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Les enfants en situation de rue, une bombe à retardement

Le gouvernement est sur le pied de guerre pour combattre le phénomène des enfants en situation de rue. Néanmoins, ce fléau persiste dans différents quartiers de la capitale économique Bujumbura.  La pauvreté en constitue la cause majeure. Et de découvrir dans ce numéro les pistes de solutions pour inverser la tendance

Dans une descente effectuée par un reporter de Burundi Eco lundi le 15 juin 2020 dans les quartiers de la municipalité de Bujumbura, il a été constaté que le phénomène des enfants en situation de rue est une bombe à retardement. Ils s’y observent en un effectif non négligeable. Ils se réveillent le matin et sillonnent les quartiers chics de la capitale économique pour mendier afin de trouver de quoi mettre sous la dent. Pendant la soirée, ils plient bagages et rentrent chez eux.  Les sans abris dorment à la belle étoile, car ils n’ont pas où aller. Ils sont sous le contrôle de Nyx, le dieu de la nuit. Ils sont exposés à tous les malheurs du monde. Ce sont entre autres le froid, la chaleur, la pluie, etc. Ils constituent une proie facile des moustiques et sont régulièrement victimes du paludisme. Ce sont des va- nu- pieds. Ils portent des haillons. La plupart de ces enfants consomment de la drogue pour oublier leur misère. S’ils ne rencontrent pas de personnes d’âme charitable pour leur donner de quoi mettre sous la dent, ils dorment ventre creux. Ils passent le jour et la nuit dans la rue au moment où les autres  enfants sont en train de suivre les cours pour préparer leur avenir.

Certains parents utilisent les enfants de la rue pour assouvir leurs intérêts

Selon Mme Jeanne Muyuku rencontrée au centre-ville de Bujumbura, certains parents utilisent leurs enfants pour assouvir leurs intérêts. On les dépose dans des quartiers chics pour s’adonner à la mendicité.  Ces parents de mauvaise foi restent aux aguets pour récupérer tout l’argent collecté. Elle fait remarquer que ces enfants constituent une bombe à retardement, car leur effectif va crescendo. Si rien n’est fait pour inverser la tendance, le pays va se retrouver avec une génération de cambrioleurs et des violeurs.

Le phénomène des enfants en situation de rue est une bombe à retardement. Ils s’observent à un effectif non négligeable dans les quartiers de la municipalité de Bujumbura.

Selon Ignace Ntawembarira, chargé du département des  enfants et des familles au ministère des Droits de la Personne Humaine, des Affaires Sociales et du Genre, l’extrême pauvreté qui guette les familles est l’une des causes de cette situation déplorable. Les enfants quittent leurs familles faibles économiquement pour aller chercher là où ils peuvent trouver le pain quotidien. D’autres sont des orphelins ou des enfants naturels. Ils n’ont pas où donner de la tête.  Ils vont dans la rue pour assurer leur survie. Et d’y ajouter  le comportement inné pour d’autres.  Ces derniers veulent malheureusement mener cette vie malgré sa morosité.

Effectif des enfants retirés de la rue et leur réinsertion

Catégorie des enfants réinsérés et types de réinsertion

Sexe

2017

2018

Enfants réinsérés en Formation professionnelle

F

G

1

79

0

0

Enfants réinsérés à l’école

F

G

26

83

45

618

Enfants réinsérés  socio-économiquement

F

G

1

129

0

0

Enfants réinsérés dans les familles biologiques

F

G

1

54

68

1515

Enfants insérés dans les familles tutrices

F

G

0

0

7

82

«La place de l’enfant n’est pas dans la rue»

Selon Ntawembarira, la place de l’enfant n’est pas dans la rue. Chaque enfant devrait avoir une famille qui prépare son avenir. C’est la raison pour laquelle le gouvernement  s’active à inverser la tendance à travers un projet dénommé «Initiative à résultat rapide». Il indique que le gouvernement  a interdit de donner l’argent ou d’autres produits aux enfants en situation de rue dans l’objectif de décourager cette pratique. Celui qui sera attrapé en train de le faire sera puni conformément à la loi. Selon lui, si un enfant gagne 2000 FBu, 3000 FBu ou 5000 FBu par jour à travers la mendicité, cet enfant va se mettre en tête qu’il a déjà  gagné sa vie et va continuer la même sale besogne. Il n’y a pas de bonnes choses dans la rue, insiste-t-il. L’enfant y apprend le banditisme, la débauche, la criminalité…. Raison pour laquelle le gouvernement ne cesse de les retirer de la rue. Nonobstant, ce phénomène persiste. Ils reviennent à la case départ après un certain temps.

Pour gagner le pari, David Ninganza, activiste des droits de l’homme fait savoir que la post-réinsertion sociale devrait être prise en compte. Selon lui, il ne suffit pas seulement de les retirer de la rue. Des mesures d’accompagnement devraient être prises. Le manque de suivi et d’évaluation de  la réinsertion des enfants de la rue est à l’origine de cet échec cuisant. Il suggère de débloquer des moyens financiers conséquents et d’impliquer toutes les parties prenantes ainsi que de lutter contre la pauvreté qui enfonce les familles à faibles revenus.

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