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Dr Evrard Kadigiri: Médecin par vocation, bâtisseur par passion

Grâce à ses différentes initiatives, le Dr Evrard Kadigiri a révolutionné l’hôpital communal de Mbuye, le transformant d’une simple structure sanitaire en un véritable hôpital équipé, désormais sollicité par de nombreux patients. Ce médecin constitue une fierté pour les administratifs locaux, mais aussi pour son entourage. Malgré les défis persistants, Dr Kadigiri se réjouit des progrès déjà accomplis

Dr Evrard Kadigiri:« Aujourd’hui, des personnes viennent se faire tester spontanément, non pas parce qu’elles se sentent malades, mais parce qu’elles comprennent enfin l’importance de la prévention. Et cela me rend fier »

A Mbuye, l’ancienne administratrice communale, Mme Evelyne Ndayisasirire, nous parle des principaux défis dans cette circonscription, notamment ceux liés à la santé de la population. « Heureusement, nous avons un jeune et courageux docteur qui fait tout son possible pour sauver la situation. Sans lui, la situation serait bien pire », précise-t-elle. Un monsieur assis près d’elle acquiesce vigoureusement.

Alors qu’on évoquait le travail abattu par les mamans lumières dans cette circonscription, Mme Goreth Nzeyimana, habitante de Gasura, souligne en passant: « Le docteur de l’hôpital communal de Mbuye joue un rôle crucial dans le bon déroulement de nos activités. Sa collaboration sincère nous est d’une grande importance. »

Mais qui est ce docteur ?

Nous avons voulu en savoir plus sur le médecin en question: il s’agit du Dr Evrard Kadigiri, 35 ans, originaire de l’ancienne province de Muyinga. Il travaille à l’hôpital communal de Mbuye depuis 2021. Lorsqu’il arrive, en février de cette année-là, la structure médicale est rudimentaire, sans équipements ni personnel qualifié. « On y testait uniquement le paludisme et le responsable des tests était un agent formé sur le terrain », se souvient-il.

Dès son installation, il a initié des plaidoyers auprès de différents bailleurs pour obtenir du personnel qualifié et du matériel. « L’Etat ne peut pas couvrir tous les besoins de chaque hôpital. Pourtant, chez les partenaires, il y a souvent du matériel en stock.il suffit d’oser le demander. C’est un principe que j’ai appris auprès des sœurs qui gèrent un hôpital  à Musaga, là où j’ai commencé ma carrière », témoigne-t-il. Grâce à ces démarches, l’hôpital a reçu plusieurs équipements: échographe, matériels de maternité et de laboratoire, etc.

Une campagne couronnée de succès

Mais le Dr Kadigiri ne s’arrête pas là. Pour rapprocher la population de l’hôpital, il organise une campagne de dépistage gratuit de deux semaines. Dès l’arrivée des équipements, onze examens médicaux sont proposés. Quand j’ai demandé l’autorisation, certains m’ont dit: « Tu ne vois pas que cela va ruiner l’hôpital? » Mais j’ai répondu que cela allait au contraire renforcer la confiance de la population, raconte-t-il.

La campagne a eu lieu. « De nombreuses maladies ont été détectées, surtout des hépatites que les gens ignoraient avoir. Cela nous a permis de mieux comprendre les pathologies fréquentes dans la localité », explique-t-il.

Durant cette période, les journées étaient longues et épuisantes, mais « ça en valait la peine », confie-t-il. Avant chaque dépistage, des séances de sensibilisation étaient organisées pour expliquer les équipements disponibles et encourager les gens à se faire tester même sans symptômes. « Les résultats sont là: aujourd’hui, des personnes viennent se faire tester spontanément, non pas parce qu’elles se sentent malades, mais parce qu’elles comprennent enfin l’importance de la prévention. Et cela me rend fier », déclare-t-il avec émotion.

Il regrette toutefois de ne pas avoir pu réitérer la campagne faute de moyens pour acheter des réactifs. Un appui financier est actuellement recherché.

Quand la vocation rencontre la passion

« Ma plus grande fierté reste l’arrivée de l’échographe et des panneaux solaires. Avant cela, en cas de coupure d’électricité, il fallait accoucher à l’aide des lampes torches », se remémore-t-il. Même si tous les objectifs ne sont pas encore atteints, Dr Kadigiri se dit satisfait des progrès déjà  accomplis.

Son succès ne découle pas seulement d’un travail acharné, mais aussi d’une vocation profonde. Enfant déjà, il rêvait de porter la blouse blanche. « Depuis l’école primaire, je voulais être médecin. Au secondaire, puisque j’avais une mauvaise écriture,mes enseignants me disaient que j’écrivais comme un docteur. Ce qui renforçait ma vocation. J’ai poursuivi des études de médecine et, par la grâce de Dieu, je les ai terminées facilement », conclut-il.

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