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Eradication du paludisme : Aluta continua

Le gouvernement du Burundi vise zéro décès due au paludisme dès 2027 et une éradication totale de cette maladie d’ici 2030.Pour gagner ce pari, le pays mise sur des stratégies comme des campagnes de distribution des moustiquaires imprégnées d’insecticide à longue durée d’action et l’introduction du vaccin antipaludique. Malgré les avancées déjà enregistrées, les défis persistent.

Le paludisme reste l’une des principales causes de morbidité et de mortalité au Burundi.

 

Les statistiques émanant du Ministere de la Santé Publique ont révélé qu’au Burundi, les enfants de moins de cinq ans constituent la population la plus vulnérable face au paludisme. En 2023, parmi les 4 857 556 cas de paludisme signalés, 2 235 481 concernaient des enfants de moins de cinq ans, soit 46 % de la morbidité liée à cette maladie.

Face à ces statistiques, le Burundi se trouve dans l’obligation de redoubler d’efforts pour atteindre l’ambition du gouvernement qui souhaite qu’à partir de 2027, plus personne ne meure du paludisme et que cette maladie soit éradiquée avant 2030.

Les campagnes de distribution des moustiquaires

Dans ce combat pour l’éradication du paludisme, le pays, via le ministère de la Santé Publique, mise sur différentes stratégies, dont les campagnes de distribution de moustiquaires imprégnées d’insecticide. Pour l’édition 2025, environ 7,6 millions de moustiquaires seront distribuées à 12,8 millions de Burundais, selon le ratio d’une moustiquaire pour deux personnes.

Cette campagne de distribution durera six jours à compter du 24 novembre 2025. L’annonce a été faite mercredi le 12 novembre 2025 à Gitega lors de la réception officielle par le ministère de la Santé Publique de 7 976 122 moustiquaires imprégnées d’insecticide destinées à cette opération.

Le vaccin antipaludique commence avec des défis

Le vaccin antipaludique a été lancé au Burundi depuis mars 2025. Depuis, la vaccination des enfants âgés de 6 à 11 mois issus de neuf anciennes provinces du pays : Bubanza, Cankuzo, Cibitoke, Karuzi, Kirundo, Muyinga, Ngozi, Rutana et Ruyigi se poursuit. Selon les données du Programme Elargi de Vaccination (PEV), plus de 119 000 enfants ont reçu le vaccin entre mars et juillet 2025.

Dr Jean Claude Bizimana, responsable du PEV, signale qu’il est encore trop tôt pour évaluer l’impact du vaccin sur la réduction de la prévalence du paludisme au Burundi. Néanmoins, en se référant à d’autres pays où ce vaccin a été introduit plus tôt, il s’avère très efficace et contribue fortement à la réduction de la mortalité et de la morbidité liées au paludisme.

Même si l’initiative est encore récente, certains défis sont rapportés. Comme l’explique Dr Bizimana, certains parents amènent leurs enfants pour la première dose du vaccin, mais ne reviennent pas pour les suivantes. Ainsi, ces enfants ne reçoivent qu’une seule dose au lieu des quatre recommandées: à 6 mois, puis à 7 mois, à 9 mois et enfin à 18 mois. Un autre défi est lié aux rumeurs circulant autour des vaccins.

Pourtant, le gouvernement du Burundi attend beaucoup de ce vaccin. « En réduisant la mortalité due au paludisme chez les enfants de moins de cinq ans, nous franchissons une étape essentielle vers un avenir plus sain et plus prometteur pour la prochaine génération. L’introduction de ce vaccin nous rapproche également d’un futur où aucun enfant ne mourra d’une maladie évitable comme le paludisme. Nous ouvrons la voie vers un Burundi sans paludisme », a déclaré la Dr Lydwine Baradahana, ministre de la Santé Publique, lors du lancement du vaccin en mars 2025.

Signalons que le gouvernement du Burundi, en collaboration avec ses partenaires au développement, prévoit d’étendre la vaccination contre le paludisme à l’ensemble du territoire d’ici l’année prochaine.

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