L’expérience montre que le transport multimodal combinant la voie lacustre entre Bujumbura (Burundi) et Kigoma (Tanzanie) et le chemin de fer à voie métrique jusqu’à Dar-es-Salaam constitue une solution avantageuse pour les opérateurs économiques burundais. Aujourd’hui, la construction de la ligne ferroviaire à écartement standard Tabora–Kigoma associée aux initiatives de modernisation du port de Kigoma ouvre de nouvelles perspectives pour mieux exploiter ce corridor qui pourrait devenir encore plus compétitif.
En connexion directe avec le port de Dar-es-Salaam par lequel transitent plus de 90 % des importations et exportations du Burundi, la ligne ferroviaire à écartement standard Tabora-Kigoma représente une nouvelle opportunité pour le pays d’exploiter davantage le corridor central.
Dans un article intitulé « Des investissements majeurs dans les transports à Kigoma renforcent la compétitivité du corridor central », publié sur le site de l’Agence de Facilitation des Transports de Transit du Corridor central (CCTTFA), il est indiqué que Dr Samia Suluhu Hassan, présidente de la République-Unie de Tanzanie a posé la première pierre de la ligne ferroviaire à écartement standard (SGR) Tabora-Kigoma le 20 juillet 2026 à Kigoma.
Elle a également procédé à l’inauguration de quatre nouveaux navires destinés au transport des marchandises sur le lac Tanganyika et à la poursuite des travaux de modernisation du port de Kigoma.
La liaison rapide sur le lac Tanganyika, une opportunité pour le Burundi
Selon l’article, la ligne ferroviaire à écartement standard (SGR) Tabora-Kigoma s’étendra sur 506 kilomètres. Elle permettra de relier directement le port de Dar-es-Salaam aux rives du lac Tanganyika. Une fois achevée, cette infrastructure devrait réduire de plus de moitié le temps mis pour couvrir le trajet entre Dar-es-Salaam et Kigoma, favorisant ainsi un transport des marchandises plus rapide, plus fiable et plus économique.
Cette ligne ferroviaire constituera également une base pour de futures connexions régionales avec le Burundi et l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC).
Par ailleurs, les quatre cargos modernes mis en service disposent chacun d’une capacité de transport de 2 000 tonnes de marchandises sur le lac Tanganyika. Ces navires devraient améliorer considérablement le transport des marchandises entre la Tanzanie, le Burundi, la RDC et la Zambie.
Etant directement connecté au port de Dar-es-Salaam par lequel transitent plus de 90 % des importations et des exportations du Burundi, le pays peut se préparer à tirer pleinement profit de cette nouvelle dynamique ferroviaire et maritime en développement.
Une voie qui a déjà fait ses preuves
Dans une interview accordée à Burundi Eco en avril 2025, Déo Ntibibuka, Administrateur Directeur Général (ADG) d’International Freight Logistics (IFL), une société spécialisée dans le transit et le dédouanement des marchandises, a rappelé qu’entre les années 1970 et le milieu des années 1980, une grande partie des importations et des exportations burundaises transitait déjà par ce corridor.
Il précise qu’à cette époque, le circuit privilégié reposait sur le transport lacustre entre Bujumbura et Kigoma suivi du transport ferroviaire entre Kigoma et Dar-es-Salaam. Cette combinaison permettait au Burundi de bénéficier de coûts de transport réduits grâce à des tarifs avantageux. C’est également par cette voie que transitait près de 90 % du carburant consommé dans le pays.
Cependant, il déplore que la situation ait changé dans les années 1990, période durant laquelle cette voie multimodale a progressivement été abandonnée en raison de la baisse de son efficacité.
Actuellement, les trains circulant sur la voie métrique atteignent une vitesse d’environ 75 km par heure. Avec le nouveau chemin de fer électrifié à écartement standard (SGR), les trains pourront atteindre une vitesse de 160 km par heure et effectuer en trois heures un trajet qui nécessite aujourd’hui environ dix heures avec le train classique.