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Eclairage de certaines rues de Nyakabiga : Le bonheur des uns fait le malheur des autres

C’est un ouf de soulagement pour les habitants des quelques rues de Nyakabiga I et III qui ont bénéficié des lampadaires d’éclairage public, et une panique totale chez les habitants des autres parties dudit quartier non encore éclairées. Ils craignent que les malfaiteurs réorientent leurs sales besognes vers ces zones. Ils demandent que ce projet d’éclairage public ne se limite pas à quelques rues de Nyakabiga I et III

Depuis l’installation de l’éclairage public, Nyakabiga d’aujourd’hui n’est plus celui d’il y a quelques mois. Nouveau look, nouvelle ambiance, c’est un tout nouveau mode de vie sur les quelques rues de Nyakabiga depuis l’implantation des lampadaires octroyés par des philanthropes qui les ont payés de leurs propres fonds sous couvert d’anonymat, mais apparemment qui sont connus de tous à Nyakabiga. « Que personne d’autre ne s’attribue cette bonne action. Nous en connaissons les auteurs, Que Dieu bénisse ces patriotes, qui n’oublient jamais leur quartier natal ». Lance Désiré, habitant du quartier Nyakabiga I.

Dans les zones nouvellement éclairées, le changement est remarquable. Les mouvements des gens continuent jusque tard dans la nuit. Nyakabiga est devenu une véritable ville dans la ville. La sécurité est garantie. Les histoires de banditisme, de viols nocturnes relèvent maintenant de l’histoire. Les habitants de cette localité sont fiers de leur quartier et remercient vivement ces bienfaiteurs qui ont changé leur mode de vie et le look du quartier Nyakabiga.

Nouveau look, nouvelle ambiance, c’est un tout nouveau mode de vie sur les quelques rues de Nyakabiga I et III bénéficiaires des lampadaires d’éclairage public.

Le reste du quartier, victime de tous les dangers

Arrivé dans les rues du quartier nyakabiga II, c’est comme si on entre dans un autre monde. Dans une obscurité presque totale, les rues sont presque vides à 20h30, les boutiques sont fermées, presque tout le monde se retrouvent dans les ménages. En tout cas, la différence au niveau de l’éclairage est nette. La sécurité laisse à désirer. Plus de prudence est requise pendant la nuit, si on ne veut pas se faire violer ou arnaquer.

Un habitant croisé sur cette rue se lamente : « Nous envions énormément les habitants des quartiers éclairés. Nous attendons impatiemment notre tour tout en espérant que ça ne va pas tarder. Sinon, tous les bandits, les drogués, les violeurs, et autres malfrats qui étaient au quartiers I et III vont tous venir ici ».

Et la gestion des lampadaires ?

Les initiatives d’éclairage public au Burundi ne datent pas d’hier. Des projets et des dons d’éclairage publics ont été faits dans le passé. C’est surtout la gestion et le suivi de ces projets qui posent problème. Malheureusement, l’irresponsabilité des bénéficiaires dans la gestion de ces biens publics est criante. L’exemple le plus récent est celui du projet «Ilot de lumière» alimenté à l’énergie solaire et financé à 100% par la Société Gigawatt. Aujourd’hui, on peut compter sur les bouts du doigt les lampadaires restants.

En soi, le projet d’éclairage public de Nyakabiga est impeccable mais il faudrait des mesures accompagnatrices pour qu’il ne subisse pas le même sort que celui à énergie solaire, vandalisé jusqu’à la dernière pièce.

L’administrateur de la commune urbaine de Mukaza Rénovat sindayihebura salue l’initiative de ces de patriotes. « Nous avons recommandé aux habitants d’installer des lampes sur les clôtures de leurs maisons pour éclairer les avenues. Nous apprécions le comportement de certains natifs qui commencent à prendre des initiatives privées pour éclairer leurs localités ». Pour ces philanthropes, c’est un projet vaste qui, si les moyens le permettent permettra d’éclairer les zones non encore éclairées.

Signalons que les rues nouvellement éclairées sont la quatrième, la cinquième, la sixième et la septième rue de Nyakabiga I et la treizième rue de Nyakabiga III. La contribution de chaque ménage se trouvant dans la zone bénéficiaire est de 1500 Fbu par mois pour l’entretien et le règlement de la facture de la Regideso. Une somme insignifiante en guise d’implication des bénéficiaires.

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