Les entreprises de production de l’eau minérale gagnent du terrain. Or, la quasi- totalité de l’eau minérale produite est vendue localement. Pourtant, elle peut générer des devises si elle exportée à l’étranger .Une réunion d’échange pour identifier les défis qui empêchent l’exportation de l’eau minérale a été organisée par l’Agence de Développement du Burundi vendredi le 27 avril 2024.
Réverien Nizigiyimana, Directeur général de l’ADB:« L’eau est une ressource précieuse inégalement répartie et le Burundi est l’un des rares pays où l’eau potable est en abondance».
Malgré la pénurie chronique des devises, l’Agence de Développement du Burundi (ADB) continue à chercher de nouvelles opportunités afin de diversifier les sources de revenus pour le pays. C’est dans ce cadre que cette institution a réuni vendredi le 27 avril 2024 les investisseurs du secteur de l’eau minérale et les différents cadres du pays afin qu’ils puissent identifier les défis qui empêchent les investisseurs de capitaliser les avantages naturels de l’eau douce du Burundi pour l’exporter à l’étranger et par conséquent accroître les revenus issus de ce secteur.
En effet, selon cette agence, l’exploitation du potentiel du secteur de l’eau minérale reste encore très minimale, car la quasi- totalité de l’eau minérale produite est vendue localement avec une très petite quantité d’eau exportée par les entreprises Kinju et Eagle mineral water vers la République Démocratique du Congo.
Défaut de certification, un défi majeur
Bien qu’il puisse générer les revenus, le secteur de l’eau minérale regorge de nombreux défis qui l’empêchent d’exploiter son potentiel pour exporter à l’étranger. A part la pénurie récurrente des devises qui empêche les industries d’eau minérale de s’approvisionner en suffisance en matières premières pour booster la production, les produits «Made in Burundi» se heurtent à de nombreux obstacles sur le marché international du fait que le BBN( Bureau Burundais de Normalisation) l’organe qui est censé certifier les produits burundais n’est pas lui-même certifié.
Petit Christin Habonimana, cadre au service Etude, Prospection et Recherche des opportunités de l’ADB a indiqué que cette non certification du BBN serait la cause du refus de l’eau des sociétés Nice water et Eagle mineral water de participer à l’expo-2023Doha qui s’est déroulé du 29 septembre au 8october 2023 à Qatar. Une idée d’ailleurs confirmée par Denis Nshimirimana, secrétaire général de la Chambre Fédérale de Commerce et d’Industrie du Burundi(CFCIB). «Les boissons sont des produits extrêmement sensibles aux normes de certification. La cause du refus des produits Nice water et Eagle mineral à l’Expo de Doha water est qu’ils ne sont pas connus internationalement», a-t-il indiqué dans cet atelier.
Les statistiques et les moyens logistiques font défaut
M.Nshimirimna ne mâche ses mots sur d’autres défis qui hantent le domaine de l’exportation au Burundi, notamment une lacune énorme au niveau des statistiques sur la production. Pour lui, un opérateur économique hésite mille fois avant de s’engager à exporter un produit dont il ignore la production annuelle en quantité et en qualité.
A cela s’ajoute une culture d’affaire qui est très peu développée, l’insuffisance d’infrastructures logistiques, le problème des emballages, le processus de demande d’autorisation d’exportation qui est très longue, etc
Les pistes de solutions
Pour surmonter les barrières qui empêchent les investisseurs du secteur de l’eau minérale de booster la production et par conséquent à exporter à l’étranger, les intervenants dans ce secteur ont proposé des pistes de solution.
Il fallait d’abord équiper le BBN pour qu’il puisse remplir les normes internationales afin que les certifications qu’il délivre soient crédibles à l’échelle internationale. A ce sujet ,Célestin Ntahomvukiye, un cadre au sein du BBN tranquillise les investisseurs oeuvrant dans le secteur de la production de l’eau minérale que dorénavant le service de certification des produits et le laboratoire de chimie du BBN sont actuellement accrédités et le processus de l’accréditation du service de certification système est en cours.
De plus, l’Etat devrait disponibiliser les statistiques qui indiquent les ressources en eau dont il dispose. Cela aidera les investisseurs à connaître la quantité d’eau dont ils ont besoin pour satisfaire le marché locale et le marché international. A cela s’ajoute la sensibilisation des investisseurs du secteur de l’eau minérale à s’associer pour mutualiser les efforts et créer une marque représentant le pays à l’étranger, mais aussi l’organisation des états généraux du commerce pour étudier la problématique liée à l’exportation.
Réverien Nizigiyimana, directeur général de l’ADB a,quant à lui, indiqué que l’eau est une ressource précieuse inégalement répartie et que le Burundi est un des rares pays où l’eau potable est en abondance. En effet, la pénurie de l’eau touche actuellement 40% de la population mondiale et selon les prévisions des Nations Unies et de la Banque mondiale, la sècheresse pourrait exposer 700 millions de personnes à un risque de déplacement d’ici 2030.