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FH Burundi : Le projet agroéconomie a métamorphosé les conditions de vie des bénéficiaires

L’ONG Food for the Hungry Burundi (FH Burundi) a initié un projet agroécologie dans certaines communes des provinces Kayanza et Ngozi. Ce projet a contribué beaucoup plus à l’augmentation de la production agricole dans le strict respect de l’environnement. Les bénéficiaires et les représentants de la population s’en réjouissent.  Ils demandent  à cette ONG d’étendre le champ d’action dans l’optique de combattre la pauvreté dans tout le pays

Depuis 2016, Food for the Hungry Burundi  a mis en place le projet  agroécologie dans les communes de Butaganzwa,Kayanza et Kabarore en provinces de Kayanza et commune Mwumba en province de Ngozi, indique Marc Ndayimirije, responsable dudit projet dans un colloque organisé par cette ONG du 31 juillet au 2 août 2019 au chef- lieu de la province Ngozi sous le thème «Echange et capitalisation agroécologique : les effets et les impacts agronomiques, socio-économiques et environnementaux dans les systèmes agroécologiques». Selon Ndayimirije, ce projet est venu comme une  stratégie incontournable  pour  booster la production agricole et  protéger l’environnement.

D’après les bénéficiaires, ce projet est venu comme une stratégie incontournable pour booster la production agricole et protéger l’environnement

Certaines pratiques agroécologiques ont été vulgarisées au sein des producteurs.  Ce sont entre autres  la fabrication des composts à chaud, des bios pesticides utilisées à la place des pesticides chimiques  lors de la lutte contre les chenilles légionnaires d’automne, autres insectes ravageurs et maladies des cultures, la multiplication et l’utilisation des semences sélectionnées,la technique du labour minimum sous couvert végétal dans le sens horizontal et  la technologie de Push-Pull. Parmi ces dernières, Ndayimirije fait savoir qu’il y a certaines pratiques qui existaient déjà. Elles ont  été vulgarisées par le ministère de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Elevage. Avec la pollution qui s’observe actuellement, il y a des effets des gaz à effet de serre qui émanent des pesticides chimiques. «Ici nous utilisons les bios pesticides. Ce sont les plantes que nous sommes habitués à consommer : le piment, le Tuthonia diversifolia, le neem tree… etc. Ces plantes traitent les autres plantes. Elles n’ont pas d’effets secondaires sur la santé humaine et conservent la biodiversité ; d’où l’idée de l’agroécologie»,informe Ndayimirije. Plus de 8815 composts à chaud ont été fabriqués et utilisés. De plus, plus de 9300 litres de bios pesticides ont été fabriqués et utilisés.

Qu’en est- il des effets de ce projet ?

Les effets positifs de ce projet se sont fait sentir dans les ménages. Selon Ndayimirije, le rendement a été bon  depuis que FH Burundi opère dans ces communes via le projet agroécologie. A titre d’exemple, il indique que le rendement du maïs est passé de 2,1 tonnes à 3,2 tonnes par hectare. Celui du haricot est passé de 1,5 tonne à 3 tonnes par an.Les conditions de vie se sont améliorées. Auparavant, certains ménages mangeaient une fois par jour. Actuellement, les bénéficiaires de ce projet mangent au minimum 2 fois par jour.

Adelaïde Ntegamaherezo est l’une des bénéficiaires de ce projet.  Elle habite la commune Kabarore. Cet agriculteur modèle fait savoir qu’elle travaille avec ce projet depuis 2016. Grâce aux techniques agroécologiques  apprises, elle a augmenté le rendement. Sur 20 ares,  Ntegamaherezo affirme que le rendement du haricot est passé de 350 kg à 650 kg. Sur cette même superficie, le rendement des maïs est passé de 380 kg à 680 kg. Ntegamaherezo informe qu’elle a déjà 1450 kg de semences produites de haricot dans le hangar de stockage situé au chef- lieu de sa commune natale Kabarore.

Les conditions de vie améliorées

D’autres agriculteurs qui ont eu ce privilège de bénéficier de l’appui de l’ONG FH Burundi abondent dans le même sens. Emmanuel Habarugira, moniteur agricole, indique qu’auparavant il enregistrait un rendement de 15 kg de haricot  sur une superficie d’un are. Aujourd’hui, il  enregistre un rendement oscillant entre 20 kg et 30 kg sur cette même superficie. «Récemment, j’ai cultivé des haricots sur 10 ares. J’ai récolté 280 kg.  C’est grâce au soutien de l’ONG FH Burundi que j’ai atteint ce rendement», précise-t-il.

Spéciose Nanyonga fait remarquer que les chenilles légionnaires ont eu un impact négatif sur la récolte du maïs. Selon elle, la technologie  de Push-Pull a contribué à la maîtrise de cet insecte ravageur. N’eût été FH Burundi qui a initié cette nouvelle technologie, cet insecte allait continuer à ravager les champs de maïs.  Actuellement, la production de maïs  augmente sensiblement, martèle-t-elle. De surcroît, elle a dans son stock plus d’une tonne de haricots. Et de remercier FH Burundi pour ses appuis incommensurables dans l’optique de combattre la pauvreté dans les ménages. Tous ces agriculteurs affirment qu’ils ont amélioré leurs conditions de vie.

Gilbert Nduwayo, chercheur à l’Institut des Sciences Agronomiques du Burundi (ISABU) :«Le fait que FH Burundi ait mis en place des techniques agro-écologiques qui protègent l’environnement et qui augmentent en même temps la production agricole est une initiative à saluer»

Les administratifs ravis

Vianney Ndikumana, conseiller principal du gouverneur de la province Kayanza est ravi de la contribution de FH Burundi à l’augmentation de la production agricole dans le strict respect de l’environnement.

Nduwayo Gilbert éprouve un sentiment de satisfaction

Gilbert Nduwayo, chercheur à l’Institut des Sciences Agronomiques du Burundi (ISABU) à Kayanza ne cache pas son sentiment de satisfaction. Selon lui, le fait que FH Burundi ait mis en place des principes/pratiques agro-écologiques qui protègent l’environnement et qui augmentent en même temps la production agricole est une initiative à saluer. Il est ravi du fait que la population adhère à sa mise en application  avec toute son énergie. Intégrer l’agroforesterie dans l’agriculture est une bonne chose, précise Nduwayo. Ce système contribue beaucoup à la gestion de l’eau et du sol.  Selon toujours Nduwayo, le système de paillage horizontal  mis en place par FH Burundi rend fertile le sol. Il le protège contre les rayons solaires et l’érosion. Il permet aux eaux de pluie de s’infiltrer.  Le niveau de la nappe phréatique monte et les plantes qui en ont besoin en profitent.

Il invite FH Burundi à sensibiliser la population afin qu’elle pratique aussi le système de paillage vertical. Nduwayo explique que ce système consiste à pratiquer l’association des cultures. Les feuilles sèches qui tombent dans les champs deviennent des paillis. Quant à la technique de Push-Pull et la fabrication des bios pesticides, Nduwayo  en est ravi. Seulement, il souhaite qu’il y ait des études appropriées faites par des experts dans ce domaine  pour s’assurer réellement qu’elles sont efficaces.  Une fois prouvée que cela est efficace, il souhaite que les bios pesticides soient  homologués et fabriqués à une grande échelle.  Ce chercheur apprécie la technique de production de la fumure organique via les techniques de  compostage  à chaud. Il demande à l’ONG FH Burundi de vulgariser cette technique dont la contribution à l’augmentation de la production agricole est une réalité.

Les réalisations de l’ONG FH Burundi

Dans la commune Butaganzwa, Jean Nibayubahe, coordinateur de FH Burundi  fait savoir que 12 salles de classe et 2 blocs sanitaires des écoles fondamentales Mupfumya et Shembati ont été construits. 2 salles de classe et 3 réservoirs d’eau ont été construits  aux écoles fondamentales Rutare et Kirwandi. Les dortoirs du lycée Musema ont été réhabilités. Cette ONG a offert à ce lycée 72 lits et 144 matelas.  On a aussi réaliséadduction d’eau potable sur un linéaire de 12 km de Banga à Mupfumya.

Jean Nibayubahe, coordinateur de FH Burundi : «Les réalisations de l’ONG FH Burundi sont satisfaisantes»

Dans la commune Kabarore, zone Jene, 18 salles de classe, 2 blocs sanitaires et 2 blocs administratifs ont été construits. 830 bancs-pupitres ont été accordés aux écoles fondamentales Mutana et Ngoma. Et d’ajouter que  des réservoirs d’eau potable y ont été construits. Dans le cadre de la promotion de l’agriculture et de l’élevage, 535 caprins,368 porcins et 10 bovins ont été offerts à la population de cette commune. FH Burundi a aussi contribué à l’amélioration des cultures de maïs, de haricot, de soja et de patate douce. On a aussi multiplié les arbres agroforestiers. 145 groupes de microcrédits ont été formés.  Durant les trois années, ils ont collecté un montant de 98 992 950 FBu.  Nibayubahe note qu’une somme de 84 444 525 FBu a été offerte à ceux qui en ont besoin pour initier des activités génératrices de revenus.

Dans la commune Mwumba, 6 salles de classe ont été construites dans la zone Mwumba. De surcroît, Plus de 7000 cahiers et 2000 stylos ont été distribués aux enfants les plus démunis. 303 livres de l’enseignant et de l’élève ont été aussi offerts aux écoles fondamentales Mwumba 1 et 2 et Gihama. 180 bancs-pupitres ont été offerts à l’ECOFO Gihama. 5 réservoirs d’eau potable ont été construits, dont 3 à Gihama et 2 à Saramasaka. FH Burundi a aussi réalisé une adduction d’eau potable sur un linéaire de 12 km,dont 4 km à Gakenke,5 km à Bugorora et 3 km à Gihama. FH Burundi  a appuyé 8 coopératives de caféiculteurs.  La liste des réalisations est longue. Cette ONG en collaboration avec l’ISABU a multiplié et planté plus de 600 000 plants de caféiers pour remplacer les vieux caféiers.

Jean Ndimubandi, professeur à l’Université du Burundi dans la Faculté de Bio Ingénierie (FABI)  signale que l’agroécologie est un carrefour entre l’agronomie et l’écologie (science qui étudie les êtres vivants dans leur milieu et les interactions entre eux).Au moment où les bénéficiaires du projet affirment que le rendement est bon, Ndimubandi invite les autres agriculteurs à pratiquer l’agroécologie pour passer de l’agriculture de subsistance à l’agriculture de marché.

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