Les déchets ménagers ne sont plus collectés dans la zone Kamenge. Le manque de dépotoirs et de moyens financiers pour effectuer ce travail sont à l’origine de la suspension de cette activité par l’association « Usafi Kwetu ». Des immondices sont éparpillées de part et d’autre de ce milieu urbain. Les habitants décrient cette situation et demandent à l’administration municipale de prendre les dispositions qui s’imposent pour sauver la population
Des sacs de déchets ménagers sont déposés le long de la 6ème avenue du quartier Mirango I et dans les ménages installés autour de cette voirie. Une commerçante rencontrée sur place a indiqué que deux mois viennent de s’écouler sans la moindre présence des agents de collecte de ces déchets. Elle dit ne pas comprendre pourquoi cette irrégularité alors qu’ils sont payés via les bénéficiaires de leurs services. Il en est de même pour les ménages. Des sacs pleins y sont entassés, dégageant une odeur nauséabonde. Les familles sont exposées aux maladies des mains sales, indique une femme rencontrée dans l’un de ces ménages.
Des sacs de déchets ménagers entassés à la 7ème avenue vers le marché de Kamenge
La même situation s’observe à la 14ème avenue du quartier Mirango II. Dismas Ntahondi, un des habitants de ce quartier explique que trois mois viennent de s’écouler sans le moindre passage des agents de « Usafi Kwetu ». Ce sont les porteurs traditionnels de déchets dans les sacs qui sont maintenant à l’œuvre. Il informe que ceux-ci les jettent n’importe où, soit dans les parcelles des particuliers, soit le long des avenues traversant ce quartier. Un exemple illustratif est observé le long de la 14ème avenue, au bout du quartier Teza, à la jonction d’une transversale passant le long du quartier Mirango II devant la paroisse catholique Guido Maria Conforti de Kamenge. Il s’y trouve une montagne d’immondices. Certains habitants rencontrés aux environs de ce dépotoir sauvage indiquent que ce ne sont pas les porteurs seulement qui y déposent les déchets ménagers. Des gens avec des véhicules pleins de déchets ménagers se servent de cet espace pour les dégager de leurs habitations.
Le pire se remarque aux 6ème et 7ème avenues du quartier Songa, proches du marché de Kamenge. Ces avenues sont obstruées par des sacs de déchets qui y sont déposés. Les véhicules ont du mal à les contourner pour se frayer un passage. Les cabarets installés à proximité de ces avenues continuent à servir des brochettes et des boissons à tort et à travers. Ils disent être indisposés par ces circonstances, mais qu’ils sont obligés de s’adapter malgré les inconvénients sanitaires auxquels ils sont exposés. Ils crient au secours pour le bien-être de leurs activités commerciales et de leur clientèle.
Tous les habitants interrogés sur ce sujet disent ne pas être au courant des problèmes auxquels fait face Usafi Kwetu. Ils convergent sur le fait que s’il y a des irréguliers dans le paiement des frais de collecte de déchets, les autres ne devraient pas en être victimes. Ils demandent à la Mairie de prendre cette question en main afin de protéger la population contre les maladies des mains sales.
Un dépotoir aménagé fait défaut
Le manque de dépotoir officiel aménagé handicape le bon accomplissement des engagements de l’entreprise Usafi Kwetu, une association de collecte des déchets œuvrant dans la zone Kamenge. Nathan Balthazar Nsabimana, directeur gérant de cette association affirme qu’il y a quatre mois que les activités boîtent. Selon lui, le dépotoir de Buterere est déjà saturé. Les camions n’ont plus de passage pour le déchargement. Il informe que face à cette situation, les camions de son association effectuaient le déchargement dans les parcelles des particuliers, mais que ceux-ci se sont révoltés par après. La mise en place des dépotoirs étant de la responsabilité des Services Techniques Municipaux (SETEMU) via la Mairie, Nsabimana explique que quand bien même on collecterait ces déchets, on ne trouverait pas où les déposer. « Nous n’avons pas échoué. Le problème réside dans le manque de dépotoirs. », rassure-t-il. Il ajoute que d’autres associations jettent les déchets dans la zone Maramvya de la commune Mutimbuzi. Cela moyennant négociation avec les autorités locales.
Problèmes de moyens financiers
L’autre raison avancée par M.Nsabimana est fondée sur l’irrégularité des bénéficiaires des services dans le paiement des frais de collecte de ces déchets. Selon lui, l’administration ne les aide pas à contraindre les bénéficiaires de leurs services à payer les factures. Ce qui se répercute sur le manque de fonds de roulement puisque les véhicules utilisés consomment du carburant et les agents sont payés régulièrement. Il évoque les services administratifs de la zone qui devraient exiger un reçu récent d’« Usafi Kwetu » avant de délivrer au demandeur de service un quelconque document administratif. Une pratique que Térence Ntahiraja, ex porte-parole du ministère de l’intérieur a interdit à l’administration lors de la conférence des porte-parole des institutions publiques tenue à Ruyigi en septembre 2018. Nous avons essayé de contacter le maire de la ville de Bujumbura pour s’exprimer sur ce sujet, mais sans succès. Nous y reviendrons.