Les habitants de la commune de Mutambu, province Bujumbura affirment tirer profit de l’exploitation des terres rares de Gakara. L’administration confirme les faits et formule des doléances comme le paiement des indemnisations à temps, la construction de la route Kabezi-Mutambu ainsi que la mise en place de l’école technique minière
Selon Salvator Nsavyimana, conseiller technique chargé des affaires administratives et sociales dans la commune de Mutambu, l’exploitation des terres rares est profitable aux habitants de la commune.
« 90% des travailleurs, soit environ 200 employés de la société Rainbow Mining Burundi (RMB) qui exploitent les terres rares sont originaires de la commune de Mutambu », se réjouit-il.
Ainsi, explique M.Nsavyimana, ces employés sont salariés. Ils utilisent l’argent qu’ils gagnent dans différentes activités, entre autres l’approvisionnement dans différents marchés, faire le business…Dans ce cas, témoigne-t-il, la commune profite sur la taxe communale. Par ailleurs, même si ces employés paient l’impôt et la taxe pour le compte du trésor public, la commune doit en profiter via les projets de développement.
De plus, informe le conseiller technique chargé des affaires administratives et sociales dans la commune de Mutambu, ces centaines d’employés de Rainbow sont à majorité des démobilisés. C’est un grand atout non seulement pour eux, mais aussi pour le pays. La société a créé de l’emploi pour ces démobilisés.
Par ailleurs, fait remarquer M.Nsavyimana, la commune bénéficie annuellement de 15 000 USD échangés au taux officiel. Cela comme défini dans la convention d’exploitation des terres rares.
90% des travailleurs, soit environ 200 employés de la société Rainbow Mining Burundi (RMB) qui exploitent les terres rares sont originaires de la commune Mutambu.
Deux sortes d’indemnisation
Le conseiller technique chargé des affaires administratives et sociales dans la commune de Mutambu avoue que les propriétaires des terrains où est pratiquée l’exploitation des terres rares sont indemnisés sur la prospection et l’exploitation de ces minerais.
Il fait savoir que la prospection tient compte des prix tel que fixés par l’Institut des Statistiques et Etudes Economiques du Burundi (ISTEEBU). Elle s’applique sur les champs et les arbres. L’exploitation se réfère, quant à elle, à la législation. L’argent obtenu par les propriétaires des terrains via l’indemnisation a été utilisé pour construire des maisons en tôles, faire du commerce, acheter d’autres propriétés…
Et de marteler : « Malgré cela, les propriétaires des terrains faisant objet de sites d’exploitation des terres rares se lamentent que les indemnisations ne sont pas octroyés à temps. Ils souhaitent qu’elles viennent à temps ».
Des doléances
Isaac Niyongabire, habitant la colline Gomvyi, commune Mutambu certifie pouvoir bénéficier de l’exploitation des terres rares qui se fait dans sa commune natale. Agé de 25 ans, marié et exerçant le métier de taxi-vélo, il témoigne qu’avant l’exploitation des terres rares, la route Kabezi-Mutambu, sur une vingtaine de kilomètres était en mauvais état. Il encaissait entre 1500 et 2000 FBu par jour.
« Actuellement, RMB essaie de réhabiliter cette route même si elle reste en terre battue. Je parviens à encaisser 3000 à 4000 FBu par jour », applaudit-il.
Abondant dans le même sens, Gérard Nshimirimana, habitant la colline Gomvyi et tenant une boutique à la même colline fait savoir que l’exploitation des terres rares est venue au moment opportun.
« Avant, la route était en très mauvais état. Je faisais 2 heures pour aller m’approvisionner en produits divers à Ruziba. Même si la route n’est pas macadamisée, RMB la réhabilite. Je ne fais qu’une heure pour faire le même le trajet », notifie le trentenaire, père de 5 enfants.
En même temps que le conseiller technique, les deux habitants de la commune de Mutambu convergent sur le fait que l’Etat et RMB devraient s’entendre ou signer des conventions. Cela afin de macadamiser la route Kabezi-Mutambu pour la rendre plus rentable.
M.Nsavyimana revient sur la promesse de construire une école technique minière. Gilbert Midende, Directeur Général de RMB ne nie pas cette promesse et rassure que tout ce qui est dans la convention se réalise au fur du temps.