Les mauvaises conditions de vie liées aux salaires dérisoires constituent la raison principale qui pousse les enseignants à abandonner leur carrière. Ils préfèrent quitter le pays pour aller chercher là où l’herbe est encore plus verte. Suite à cela, les activités scolaires sont paralysées. Le syndicat FNASEEB demande à l’Etat de revoir à la hausse les salaires des fonctionnaires en général et des enseignants en particulier pour inverser la tendance.
Abbé Théophile Nkurunziza, responsable des écoles sous convention catholique dans le diocèse de Gitega ꓽ « L’effectif des enseignants qui sont en train d’abandonner leur métier inquiète ».
L’effectif des enseignants qui sont en train d’abandonner leur métier inquiète le responsable des écoles sous convention catholique dans le diocèse de Gitega Abbé Théophile Nkurunziza.
Dans un entretien avec lui le 13 janvier 2026, Nkurunziza indique qu’il s’observe des enseignants qui prennent la clé des champs en arguant que la rémunération qu’ils reçoivent est dérisoire alors que le coût de la vie est élevé.
De plus, il y a des enseignants qui effectuent un long trajet par jour pour arriver sur le lieu de travail. Suite à cela, Nkurunziza explique qu’ils sont fatigués et se retrouvent dans une incapacité de tenir tête.
Les enseignants qui partent à la retraite et qui ne sont pas remplacés rapidement ajoutent le drame au drame.
Les départs des enseignants laissent un grand vide dans les écoles
Selon Nkurunziza, cette situation crée un vide dans les écoles. Déjà sur 173 écoles fondamentales gérées par le diocèse de Gitega, il fait remarquer qu’on a besoin d’au moins 4 enseignants par école, soit plus de 690 enseignants pour essayer de combler ce vide.
On a également besoin d ’au moins 5 enseignants par école, soit plus de 200 enseignants dans les 41 écoles post fondamentales contrôlées par le diocèse de Gitega. Nkurunziza laisse entendre que le diocèse se débrouille pour trouver des enseignants qui peuvent contribuer à l’avancement du programme.
Il fait recours aux vacataires et bénévoles. Il demande au gouvernement de prendre des mesures pouvant freinent ce départ des enseignants. Sinon, il précise que cela paralyse les activités scolaires.
Les départs des enseignants s’observent à tous les niveaux
Antoine Manuma, président du syndicat FNASEEB affirme qu’il s’observe un effectif non négligeable d’enseignants qui abandonnent leur carrière. Le pire est que ce chaos s’observe à tous les niveaux depuis l’école fondamentale jusqu’ à l’Université du Burundi.
Selon Manuma, les communiqués qui passent tous les jours à la RTNB confirment cela. Les responsables des institutions scolaires ne cessent pas d’informer qu’ils ne savent pas où sont partis les enseignants qui prestent dans les écoles qu’ils chapeautent.
Pourquoi ces départs ?
La raison principale de ces départs est que le corps enseignant est fatigué par les mauvaises conditions de vie dans lesquelles ils vivent, explique Manuma. Ces mauvaises conditions de vie trouvent leur origine dans le salaire dérisoire qu’ils perçoivent mensuellement.
Il argue que le salaire de 400 000 FBu perçu par un licencié qui commence son travail ne lui permet même pas de payer le loyer. C’est la raison pour laquelle ils jugent mieux d’abandonner leur carrière pour aller chercher là où les conditions de vie sont meilleures qu’ici.
L’option de les remplacer n’est pas efficace
Il déplore le fait que l’Etat ne se rend pas compte que cela constitue un danger pour le pays. Selon lui, l’option de l’Etat de remplacer les départs par de nouveaux enseignants n’est ni bonne ni efficace.
La raison est que l’Etat va se retrouver avec le même défi. Les nouveaux enseignants recrutés vont eux aussi rejoindre leurs aînés après avoir perçus les premiers salaires et les crédits qui leur permettront de se débrouiller dans la vie.
Il demande à l’Etat de trouver une solution à ce problème en revoyant à la hausse leurs salaires pour les motiver. Sinon, la situation est plus que dramatique. Ce qui pourrait constituer une barrière à l’atteinte de la vision du gouvernement d’avoir un pays émergent en 2040 et développé en 2060, déplore-t-il.
Notons que nous attendons la réaction du ministère en charge de l’éducation en ce qui concerne les chiffres exacts des enseignants qui ont abandonné leur métier.