’effectif des personnes vulnérables a augmenté. Les adultes comme les enfants ont subi des violences multidimensionnelles, les uns perdant les leurs, les autres échappant miraculeusement à la mort. Ce qui a provoqué l’augmentation de l’effectif des orphelins et d’autres personnes vulnérables. Pour essayer de redonner le sourire aux enfants malheureux, certaines personnes aux âmes charitables, nationales comme étrangères, ont regroupé dans des centres d’accueil des personnes vulnérables, particulièrement les petits enfants en vue de les prendre en charge. Pour y arriver, les initiateurs des orphelinats ont besoin de soutiens tant financiers que moraux. C’est pour cette raison que des bénévoles nationaux ou étrangers contribuent régulièrement pour que ces enfants mènent une vie décente. Mais, avec l’avènement de la pandémie de Coronavirus, les choses commencent à changer. « Avant que la Covid-19 ne devienne une préoccupation mondiale, nous recevions occasionnellement dans notre orphelinat des visiteurs étrangers qui venaient se rassurer si les dons qu’ils nous octroient sont utilisés convenablement. Pourtant, aujourd’hui ce n’est pas le cas, car ils ne viennent plus », confie Sœur Eliane Kamikazi, encadreuse dans l’orphelinat « Notre Dame de Tendresse » (paroisse Saint-Michel) à Bujumbura. C’est une structure d’accueil des nourrissons âgés de moins de 5 ans.
L’orphelinat Notre Dame de Tendresse géré par la congrégation des ‘’Sœurs de Sainte Bernadette’’ prend en charge 40 enfants âgés de moins de 5 ans.
Quand la Covid-19 aggrave la situation
Selon toujours cette Sœur de la congrégation des « Sœurs de Sainte Bernadette », cette situation ne date pas d’aujourd’hui. Depuis que le monde a connu une crise financière en 2008 et un peu plus tard, l’effectif des bénévoles qui appuyaient l’orphelinat de temps en temps s’est réduit progressivement. Pire encore, la pandémie de Covid-19 a aggravé la situation. « Les contributeurs de taille qui nous soutenaient, notamment les Italiens ont été beaucoup plus touchés par la pandémie de Coronavirus, mais ils n’ont pas jeté l’éponge. Nous les saluons toujours. Actuellement, nous nous contentons beaucoup plus des contributions des bénévoles internes », confie-t-elle.
Pourtant, continue Sœur Kamikazi, chaque membre de la congrégation a la vocation de faire de son mieux pour que l’enfant mène une vie décente. C’est pour cette raison que tout un chacun lutte pour améliorer les conditions de vie des enfants.
Actuellement, le centre d’accueil de Notre Dame de Tendresse prend en charge 40 enfants. Pour Sœur Kamikazi, la prise en charge des petits enfants est quelque chose de très cher. Ils ont besoin notamment d’une bonne nourriture, du lait et des soins médicaux réguliers ainsi que d’une attention particulière. Dans les années passées, l’orphelinat disposait de stocks de vivres, mais actuellement il vit du jour au jour, grâce à la providence divine. « Pour le moment, nous n’avons pas de problèmes très graves liés à la prise en charge des enfants, mais nous sommes inquiétés par la réduction des bénévoles qui nous appuient. Si cette situation persiste, les retombées du Coronavirus risquent de faire échec à notre mission de s’occuper des personnes vulnérables, particulièrement des enfants », alerte Sœur Kamikazi.
Le gouvernement tranquillise
Au niveau du ministère en charge de la solidarité nationale, Ignace Ntawembarira, directeur du département de l’enfant et de la famille, fait savoir que le ministère suit de près les conditions de vie des petits enfants dans différents orphelinats éparpillés sur tout le territoire national. Par ailleurs, l’Etat burundais a une ferme volonté d’appuyer les structures d’accueil des personnes en difficulté. «Il est évident que les retombées du Coronavirus peuvent peser lourd sur les orphelinats qui bénéficient des fonds de la part des bienfaiteurs étrangers. Mais, jusqu’aujourd’hui, aucun responsable d’un orphelinat n’a alerté à propos de cela. Qu’à cela ne tienne, nous sommes prêts à intervenir en cas de besoin si nos moyens le permettent», tranquillise M. Ntawembarira.
Même si certains orphelinats s’inquiètent des retombées de la pandémie de Coronavirus sur la prise en charge des personnes en difficultés, il y en a d’autres qui sont restés stables. L’orphelinat « Cœur de Jésus et Marie » sis à Bujumbura en est l’exemple. Albert Ntakimazi, responsable et initiateur de cet orphelinat s’explique : « Même si le monde fait encore face à la pandémie de Coronavirus, nous avons de la chance parce que Jésus est toujours à côté de nous. Chez nous, dans la prise en charge de nos enfants, rien n’a changé. Nous continuons à les nourrir, à les faire soigner et à les scolariser comme il faut. »