La gouvernance dans la plupart des entreprises publiques et à participation publique inquiète plus d’un. La raison est qu’il s’observe que la finance ne se porte pas bien dans ces dernières. Elles ne se développent pas au même rythme que les entreprises privées.
Les exemples sont légion. La Sosumo, une société qui a le monopole de production et de commercialisation du sucre n’évolue pas au rythme souhaité par le personnel qui y preste.
Jean Marie Vianney Niyongabo, Journaliste.
Elle ne parvient même pas à satisfaire la demande locale et cette situation se présente au moment où elle est vieille de 38 ans. Bref, elle ne grandit pas. Cela n’arrive pas seulement à la Sosumo.
La situation financière est devenue de plus en plus un casse-tête dans pas mal d’entreprises publiques et à participation publique jusqu’ à ce qu’elles ne parviennent même plus à payer les dividendes de l’Etat.
Au mois de mai 2024, le ministère en charge des finances a fait savoir que plusieurs entreprises publiques ou mixtes n’ont jamais versé leurs dividendes.
Parmi ces entreprises figuraient des acteurs majeurs tels que l’Onatel (Office national des télécommunications), la Camebu (La Centrale d’achat des médicaments essentiels, des dispositifs médicaux et des produits et matériels de laboratoire du Burundi), la Cogerco (Compagnie de gérance du coton), la Lona (Loterie nationale du Burundi), l’Onatour (Office national de la tourbe), l’Otraco (Office des transports en commun) et l’Hôtel Source du Nil. En tout, ce sont plus de dix-sept entreprises qui sont concernées.
On a expliqué que l’origine de cette situation était que certaines entreprises ont enregistré des résultats négatifs, les empêchant de verser des dividendes. Il a ajouté que pour d’autres entreprises, les conseils d’administration n’ont pas tenu les réunions nécessaires pour décider des dividendes à verser à l’Etat.
Nestor Ntahontuye, premier ministre rappelle que l’Etat a investi dans la création des sociétés publiques et à participation publique dans le but de stimuler le développement socio-économique du pays.
Ces entités devraient, selon lui, générer de l’emploi, contribuer au fisc et verser des dividendes à l’Etat. Toutefois, il déplore le fait qu’un rapport du ministère des Finances montre que la majorité de ces entreprises souffrent de faiblesses structurelles et opérationnelles qui limitent leur rentabilité, leur solvabilité et leur contribution aux finances publiques.
Cette situation est déplorable. Le gouvernement devrait s’impliquer énergiquement dans la gestion des entreprises publiques et à participation publique pour inverser la tendance, car les fonds injectés dans le fonctionnement de ces entreprises proviennent des recettes payées par les contribuables à travers les taxes et les impôts.
Il devrait y placer des hommes qu’il faut à la place qu’il faut et faire des évaluations régulières sur leur fonctionnement comme cela se fait dans les entreprises privées. Les gestionnaires incapables devraient être remplacés par ceux dont la compétence est avérée, car il y en a à tire larigot. Les dilapidateurs devraient être sanctionnés conformément à la loi.