Deux anciens centres visités durant la semaine du lundi 16 au samedi 21 juin 2025 dans la capitale politique Gitega à savoir: le Centre pour Jeunes Aveugles « Rumuri » ou « Sainte Lucie » et le Centre d’Education Spécialisée pour Déficients Auditifs (CESDA) « Notre-Dame de la Persévérance », fonctionnent en régime d’internat. Depuis des décennies, ils viennent en aide respectivement aux enfants atteints de déficience visuelle et auditive.
Mélance Maniragaba, rédacteur en chef adjoint.
Sans revenir en détail sur les nombreux défis auxquels ces centres sont confrontés comme le manque de papiers bristols adaptés pour les enfants malvoyants, l’absence de soutien en soins de santé pour ces enfants, ou encore l’urgence de réparer l’audiomètre du CESDA, il convient de souligner qu’ils restent irremplaçables et méritent un soutien de taille.
Nous sommes aujourd’hui à l’heure d’une école sans exclusion. Ces centres ont d’ailleurs été transformés en Ecoles Fondamentales (ECOFO). Mais une question se pose : Ces nouvelles ECOFO seront-elles capables d’accueillir aussi des élèves dits « ordinaires » ?
Et pour un enfant en maternelle, côtoyant un camarade utilisant la langue des signes, cela ne risque-t-il pas d’influencer son comportement ?
Pourtant, l’inclusion commence à l’école. Il est d’ailleurs remarquable de constater que les enfants vivant avec un handicap s’adaptent souvent mieux et plus facilement au travail après leurs études.
C’est pourquoi, ensemble, nous devons ouvrir les portes de l’école à tous les enfants, sans distinction.
Cependant, il ne faut pas perdre de vue la réalité : la majorité des écoles ne sont pas physiquement accessibles aux enfants présentant un handicap moteur ou sensoriel. Très peu de salles sont équipées de matériel pédagogique adapté. Peu d’enseignants sont formés à la gestion des classes inclusives ou à l’identification des besoins spécifiques des élèves. A cela s’ajoutent les croyances culturelles et les préjugés sur le handicap qui mènent souvent à l’exclusion ou à la stigmatisation. Cela empêche certains parents, en particulier ceux qui sont analphabètes, d’envoyer leurs enfants à l’école.
Il est donc urgent de mener des campagnes de sensibilisation pour lutter contre les stéréotypes, introduire des modules sur l’éducation inclusive dans les formations des enseignants, construire des écoles véritablement accessibles, fournir du matériel didactique inclusif.
L’éducation inclusive est une nécessité même si le défi est immense. Mais avec une volonté politique ferme, un engagement communautaire sincère et un appui solide des partenaires, elle est possible.
Que Dieu bénisse ceux qui se donnent corps et âme, pour un avenir meilleur et le bien-être des personnes vivant avec un handicap.
