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Des pavés et des fleurs c’est bien, les entretenir c’est mieux

Bujumbura revêt un nouveau look. Des pavés sont posés, des fleurs sont plantées ici et là le long des routes principales comme exigé par les autorités de la province de Bujumbura. Cela constitue une énième initiative visant à embellir la ville. Cependant, les habitants des différents quartiers s’inquiètent de l’entretien de ces lieux et de la durabilité de ces mesures.

« Tous les propriétaires de parcelles situées le long des principaux axes routiers sont tenus de planter des fleurs ou de poser des pavés devant leurs propriétés. »

 

« Dans le but de rendre la commune Ntahangwa plus propre et attrayante, tous les propriétaires de parcelles situées le long des principaux axes routiers (bitumés) sont tenus de planter des fleurs ou de poser des pavés devant leurs propriétés. Un délai de trente (30) jours, soit jusqu’au 1er avril 2026, est accordé pour la mise en exécution de cette mesure », lit-on dans un communiqué de l’administrateur de Ntahangwa, signé le 23 mars 2026.

Loin d’être l’affaire d’une seule commune, ce projet est devenu une initiative de toute la province de Bujumbura. Lors d’une réunion que le Président de la République a tenue le 6 avril 2026 avec les administratifs de la province et les acteurs concernés par la salubrité dans la province de Bujumbura, le chef de l’Etat a exhorté ces responsables à toujours planifier ces travaux, mais surtout à s’autoévaluer après pour vérifier si ce qui a été planifié a bien été mis en œuvre.

Un nouveau look dans les quartiers

Le long de la route passant près du marché de Ngagara, le décor a changé. On observe une longue chaîne de fleurs devant certaines parcelles et des pavés devant d’autres. Pour les riverains, ce changement est remarquable. « Auparavant, le long de toutes ces clôtures, il y avait de mauvaises herbes. Des personnes mal intentionnées en profitaient pour y déposer des déchets ménagers ou ceux provenant du marché. Pourtant, malgré maintenant que le lieu, personne n’ose plus le faire », témoigne Aline Munezero, habitante du quartier.

Le constat est le même le long d’autres axes tels que la RN3 où des fleurs et du gazon ont été plantés devant plusieurs parcelles et dans les espaces publics. Le long du boulevard Mwezi Gisabo, en face du campus Mutanga de l’Université du Burundi, on remarque aussi des fleurs nouvellement plantées. Malgré ces efforts, certains espaces restent encore non entretenus dans divers quartiers.

Pour ces derniers, le communiqué est on ne peut plus clair : « Tout contrevenant aux présentes dispositions s’expose à des mesures sévères prises dans l’intérêt de la nation et de la commune ». Pourtant, le Gouverneur de la province de Bujumbura a instruit les administratifs à la base de veiller à l’application de cette mesure, d’en informer tous les concernés et de fournir un rapport sur les récalcitrants afin que des sanctions appropriées soient prises.

Quid du suivi ?

Ce n’est pas la première fois que de telles initiatives sont lancées à Bujumbura. En décembre 2020, les autorités de la commune Mukaza avaient pris des mesures de salubrité similaires. « La ville de Bujumbura doit être propre. C’est un pari à gagner. Pour y arriver, nous invitons la population à continuer à nous appuyer dans ce long processus », avait déclaré Rénovat Sindayihebura, l’administrateur de l’époque.

Malgré quelques résistances initiales, les effets étaient palpables là où la mesure était appliquée. Pourtant, cinq ans plus tard, des espaces sont de nouveau à l’abandon : des pavés posés à l’époque qui n’ont jamais été entretenus, d’autres ont été démolis pour diverses raisons et n’ont jamais été remplacés. Nestor Nimbeshaho, un jardinier rencontré alors qu’il plantait des fleurs à Ngagara, salue l’initiative mais insiste sur la nécessité d’un suivi rigoureux. Sinon, dit-il, « on risque de toujours tourner en rond ».

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