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La croissance économique évolue en dent de scie

Après une période de récession économique (-1,3% en 2017), le Burundi affiche une reprise de la croissance économique. Elle devrait atteindre 4% au cours de l’année prochaine. Pour gagner ce pari, le pays devra investir davantage dans les secteurs porteurs de croissance telles que l’agriculture, l’énergie et les mines

Les hypothèses macroéconomiques de projection pour l’année budgétaire 2020-2021 reposent sur une croissance économique de 4,3% du PIB et sur un  taux d’inflation de 5%. Pourtant, le taux d’inflation s’est accru au premier trimestre 2020, et s’est établi à 6,6% alors qu’il était à -3,6% au trimestre correspondant de 2019. Cette augmentation est due à la hausse des prix des produits alimentaires (11,2 contre -9,9%).

Les rendements agricoles restent très faibles. La mécanisation agricole est plutôt efficace dans l’amélioration de la productivité agricole.

D’après les projections de la BAD, le taux de croissance devrait atteindre 3,7 % en 2020 et 4,3 % en 2021. Cette croissance est tirée par une hausse des exportations du café, une légère augmentation des investissements publics, une croissance moyenne de 6 % de la production vivrière et le maintien d’une politique monétaire prudente. Les économistes de la BAD restent optimistes quant aux réformes engagées par la Banque centrale sur le marché de change. « La Banque centrale a engagé des réformes réglementaires importantes en matière de politique de change qui pourraient contribuer à diminuer les tensions sur les réserves de change du pays ».

Comment booster la croissance économique ?

Dans une interview accordée à notre rédaction (mars 2018), Léonard Sentore ex-directeur de l’Agence de Promotion des Investissement (API) ne reconnaissait que le Burundi dispose de potentialités pour développer d’autres produits générateurs de devises. Les secteurs clés sont notamment les mines et les carrières, l’agriculture, la pêche, le tourisme, etc.  «Le lac Tanganyika regorge d’un énorme potentiel de poissons. Il y a donc une opportunité à saisir afin d’augmenter l’exploitation du lac. Il convient également de valoriser d’autres lacs de l’intérieur du pays en créant les conditions pour une augmentation du volume et de la diversité des poissons», explique-t-il.

Pour le secteur des minerais, révèle M. Sentore, le Burundi a d’énormes réserves de nickel, de vanadium, de phosphates, de calcaire, d’or ou encore de terres rares, etc. Et dans le domaine agroalimentaire, le directeur de l’API suggère l’exportation des fruits tropicaux qui servent à la production des jus. On peut aussi envisager l’exportation des huiles essentielles qui sont des produits multi-usages entrant dans la fabrication des produits cosmétiques, pharmaceutiques, alimentaires, etc., ajoute-t-il. L’étude sur les huiles essentielles a montré que les cultures de patchouli et limette (citron doux) pouvaient accroître de 10% le volume des exportations.   

L’agriculture, priorité des priorités

Les ressources de l’Etat seront surtout orientées vers les secteurs porteurs de croissance économique (Agriculture, Energie et Mines, Transport, etc.), secteurs de la sécurité et de la défense, secteurs sociaux (éducation, santé, etc.). Le gouvernement veut booster la production agro-pastorale à travers le financement des projets de développement locaux. Ainsi, le budget prévoit un montant de 87,83 milliards de FBu qui sera utilisé dans la subvention des engrais agricoles, l’appui des coopératives collinaires, la participation des communes dans les banques des femmes et agricoles, etc. De surcroît, le gouvernement via le ministre en charge de l’agriculture a pris une série de mesures pour booster la production agricole. Ce sont notamment la mise en place des centres de rayonnement. « Désormais, chaque province doit avoir un champ moderne d’au moins 10 ha et un centre moderne d’élevage d’au moins 2000 porcins et 1000 volailles… », a annoncé Déo Guide Rurema, ministre en charge de l’agriculture en marge d’une réunion avec les responsables provinciaux de l’agriculture.

L’installation des usines de raffinage des minerais permettrait au pays d’augmenter les recettes minières.

En outre, il est prévu la mise en place d’un système incitatif de gestion des productions agricoles, permettant d’encourager les opérateurs économiques à investir dans le domaine agricole en leur garantissant un marché d’écoulement au prix rémunérateur. Cela permettra de produire plus et de dégager les produits agricoles à transformer et à vendre localement ou à exporter, lit-on dans un communiqué sanctionnant le conseil des ministres du 13 novembre 2020.

Le Botswana, un cas d’école pour le Burundi ? 

Depuis son accession à l’indépendance, le Botswana «pays des diamants» est passé de la catégorie des pays pauvres à celle des pays qui affichent des taux de croissance élevés au monde. C’est un modèle de réussite pour pas mal de pays africains, décrit Mme Marie Lory dans son livre «Le Botswana», paru aux éditions Karthala. Après la découverte des gisements  de diamant (1967), la donne a radicalement changé. L’industrie diamantaire est devenue le pilier de l’économie du pays avec une croissance annuelle qui avoisine 10%, commentent nos confrères de la chaîne de télévision France 2.

Le Botswana est le deuxième producteur mondial du diamant derrière la Russie. La capitale Gaborone vit au rythme d’une ville moderne en pleine extension. Les recettes issues des richesses diamantifères sont reversées à la population sous forme d’investissement dans les programmes sociaux, notamment l’éducation et la santé.  Toutes les opérations de la filière se font sur place. Le gouvernement cogère les entreprises d’extraction des  minerais de diamants.  La transformation du diamant (le tri, la taille, le polissage des minerais) et la commercialisation se font localement pour exporter un produit fini.  Le cas du Botswana pourrait inspirer les décideurs pour investir davantage dans la valorisation des minerais avant leur exportation. Le pays a connu un boom économique en évitant le gaspillage des ressources et en investissant dans le développement du pays.

La croissance économique est l’augmentation soutenue et durable de la production des richesses pendant une longue période. Elle se traduit par l’accroissement de l’activité économique d’un pays, constatée à travers l’évolution des prix des biens et services, de la production dans tous les secteurs d’activités et des revenus aussi bien des entreprises que des habitants et en fin de compte du pays. En d’autres termes, la croissance économique est la variation du PIB en pourcentage.

Le PIB est un indicateur macroéconomique largement utilisé, mais qui a démontré ses limites. Il ne permet d’appréhender ni les inégalités sociales ni leur évolution. On peut très bien avoir un PIB moyen qui augmente alors que les revenus (qu’il est censé mesurer) diminuent pour une majorité de la population et augmentent fortement pour une minorité. Ce qui renforce les inégalités. C’est pourquoi on a intégré un autre indicateur, à savoir l’Indice de Développement Humain (IDH). Ce dernier prend en compte la dimension qualitative du progrès socio-économique.

La récession économique et ses conséquences

Lors d’une récession, la peur du déséquilibre va conduire les ménages à ne consommer que le strict nécessaire. Les particuliers vont préférer différer leurs achats et épargner. Cela va entraîner une baisse de la demande auprès des entreprises, et donc une chute de la production des biens et des services

En économie, on parle de récession quand il y a une phase de baisse de l’activité qui se traduit par un produit intérieur brut (PIB) en recul sur au moins deux trimestres consécutifs. La récession est un élément constitutif des cycles économiques (expansion / pic de croissance / contraction / récession / expansion…).

Crise économique vs crise financière

Une crise financière, c’est un état de dévaluation, d’inflation, de faillite de banque, et cela concerne principalement, les banques, les courtiers, les porteurs. Une crise économique va toucher toutes les couches de la population. La machine de production se met en panne, et le PIB, en berne.

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