Site icon Burundi Eco

Deus Dedith Niyiburana, la voix des forêts burundaises

A 57 ans, Deus Dedith Niyiburana, guide touristique œuvrant dans le parc national de la Kibira, est devenu une figure locale de la protection de l’environnement. Né au pied du parc de la Kibira, il consacre sa vie à sensibiliser sa famille et sa communauté à l’importance des forêts et de la biodiversité. Dans son village, on le surnomme désormais « Environnement ».

Deus Dedith Niyiburana, guide touristique : « Aujourd’hui, mon rêve est de voir un pays verdoyant, des forêts préservées et des animaux nombreux ».

 

Deus Dedith Niyiburana est l’un des guides touristiques les plus expérimentés et les plus passionnés du Burundi. Cela a été confirmé par les touristes qui visitent de temps en temps le parc national de la Kibira. Lorsque nous l’avons rencontré, il exerçait son métier qui est en même temps sa passion. « Mon travail quotidien se fait dans le parc de la Kibira, mais grâce aux formations que j’ai reçues, je possède des connaissances me permettant de travailler dans tous les parcs, que ce soit au Burundi ou à l’international », précise-t-il. Éloquent, fluide en français et en anglais, il nous explique les différentes espèces, qu’il s’agisse de plantes ou d’animaux vivant dans la Kibira. Sa maîtrise des noms scientifiques de ces espèces est impressionnante.

« Tout cela c’est parce que j’ai appris auprès des meilleurs enseignants », répond-il fièrement. Né et grandi sur la colline de Busekera, tout près du parc de la Kibira, il a été passionné très tôt par la nature. Comme il le raconte, il a commencé ce travail en 1990 juste après l’école secondaire. A cette époque, il y avait de grands spécialistes dans le domaine touristique, Burundais comme étrangers. Parmi eux, il cite des Français qui dirigeaient une ONG appelée FAC : Fonds d’aide et de coopération. Leur soutien consistait à recruter le personnel, recenser la biodiversité de la forêt et renforcer les connaissances des habitants en matière de protection de la Kibira. Plus tard, des Américains sont venus. Leurs formations portaient en grande partie sur les espèces animales, leur mode de vie et leurs interactions. Toutes ces formations ont permis à Niyiburana de perfectionner son anglais et son français. « Aujourd’hui, je connais la plupart des noms des plantes, que ce soit en français, en anglais ou en latin, mais aussi leurs noms scientifiques », dit-il.

Plus qu’un métier

« L’environnement vient en troisième lieu, après Dieu et l’homme », aime-t-il répéter. Cette proximité avec la forêt lui a permis d’observer les plantes et les animaux, et de développer une curiosité qui ne l’a jamais quitté. Depuis ses années d’études, il a toujours aimé l’environnement. Il se réjouit d’avoir eu la chance de rencontrer ces experts et d’apprendre beaucoup d’eux, car cela a renforcé sa passion. « Aujourd’hui encore, mon rêve est de voir un pays verdoyant, des forêts préservées et des animaux nombreux », affirme-t-il.

Comme il le raconte, être né près de la forêt lui facilite la tâche d’enseigner aux autres, surtout à son entourage, l’importance de protéger l’environnement. « Je ne vais pas loin, car je n’ai pas les moyens de me déplacer, mais là où je suis, je donne des conseils. Chez moi, je commence par ma femme et mes enfants : personne n’ose détruire la forêt alors que nous vivons à proximité. Ils aiment les oiseaux, protègent les arbres et comprennent l’importance de la forêt. Je leur enseigne l’environnement, et leurs enseignants peuvent en témoigner », explique-t-il.

« Ce n’est pas seulement ma famille : dans tout notre village, on ne chasse plus les animaux. Les autorités locales sont sensibilisées et connaissent l’importance de la forêt. Dans la communauté, les gens m’appellent désormais “Environnement” », conclut-il.

Quitter la version mobile