Emprisonnée maintes fois pour avoir vendu la boisson prohibée « Kanyanga », Daphrose Niyubahwe a trouvé sa sécurité dans le métier de boucher. Actuellement stable, la trentenaire se réjouit qu’avec le nouveau métier, elle contribue rentablement au vécu du ménage
Daphrose Niyubahwe : « A cause de la fabrication de la boisson prohibée « Kanyanga», j’étais toujours pourchassée par la police. Ce qui me déstabilisait. Aujourd’hui, grâce à la vente des brochettes, j’ai acquis une certaine stabilité ».
« Je me croyais expérimentée dans la vente de la boisson prohibée « Kanyanga » fabriquée d’une façon rudimentaire. Pourtant, j’étais toujours pourchassée par la police. Ce qui a toujours déstabilisé mes activités et ma famille. Quand je voyais un policier en tenue civile, la tendance étais de le fuir », annonce Daphrose Niyubahwe, bouchère rencontrée à la mi-octobre au centre urbain de Bubanza.
Foulard rouge sur la tête, vêtue de pagnes et portant un chapelet au coup, elle coupait tout souriante et sans hésitation des morceaux de viande d’une chèvre afin de faire des brochettes.
Agée de 35 ans et mère de 5 enfants, Mme Niyubahwe signale qu’à cause de la vente du « Kanyanga », elle était toujours emprisonnée et sortait de la prison moyennant payement des amendes. Ce qui ruinait la famille.
Décision de rompre avec la vente de la boisson prohibée « Kanyanga »
« Au mois de février dernier, la police m’a poursuivi pour la vente de la boisson prohibée « Kanyanga ». Cela alors qu’il y avait 2 mois que j’avais mis au monde un enfant. Ce qui a fait qu’on a emprisonné mon époux qui était boucher à ma place. Celui-ci a passé une semaine en prison et il en était sorti moyennant paiement de 200 mille FBu », déplore Mme Niyubahwe avant de marteler que durant la semaine où son mari a été emprisonné, les robinets des sources des revenus ont été tari.
Néanmoins, continue-t-elle, les enfants avaient besoin de manger chaque jour, le propriétaire de la maison dans laquelle nous vivons avait besoin d’être payé à la fin du mois. Il en est de même pour celui à qui mon époux louait un stand pour faire son business (kw’i ligala).
« A ce moment, la situation dans laquelle je vivais a changé ma façon de voir les choses. Plus jamais la vente de la boisson prohibée « Kanyanga ». J’ai décidé de rejoindre mon mari là où il pratique son métier de boucher pour l’assister. D’ailleurs, il avait un employé qu’il payait mensuellement », fait-elle savoir.
A sa sortie de prison, informe-t-elle, mon époux a passé quelques jours au « ligala ». « Il grillait de la viande et moi je préparais des frites tout en observant attentivement comment il préparait les brochettes », fait savoir Mme Niyubahwe avant d’annoncer que son mari est parti par après pour prester dans un autre endroit.
Elle informe que c’est elle pour le moment qui tient le « ligala ». Cela avec l’aide d’un employé. « Je prépare les brochettes et l’employé les frites », dit-elle. Et de se féliciter que le soir, elle et son époux échangent sur les bénéfices enregistrés et étudient ensemble les projets à réaliser.
Un ouf de soulagement dans le ménage et dans le voisinage
Mme Niyubahwe avoue que depuis qu’elle a embrassé le métier de boucher au mois de mars 2023, elle est tranquille. « Mes enfants ne craignent plus mon absence à la maison suite à mes séjours en prison. Par contre, je contribue dans la ration quotidienne du ménage estimée à 5 mille FBu par jour, dans le paiement du loyer estimé à 25 mille FBu par mois et dans le paiement du « ligala » estimé à 60 mille FBu par mois », explique-t-elle.
Yussufu, vendeur des unités à côté de Mme Niyubahwe fait remarquer que ce qui le marque chez cette dame est qu’elle offre aux clients un accueil chaleureux.