La société Come and See Burundi Village (CSBU Village) en collaboration avec la Banque de l’Habitat du Burundi (BHB) a lancé un projet de construction de 28 maisons sur le site de Kiyange. Elles sont de trois catégories. Chaque maison coûte 300 millions de FBu pour la première catégorie, 340 millions de FBu pour la deuxième catégorie et 500 millions de FBu pour la troisième catégorie. C’est dans l’objectif de promouvoir l’habitat urbain. Les détails dans ce numéro
Dans une conférence de presse organisée vendredi le 14 mai 2021, Doderick Kanyaneza, directeur général de Come and See Burundi Village a fait savoir qu’il est prévu de construire 28 maisons sur le site Kiyange situé dans le quartier Miroir de la zone Buterere en commune Ntahangwa.
Selon Kanyaneza, ces maisons sont de trois catégories. Celles de la première catégorie seront érigées dans des parcelles de 2,5 ares chacune. De plus, elle est constituée de trois chambres, un salon, une salle à manger, etc. Chaque maison coûte 300 millions de FBu. Pour celles de la deuxième catégorie, chacune sera construite dans une parcelle de 3 ares et sera constituée de 4 chambres, un salon, une salle à manger, etc. Elle s’achète à 340 millions de FBu. Quant à celles de la troisième catégorie, chacune sera construite dans une superficie de 6 ares. Elle est dotée de 5 chambres, etc et son coût est fixé à 500 millions de FBu. Le coût total de toutes ces maisons est de 9.360.000.000 de FBu. Selon toujours lui, elles seront construites dans un site viabilisé doté de routes macadamisées, d’une pharmacie, d’un supermarché et d’une infirmerie. Il y aura aussi d’un petit bistrot bien aménagé pour ceux qui veulent étancher leur soif et des fontaines d’eau pour pallier à une éventuelle pénurie d’eau potable. Ce site sera clôturé et des cameras de surveillance y seront installées tant à l’entrée qu’à la sortie de ce site pour assurer la sécurité des biens et des personnes.
La maquette de l’une des maisons de la 3ème catégorie qui coûte 500 millions de FBu.
Pourquoi cette idée ?
Selon Fabrice Manirakiza, développeur de projet au sein de CSBU Village, l’idée de mettre en place ce projet est liée aux défis auxquels certains membres de la diaspora burundaise sont confrontés lorsqu’ils veulent construire des maisons au Burundi. Ils mandatent les membres de leurs familles. Par conséquent, il a été constaté que leurs richesses ne cessent d’etre mal utilisées, car ceux qu’ils ont mandatés les construisent dans des endroits inaccessibles. «Ce sont souvent des sites non viabilisés, là où il n’y a ni routes, ni eau potable. Le pire est qu’on construit pêle-mêle sans procéder aux études d’impact environnemental et les maisons finissent par s’effondrer», déplore-t-il.
Par le biais de ce projet, il croit que de telles embûches pourront être maîtrisées. Il invite donc tout burundais qui dispose de moyens financiers de participer à l’achat de ces maisons. Il n’y a pas de critères de sélection, renchérit-il. L’important serait de disposer des moyens financiers suffisants.
La BHB ravie de cette initiative
Eric Nzambimana, directeur des opérations à la Banque de l’Habitat du Burundi se réjouit de cette initiative, car c’est un projet qui rime avec la mission de cette banque qui vise la promotion de l’habitat urbain au Burundi. Cela va contribuer à la lutte contre les constructions anarchiques qui prolifèrent partout et surtout dans la capitale économique Bujumbura. Selon toujours ce cadre de la BHB, les banques vont aussi en profiter, car il a été constaté que certains consommateurs des services financiers hypothèquent des maisons qui sont construites dans des sites exposés à des catastrophes naturelles comme les inondations récurrentes et que, par conséquent, les banques en pâtissent, car ces maisons finissent par s’effondrer. Nzambimana profite de cette occasion pour informer la population qu’à la BHB, les portes sont ouvertes pour ceux qui veulent contracter des crédits afin de trouver les moyens dans l’optique d’acheter ces maisons.
Ceux qui ont de faibles revenus ne sont pas oubliés
Pour ceux qui ont de faibles revenus, Nzambimana laisse entendre que la construction de ces 28 maisons dont le coût est jugé exorbitant constitue juste le début des travaux du projet de CSBU Village. Dans les jours à venir, on compte étendre le projet et construire des maisons dont le coût est accessible pour une grande majorité de la population urbaine. Et d’ailleurs, cela rime avec la politique du gouvernement de promouvoir les logements sociaux. Le BHB en collaboration avec l’Office Burundais de l’Urbanisme va apporter son soutien a l’initiative de CSBU Village. L’OBUHA va disponibiliser des sites et la BHB des moyens financiers à un taux d’intérêt très abordable. On estime qu’il pourra y avoir des maisons de 20 millions de FBu et plus dans l’optique de satisfaire une grande demande et répondre au déficit de logements qui s’observe au Burundi et surtout dans la municipalité de Bujumbura.
Notons qu’en date du 29 avril 2021, Déogratias Nsanganiyumwami, ministre des Infrastructures, de l’Equipement et des Logements sociaux a affirmé qu’un financement pour la construction de 208 appartements est déjà disponible dans l’optique de promouvoir l’habitat urbain. Il ne reste qu’à déterminer les sites sur lesquels seront érigés ces appartements. Un contrat de partenariat a été déjà signé entre l’Office Burundais de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Construction (Obuha) et la BHB pour la mobilisation des fonds en vue de promouvoir les logements sociaux. Il s’agit, selon lui, de construire des immeubles pouvant loger beaucoup de familles.