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Fête du travail et des travailleurs : Entre reconnaissance des acquis et inquiétudes sur le pouvoir d’achat

Le Burundi s’est joint au reste du monde pour célébrer la Fête internationale du travail. Les autorités et les syndicats ont dressé un bilan contrasté de la situation des travailleurs. Si certaines avancées sont saluées, les défis liés au coût de la vie et aux conditions économiques restent au cœur des préoccupations.

Pour le chef de l’Etat, l’amélioration des conditions de vie passe avant tout par une augmentation de la production.

 

Vendredi le 1er mai 2026, le Burundi a célébré la Fête du travail et des travailleurs dans une ambiance à la fois festive et revendicative. Les cérémonies nationales se sont déroulées au stade Ingoma de Gitega, en présence de nombreuses autorités, dont le Président de la République, Evariste Ndayishimiye. Cette journée, traditionnellement consacrée à la reconnaissance du rôle des travailleurs dans le développement national, a été marquée par des discours appelant à la collaboration entre les différentes parties prenantes du monde du travail. Les représentants syndicaux, les employeurs ainsi que les responsables politiques ont tous insisté sur la nécessité de renforcer le dialogue social afin de répondre efficacement aux défis actuels.

Le président de la Confédération des Syndicats du Burundi (COSYBU), Célestin Nsavyimana, a salué certaines avancées, notamment la promulgation récente d’une loi relative aux pensions de retraite. Selon lui, cette mesure constitue une étape importante dans la protection sociale des travailleurs burundais. Toutefois, il a rappelé que plusieurs chantiers restent ouverts, notamment la révision des salaires et des primes ainsi que l’harmonisation des rémunérations dans certaines structures publiques.

Des travailleurs confrontés à une vie de plus en plus chère

Malgré ces avancées, les syndicats dressent un constat préoccupant : le pouvoir d’achat des travailleurs continue de se s’éroder. La COSYBU souligne que le coût de la vie ne cesse de devenir cher, rendant de plus en plus difficile. « La vie des travailleurs devient de plus en plus chère, au point que beaucoup ne parviennent plus à satisfaire leurs besoins essentiels : se nourrir, se loger, se soigner ou scolariser leurs enfants », se désole M. Nsavyimana

La pénurie de carburant, combinée à l’état dégradé de certaines routes, aggrave encore la situation. Le transport des personnes et des biens devient plus coûteux, entraînant une hausse généralisée des prix sur les marchés. Pourtant, les salaires, eux, restent globalement au même niveau. Cette situation a des répercussions directes sur la productivité. Selon M. Nsavyimana, de nombreux travailleurs se rendent au travail dans des conditions de stress et d’insécurité financière. Ce qui affecte leur rendement. Le président de la COSYBU a ainsi interpellé le chef de l’Etat sur l’urgence de trouver des solutions concrètes à ces problèmes structurels.

Le Président de République appelle à la responsabilité et à la production

Dans son discours, le chef d’Etat Evariste Ndayishimiye a adopté un ton à la fois pédagogique et réaliste. Il a exhorté les fonctionnaires à se mettre au service de la population et à adopter une attitude responsable dans l’exercice de leurs fonctions. Il reconnaissant aussi que le coût de la vie est élevé. Pour lui, l’essentiel est de produire davantage afin d’améliorer les conditions de vie. Le chef de l’Etat a insisté sur un principe fondamental : « Le développement du Burundi repose sur chaque citoyen : quand il travaille, il produit, gagne des revenus, paie des taxes, et ces ressources servent à construire les routes, les hôpitaux et à payer les fonctionnaires. »

Face aux revendications salariales, le président a appelé à une meilleure compréhension des réalités budgétaires de l’Etat. Il a rappelé l’existence des contraintes financières, notamment le déficit budgétaire, et a souligné que toute augmentation de salaire doit être soutenue par une production accrue de richesses. Reconnaissant néanmoins la faiblesse des rémunérations, il a encouragé les travailleurs à développer des activités complémentaires, notamment dans les secteurs de l’agriculture et de l’élevage. « Moi aussi, je suis fonctionnaire et je sais que le salaire est insuffisant. C’est pourquoi j’ai choisi de développer des activités agricoles et d’élevage pour subvenir à mes besoins », témoigne le Président de la République.

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