CREOP-Jeunes encadre les stagiaires placés dans différentes entreprises. Cet encadrement aide ces jeunes stagiaires à mieux intégrer le monde professionnel et à développer l’esprit créatif. Pour ce faire, une séance de formation en matière d’innovation a été organisée pour renforcer leurs capacités
Samedi le 30 janvier 2021, une organisation dénommée Création des Opportunités pour les Jeunes (CREOP-Jeunes) a organisé une séance de formation à l’intention des jeunes qui bénéficient des stages professionnels auprès de différentes entreprises grâce à son appui. Le thème à l’ordre du jour tourne autour de « Comment un stagiaire peut booster l’innovation dans un service où il est affecté ? ». Lydie Ndayishimiye, représentante légale de CREOP-Jeunes fait savoir que cette séance s’inscrivait dans le cadre du renforcement des capacités des stagiaires, car son organisation doit leur assurer un encadrement régulier pour qu’ils soient efficaces et performants dans les services où ils sont placés.
Lydie Ndayishimiye, représentante légale de CREOP-Jeunes précise que son organisation encadre une centaine de jeunes stagiaires.
« Dans les programmes d’encadrement de nos jeunes stagiaires, nous développons des thèmes différents. Avant la période des stages, nous les formons sur l’éthique et la déontologie professionnelle afin qu’ils sachent le comportement adéquat à adopter dans le milieu du travail. On les forme également sur les compétences de la vie courante, notamment la solidarité et l’épargne pour mieux s’en sortir si jamais ils se lancent dans des activités génératrices de revenus », précise-t-elle. Pendant la période des stages proprement dits, ajoute-t-elle, les stagiaires bénéficient de formations en entrepreneuriat et en « design thinking ». On les aide aussi à s’autoévaluer dans la résolution des défis qu’ils affrontent au quotidien. En plus de cela, CREOP-Jeunes assure un suivi régulier pour se rendre compte de l’état d’avancement des stages.
Innovation, thème du jour
L’innovation ou le design thinking a fait l’objet de cette séance. Selon Mme Ndayishimiye, le monde professionnel fait face à une carence des idées ou des notions créatives. C’est dans cette optiques que CREOP-Jeunes encourage ses jeunes stagiaires à développer la pensée créative et à prétendre amener de la valeur ajoutée dans les entreprises d’accueil pour augmenter les chances d’y être recrutés après leur stage professionnel.
« Le monde actuel se trouve dans une situation complexe où tout un chacun essaie de trouver des solutions à ses problèmes et nous sommes dans cette logique d’avoir des réflexes anticipatifs. Les organisations professionnelles commencent à anticiper et à développer des solutions qui répondent aux besoins de la clientèle. Il faut que les jeunes adoptent cette nouvelle manière de faire les choses. Ce qui leur permettra de créer de la valeur dans les entreprises où ils sont placés », fait savoir Ninon Ndayikengurukiye, la formatrice du jour. Elle est Team Leader Société civile-Innovation au sein de Care International Burundi.
Selon Mme Ndayishimiye, CREOP-Jeunes fait le placement des stagiaires et fait un suivi (coaching) pour qu’ils puissent garder leur emploi même après le stage ou être embauché ailleurs. Pour y arriver, la philosophie innovatrice leur permettra de se poser de bonnes questions et proposer des solutions innovantes. Par ailleurs, tout employeur attend de ses employés une valeur ajoutée pour le bon fonctionnement et l’amélioration de son entreprise.
Ninon Ndayikengurukiye estime que l’esprit innovateur doit être inculqué à tous les jeunes.
Pour Mme Ndayikengurukiye, le processus d’innovation ne s’estompe jamais, car chaque jour du calendrier a son défi. Beaucoup de personnes développent des idées entrepreneuriales, mais tout le monde n’est pas fait pour être entrepreneur. Pourtant, toute personne peut innover. Ce ne sont pas que les adultes ou les employés expérimentés qui sont censés être des innovateurs de taille, même les jeunes stagiaires peuvent se faire une place dans un milieu de travail. Le fait d’être stagiaire ne signifie pas qu’on est incapable de contribuer au développement d’une entreprise au même titre qu’un employé ordinaire. Il faut tout simplement avoir un bon réflexe et créer un nouveau raisonnement. Les patrons doivent écouter tout le monde, même les personnes les moins âgées et moins expérimentées. L’expérience a montré que, plus on est dans un poste pendant beaucoup d’années, plus il y a de nouveaux angles qu’on ne décèle pas. Or, cette possibilité d’avoir des jeunes à côté de soi est une opportunité de découvrir des nouveaux horizons. « On est déjà dans un monde complexe. Les organisations qui ne vont pas se réinventer vont toutes mourir. L’innovation est le seul moyen qui va permettre aux entreprises de faire face aux défis de demain », conclut Mme Ndayikengurukiye.
Qu’est-ce que CREOP-Jeunes ?
CREOP-Jeunes est une organisation non gouvernementale (ONG) qui lutte contre le chômage récurrent des jeunes tout en essayant de leur trouver des opportunités dont les stages professionnels au sein des entreprises tant étatiques que privées proportionnellement à leurs compétences scolaires et académiques. Elle organise également des formations en entrepreneuriat (sans oublier les métiers) en faveur de ces stagiaires. Quand CREOP-Jeunes dispose d’un terrain de stage, les jeunes bénéficient gratuitement de ses services. Pourtant, on doit lancer un appel à candidature et les jeunes doivent soumettre leurs dossiers. Ceux qui sont présélectionnés passent un test pour avoir le nombre de stagiaires voulus.
Y.K, mère célibataire de 28 ans souligne qu’elle est encadrée par CREOP-Jeunes depuis juin 2020. Grâce à cette organisation, elle a bénéficié d’un stage professionnel dans une entreprise dénommée « SOCOPA ». Après le stage, elle a eu la chance d’être embauchée par la même entreprise. Y.K salut vivement CREOP-Jeunes qui l’a fait intégrer le monde professionnel dans un bon moment et, au fur du temps, elle espère avoir l’expérience professionnelle tant exigée par les recruteurs. Elle remercie également les dirigeants de CREOP-Jeunes qui ont mis en œuvre cette initiative qui aide les jeunes et plus particulièrement les filles à sortir des aléas du chômage qui hantent la jeunesse burundaise.
De même, Yvette Irakoze, jeune fille de 25 ans qui est stagiaire au sein de l’imprimerie Hope Design depuis le 14 avril 2020 abonde dans le même sens. Grâce à cette opportunité, elle n’a plus le temps à perdre, car elle gagne tant professionnellement que socialement. Elle souligne que le suivi régulier dont bénéficient les jeunes stagiaires de CREOP-Jeunes est sans égal. Ce qui lui a permis d’intégrer rapidement le monde professionnel. Ce ne sont pas que les filles, même les jeunes garçons tirent leur épingle du jeu. « Je suis encadré par CREOP-Jeunes depuis août 2020. En plus, je bénéficie d’un stage professionnel dans l’entreprise ‘’Afritextile’’ et tout va bien », confie Bertrand Irakoze, jeune de 24 ans.
L’audience salut l’initiative de CREOP-Jeunes d’accompagner les jeunes chômeurs dans le combat contre le chômage.
CREOP-Jeunes encadre une centaine de stagiaires
« Actuellement, CREOP-Jeunes encadre 100 jeunes, 40 d’entre eux sont dans des stages professionnels au sein de différentes organisations, d’autres sont en attente et se sont réunis dans des groupements d’épargne tout en élaborant des projets de développement. Toutefois, certains d’entre eux ont eu la chance d’être embauchés après leurs stages », indique Mme Ndayishimiye. En plus, dans les mémorandums que CREOP-Jeunes signe avec les entreprises de placement, figure les frais de déplacement pour les stagiaires. Et chaque stagiaire constitue son épargne à partir de ces frais, et cela constituera un capital pour pouvoir démarrer une activité génératrice de revenus au cas où il ne sera pas embauché.
Malgré tout, poursuit Mme Ndayishimiye, même si la plupart des entreprises burundaises comprennent les objectifs de CREOP-Jeunes et acceptent d’accueillir nos stagiaires, il y en a d’autres qui ne les ont pas encore compris. Au Burundi, pour recruter, un employeur exige souvent une expérience professionnelle. CREOP-Jeunes recommande aux entreprises et aux opérateurs économiques d’ouvrir les portes pour combattre le chômage récurrent des jeunes burundais en leur octroyant au moins des stages professionnels. « Nous allons mener des activités de plaidoyer pour que tout le monde comprenne que donner un stage professionnel aux jeunes est une redevance sociale pour lutter contre le chômage », conclut-elle.
Selon Mme Ndayikengurukiye, l’activité organisée par CREOP-Jeunes s’inscrit dans les objectifs de Care International Burundi. La mission de Care en termes d’innovation est de catalyser le mouvement d’innovateurs. Un de leurs objectifs est de renforcer la société civile. C’est dans cette optique que Care a appuyé cette activité dans le but d’inculquer cette nouvelle culture d’innovation aux jeunes.