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Les femmes à la conquête d’une meilleure considération

Prioriser les projets qui favorisent le développement socio-économique, promouvoir la cohabitation pacifique entre les différentes couches de la population, mettre en place une loi garantissant la succession des femmes. Voilà ce qui compte le plus pour les femmes. C’est aussi ce qu’elles attendent des nouvelles femmes élues après le verdict des urnes

Les femmes rencontrées ont des attentes différentes en fonction de leur âge, mais elles ont pour point commun de se sentir impuissantes face à l’intensité du présent. « Je me pose beaucoup de questions sur l’avenir, mais je ne vois aucune réponse ni solution valable », lâche Virginie Kankindi, vendeuse ambulante d’avocats. «Les risques d’emprisonnement et de retrait de nos marchandises par la police augmentent du jour au jour alors que nous essayons juste de gagner honnêtement notre vie.

Nous demandons aux nouvelles élues de penser aux autres femmes de bas niveau qui sont obligées de se débrouiller pour survivre. Qu’elles mettent tout en œuvre pour que nous puissions travailler en toute sécurité».

Un sentiment d’angoisse partagé avec les autres vendeuses. «Ces femmes ont été élues pour porter plus loin la voix du petit peuple, surtout des autres femmes.  Qu’elles nous aident à nous organiser en association par exemple pour avoir des endroits fixes où exercer notre métier», indique Angélique alias Njera.

« La loi sur la succession devrait être revue »

Quant à Chantal Bukuru, prestant à la fonction publique  demande la continuité des programmes de gratuité de soins de santé pour les femmes enceintes et les enfants de moins de 5 ans et la gratuité de l’enseignement primaire. « Que les élues du peuple fassent en sorte que cette mesure reste en vigueur, car elle a été très bénéfique pour la population ».

Pour Sandra Kaneza, jeune universitaire, la loi sur la succession des femmes devrait être revue. « Je demande que cette loi puisse être votée  au Burundi, car on nait tous égaux devant la loi ». Elle estime que les femmes doivent être plus  militantes que jamais quand il s’agit de défendre leurs intérêts. C’est à elles de montrer leurs compétences pour mériter leur place. Et d’indiquer que le pays attend de ces nouvelles élues, des projets prometteurs pour le bien de la population, et de faire en sorte qu’il y ait une cohabitation pacifique entre les différentes couches de la population. « Car, aujourd’hui, cette cohabitation laisse à désirer de par les différentes crises que le pays a traversées durant les dernières décennies ».

« Pour nous, c’est un nouveau départ et, partant, de nouveaux espoirs de porter les droits de la femme sur un autre niveau »

Inès Kidasharira, secrétaire générale de l’Association des femmes journalistes (AFJO)  indique qu’ en tant qu’activiste des droits de la femme, elle s’attend à ce que la place de la femme soit plus visible, que ses droits soient plus respectées et que la société burundaise soit plus prospère. « Pour nous, c’est un nouveau départ et, partant, de nouveaux espoirs de porter les droits de la femme sur un autre niveau ». Mme Kidasharira reconnait qu’en termes de représentation des femmes dans les institutions, il est clair qu’il y a une amélioration. « Nous attendons de voir ces chiffres en termes d’impact sur les conditions de la femme ». Les femmes étant en grande partie rurales, elles ont besoin d’accéder à la terre comme moyen d’atteindre une source de revenus. Je plaiderais pour une loi sur la succession claire et l’accès de la femme à la terre.

L’éducation des filles devrait être une priorité

En outre, cette activiste des droits de la femme plaide pour l’éducation des filles. « Car, l’accès à la terre en soi ne résoudrait les problèmes que dans un premier temps parce qu’il est clair que la surpopulation rend l’accès à la terre encore plus compliqué et la recherche d’autres moyens de survie plus qu’une nécessité! » Eduquer les jeunes filles permettrait de résoudre un tant soit peu les questions de surpopulation, entre autres en retardant l’âge d’avoir le enfant, en permettant aux jeunes filles de rêver à autre chose plutôt qu’au mariage et en leur permettant d’avoir accès à une meilleure éducation sexuelle. Cela permettrait aussi de résoudre les inégalités sociales parce que donner les mêmes chances aux filles et aux garçons reste le meilleur moyen d’atteindre une société plus juste.

Godelieve Manirakiza, représentante légale de l’Association des Femmes Rapatriées du Burundi (Afrabu), se dit très reconnaissante de la place accordée à la femme par les partis politiques sur les listes électorales. « La CENI a été très sensible au plaidoyer mené pour la prise en compte du genre lors des élections présidentielles, législatives et communales du 20 mai 2020 quand bien même la cooptation a permis d’arriver à la représentation des femmes à 37% ».

Selon elle, l’Afrabu reconnait que les femmes élues dans les mandats précédents ont beaucoup influencé l’amendement des lois en faveur des femmes. Pour la nouvelle équipe, l’Afrabu  souhaiterait que les nouvelles élues soient sensibles au genre et qu’elles contribuent à la mise en place des lois qui favorisent la participation de la femme dans les instances de prise de décision. « Donc que leurs préoccupations s’orientent aussi vers l’autonomisation de la femme.

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