L’Ong PARCEM estime que les difficultés économiques et sociales auxquelles le Burundi fait face continuent à s’aggraver. L’inflation élevée, le chômage, la pauvreté et la crise énergétique figurent parmi les principaux défis évoqués. Elle appelle les autorités à prendre des mesures urgentes pour redresser la situation.
Faustin Ndikumana, de la PARCEM, estime que la situation économique actuelle exige un suivi permanent de la part des dirigeants afin de limiter les conséquences sociales sur la population.
L’organisation Parole et Actions pour le Réveil des Consciences et l’Evolution des Mentalités (PARCEM) se montre préoccupée par l’évolution de la situation économique du pays. Dans son rapport intitulé « Où allons-nous ? », présenté le 13 mai 2026 lors d’une conférence de presse à Bujumbura, l’organisation a dressé un état des lieux de la situation économique des quatre premiers mois de l’année.
Selon PARCEM, plusieurs indicateurs montrent une détérioration continue des conditions de vie de la population. L’organisation cite notamment la flambée des prix des produits de consommation courante, les difficultés d’approvisionnement sur certains marchés, la pauvreté croissante ainsi que les problèmes liés au transport et à l’énergie. Le directeur national de PARCEM, Faustin Ndikumana, estime que ces problèmes nécessitent des réponses rapides et adaptées de la part des autorités publiques.
Une inflation largement supérieure à celle des pays voisins
Au cours de la présentation du rapport, M. Ndikumana a indiqué que le taux d’inflation au Burundi se situe actuellement entre 28 % et 30 %, alors que dans les pays voisins il reste généralement inférieur à 10 %. Selon lui, cette hausse généralisée des prix affecte fortement le pouvoir d’achat des ménages, particulièrement ceux vivant déjà dans des conditions précaires. Il considère cette inflation comme un signe des difficultés que traverse l’économie nationale.
M.Ndikumana a également évoqué d’autres secteurs qu’il juge prioritaires, notamment la disponibilité du carburant, des médicaments et des engrais, ainsi que la stabilité de la monnaie nationale. Pour l’organisation, la situation économique actuelle exige un suivi permanent de la part des dirigeants afin de limiter les conséquences sociales sur la population.
PARCEM plaide pour une meilleure gouvernance économique
L’organisation estime que le redressement économique du pays passe par une gestion plus rigoureuse des finances publiques et une lutte renforcée contre la corruption et les détournements de fonds publics. Selon M. Ndikumana, les autorités devraient également évaluer de manière réaliste les capacités économiques du pays avant de lancer certains projets publics. Il considère qu’un pays disposant de ressources limitées doit concentrer ses efforts sur des priorités essentielles.
PARCEM appelle aussi à la mise en place d’un environnement favorable aux investisseurs et aux entrepreneurs afin de stimuler les activités économiques et la création d’emplois. L’organisation critique par ailleurs l’absence de mesures visibles pour répondre aux difficultés actuelles et demande aux responsables politiques de reconnaître l’ampleur des problèmes auxquels la population est confrontée.
Energie, éducation et emploi parmi les défis structurels
Dans son analyse, PARCEM souligne que plusieurs problèmes structurels freinent le développement économique du Burundi. L’organisation cite notamment les défis liés à l’énergie, à la croissance démographique, à l’éducation et au chômage. Selon M. Ndikumana, les problèmes énergétiques demeurent un écueil au fonctionnement de l’économie et à l’amélioration des conditions de vie de la population. Il estime également que le système éducatif devrait davantage préparer les jeunes aux réalités du marché de l’emploi.
L’organisation considère enfin que la croissance démographique, lorsqu’elle n’est pas accompagnée par une croissance économique suffisante, accentue les difficultés sociales et le manque d’emplois. Ainsi, PARCEM recommande à l’Etat de renforcer sa coopération économique avec les pays de la région tout en concentrant ses efforts sur les secteurs jugés prioritaires pour le développement du pays.