La présence des enfants en situation de rue est une réalité dans différents quartiers de la capitale économique Bujumbura comme dans les autres villes du pays. Les causes de cette situation sont entre autres la pauvreté qui guette les familles, les conflits familiaux… Le gouvernement du Burundi se dit préoccupé par cette situation et s’active à inverser la tendance
Un effectif non négligeable des enfants en situation de rue s’observe dans différents quartiers de la ville de Bujumbura, mais aussi dans les autres villes du pays, indique Ignace Ntawembarira, chargé du département des enfants et des familles au ministère des Droits de la Personne Humaine, des Affaires Sociales et du Genre. Néanmoins, il fait savoir que les statistiques actualisées des enfants en situation de rue ne sont pas disponibles. Certains se réveillent le matin et quittent leurs familles pour aller quémander de l’argent ou de quoi manger dans les quartiers chics de la ville de Bujumbura. Pendant le coucher du soleil, ils plient leurs bagages et rentrent chez eux. D’autres sont des sans abris. Ils n’ont pas où aller. Ils dorment à la belle étoile et sont exposés à tous les malheurs du monde. Ce sont des va nu pieds. S’ils ne rencontrent pas de personnes d’âme charitable pour leur donner de quoi mettre sous la dent, ils dorment ventre creux. Selon Ntawembarira, ils passent le jour et la nuit dans la rue au moment où les autres enfants qui ont des familles qui les prennent en charge sont en train de suivre les cours dans différentes écoles du pays pour préparer leur avenir.
Qu’en est-il des causes ?
La pauvreté qui guette les familles est l’une des causes de cette situation déplorable, indique Ntawembarira. Les enfants quittent leurs familles pour aller chercher là où ils peuvent trouver le pain quotidien. «La crise politique que le pays vient de traverser a aussi contribué à l’augmentation de l’effectif des enfants en situation de rue.
La plupart des enfants ont perdu leurs parents. Par conséquent, par ce qu’ils n’ont où donner de la tête pour continuer à vivre, ils vont dans la rue pour assurer leur survie », précise Ntawembarira. Et d’y ajouter le comportement inné pour d’autres. Ces derniers veulent malheureusement mener cette vie malgré qu’elle soit morose.
Qu’est ce qui est en train d’être fait pour combattre ce phénomène ?
Selon Ntawembarira, la place de l’enfant n’est pas la rue. Chaque enfant devrait avoir une famille qui prépare son avenir. C’est la raison pour laquelle le gouvernement s’active à inverser la tendance à travers le projet dénommé «Initiative à résultat rapide». Aujourd’hui, plus de 3300 enfants en situation de rue ont été intégrés dans leurs familles. De plus, Il indique que le gouvernement a ordonné qu’il est actuellement interdit de donner de l’argent ou d’autres produits aux enfants en situation de la rue dans l’objectif de décourager cette pratique. Celui qui sera attrapé en train de le faire sera puni conformément à la loi. Selon lui, si l’enfant gagne 2000 FBu, 3000 FBu ou 5000 FBu par jour à travers la mendicité, cet enfant va se mettre en tête qu’il a déjà gagné la vie et va continuer la même sale besogne. Il n’y a pas de bonne chose dans la rue, insiste-t-il. L’enfant y apprend le vol, la débauche, la criminalité…
Martin Nivyabandi, ministre des Droits de la Personne Humaine, des Affaires Sociales et du Genre a réuni au mois d’avril 2019 à Buterere tous les intervenants dans le domaine de l’enfance en situation de rue en vue de trouver une solution durable à ce problème. Il a fait savoir que le choix de Buterere n’est pas le fait du hasard parce que c’est une entité qui regorge de beaucoup d’enfants en situation de rue et de mendiants qui errent dans toute la ville de Bujumbura pour chercher de quoi se mettre sous la dent. Plus encore, les enfants et les adultes passent leur temps à fouiner dans le dépotoir de Buterere à la recherche des aliments périmés. Il a souligné que le problème des enfants en situation de rue est un problème que le Gouvernement avait voulu résoudre depuis longtemps, mais en vain. Il a demandé à la police d’appréhender les gens qui exposent les enfants en situation d’ handicap dans les rues dans l’unique objectif de mendier.