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Dégradation de la RN5 : L’inaction risque de coûter cher au pays

Le Burundi a lancé de grands chantiers de construction d’un réseau de routes goudronnées depuis un certain temps, dont la RN5. Malheureusement, le délabrement de cette route nouvellement réhabilitée n’a pas tardé. Les administratifs locaux parlent d’un travail mal fait. Alors que le trafic sur cette route desservant deux pays voisins n’est pas négligeable, la solution se fait toujours attendre   

Depuis un certain temps, le Burundi investit dans la construction des infrastructures routières. Celles-ci permettent surtout d’accroître les échanges commerciaux entre les pays et sont le seul moyen de réduire les dépenses de transport. Dans le contexte actuel où l’Etat s’active à développer son économie, les routes aident dans le désenclavement des zones de production. En effet, un bon réseau routier bien entretenu est essentiel pour la croissance économique du pays. Or, la RN5 est un des axes d’entrée important pour le Burundi étant donné qu’il s’agit d’une route internationale où circulent les personnes et les marchandises en provenance de trois pays (Burundi, Rwanda et RDC).

La détérioration de la RN5 se poursuit

Le délabrement de la RN5 nourrit des critiques. Réceptionnée en 2015, cette route qui dessert le Rwanda et la RDC est déjà partiellement en lambeaux. Alors que les usagers de cette route subissent des pertes, les autorités locales dénoncent un travail bâclé et alertent sur la dégradation progressive de cette route pourtant récemment réhabilitée. A partir de la frontière entre la province de Bubanza et celle de Cibitoke, en la RN5 est délabrée. Il suffit de traverser la frontière et d’entrer dans la province Cibtoke pour constater les faits.  A plusieurs endroits, on observe des nids de poule. On croirait qu’il s’agit d’une route vielle de plusieurs années.  Certains sont plus vastes et profonds, rendant ainsi le trafic difficile. Les conducteurs de petites voitures sont obligés d’être prudents.

Réceptionnée définitivement sous les applaudissements de la population en 2015, la RN5 est déjà partiellement en lambeaux.

Les administratifs dénoncent un travail bâclé

Interrogé sur l’avancement du dossier de la RN5 défrayé la chronique depuis un certain temps, Ruben Tubirabe, conseiller gouverneur de la province de Cibitoke en charge du développement a manifesté ses inquiétudes. Pour cette autorité, il s’agit d’un dossier compliqué. Selon lui, la construction des routes est un grand projet dont la mise en œuvre revient à l’Etat et non à l’entité provinciale. « Le ministère des Travaux Publics connait à qui il a octroyé le marché et le contrat. Mais nous pensons que ce n’est pas ce genre de résultat qui était escompté », indique Tubirabe. Pour lui, si on n’intervient pas à temps, les conséquences risquent de s’alourdir dans un proche avenir. Ce qui coûtera très cher au pays et à la population de Cibitoke.

Les autorités de la province Cibitoke indiquent avoir fait des réclamations auprès des institutions compétentes, mais en vain. « Nous avons alerté sur le cas de cette route et nous avons montré au ministère concerné qu’on n’a pas construit une route solide », fait savoir M. Tubirabe avant d’indiquer que cette question est au-delà des capacités de la province et de demande à l’Etat d’intervenir pour réhabiliter cette infrastructure en progressive détérioration.

Un dossier relégué aux oubliettes ?

Le dossier concernant les manquements dans la réhabilitation de la RN5 ne date pas d’hier. Alors que cette route a commencé à se détériorer juste après sa réception, la population n’a pas cessé de se lamenter. En avril 2020, Joseph Butore, 2ème Vice-Président de la République d’alors accompagné des cadres des entreprises de construction des infrastructures routières au Burundi a effectué une visite sur la RN5. L’objectif était de se rendre compte de l’état de cette route qui s’était détériorée depuis 2019, quatre ans seulement après qu’elle ait été remise à l’Etat sous les applaudissements de la population en 2015. Lors de cette visite, cette autorité aurait émis des commentaires négatifs sur la qualité de cette infrastructure. Alors que c’était en saison des pluies, Butore a mentionné que les fortes précipitations ont mis à découvert les manquements et les erreurs ayant été commis pendant la construction de cette route nationale.

Cette autorité avait appelé tous les concernés, y compris les administratifs locaux, à faire de leur mieux pour corriger les erreurs. Il avait également promis que des études allaient se faire dans le but de dégager un plan réel des travaux à faire.

Nous avons échoué à joindre le DG de l’Agence Routière du Burundi pour savoir s’il y a des progrès dans le dossier concernant la réhabilitation de la RN5. Il est à noter que le retard dans la réhabilitation de cette route risque de coûter cher au pays dans l’avenir.

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