Les violences numériques constituent l’une des formes d’abus qui enregistrent la plus forte progression dans le monde. Les femmes burundaises font face à cette forme de violence, et ce, malgré les lois existantes. La Première Dame burundaise appelle d’ailleurs à la mise en application effective et scrupuleuse des lois en vigueur.
L’édition 2025 de la campagne des 16 jours d’activisme contre les VBG appelle à une action mondiale urgente pour combler les lacunes juridiques.
Selon les données de la Banque Mondiale, moins de 40 % des pays du monde entier disposent de lois protégeant les femmes contre le harcèlement ou la traque en ligne. Cela laisse 44 % des femmes et des filles dans le monde, soit 1,8 milliard de personnes sans accès à une protection juridique. Pourtant, les statistiques de l’ONU Femmes montrent qu’entre 16 et 58 % des femmes sont confrontées à la violence numérique. De plus, 90 à 95 % des vidéos deepfakes sont des images à caractère sexuel de femmes.
Malgré l’absence de statistiques spécifiques au Burundi, les violences numériques à l’endroit des femmes et des filles sont une réalité. Ces violences constituent l’une des formes d’abus qui enregistrent la plus forte progression dans le monde sans que le Burundi n’y fasse exception. Selon l’ONU Femmes, les violences numériques englobent le harcèlement en ligne, la traque en ligne, la désinformation sexiste, les deepfakes et le partage non consenti d’images intimes qui sont toutes en forte augmentation à mesure que la technologie progresse.
Comme l’a fait savoir Sima Bahous, Directrice exécutive d’ONU Femmes : « Ce qui commence en ligne ne reste pas en ligne. Les violences numériques se prolongent dans la vie réelle, où elles sèment la peur, réduisent les victimes au silence et, dans les cas les plus graves, donnent lieu à des violences physiques et à des féminicides. »
Lors du lancement officiel de la campagne des 16 jours d’activisme contre les violences basées sur le genre, la Première Dame burundaise a appelé à la mise en application effective et scrupuleuse des lois en vigueur pour lutter efficacement contre ce genre de violences.
Sous le regard de la loi
« Toute personne qui publie, transmet ou fait publier des messages, des images et/ou des vidéos indécents à l’aide d’un ordinateur ou d’un système informatique, est punie d’une servitude pénale de deux à cinq ans et d’une amende de cinq millions de francs burundais », stipule l’article 43 de la loi du 16 mars 2022 portant prévention et répression de la cybercriminalité au Burundi.
Même si cette loi existe au Burundi, il y a encore un long chemin à faire pour inverser la tendance. Selon l’ONU Femmes, les lois doivent évoluer au même rythme que la technologie pour veiller à ce que la justice protège les femmes en ligne comme hors ligne. Car l’insuffisance des protections juridiques laisse des millions de femmes et de filles dans une situation de vulnérabilité, tandis que les auteurs de ces actes agissent en toute impunité. Cette organisation appelle à un monde où la technologie est source d’égalité et non de danger. Et de préciser que la campagne 2025 des « 16 Jours d’activisme contre les violences basées sur le genre » appelle à une action mondiale urgente pour combler les lacunes juridiques et faire en sorte que les agresseurs et les plateformes technologiques soient tenus de rendre des comptes.
Signalons que le thème choisi pour la campagne des 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes et aux filles, édition 2025 est : « Unisssons-nous pour mettre fin aux violences numériques faites aux femmes et aux filles ».