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FIDA au Burundi : Sa contribution au développement du pays est remarquable

La contribution du Fonds International de Développement Agricole (FIDA) au développement du Burundi est palpable. Cela a été dit lors de l’atelier de restitution des orientations clés à la revue à mi-parcours du Programme d’Options Stratégiques Pays (COSOP) 2022₋ 2027  

Emmanuel Niyungeko, secrétaire permanent au ministère en charge de l’agricultureꓽ « Je me réjouis de la contribution du FIDA au développement du Burundi ».

 

En collaboration avec le Ministère de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Elevage (MINEAGRIE), le Fonds International de Développement Agricole (FIDA) a organisé, le jeudi 13 novembre 2025, un atelier de restitution des orientations clés à la revue à mi-parcours du Programme d’Options Stratégiques Pays (COSOP) 2022₋ 2027.

Selon Dagmawi Habte Selassie, Directeur Pays du FIDA au Burundi, cette revue conduite de manière participative avec l’ensemble des partenaires techniques et financiers du secteur agricole vise à faire le point sur les progrès accomplis dans la mise en œuvre des projets et programme du portefeuille FIDA. Elle vise aussi à identifier les principaux défis rencontrés et préciser les orientations stratégiques pour la seconde phase du COSOP.

Il définit le cadre de coopération entre le gouvernement du Burundi et le FIDA pour le cycle 2022₋ 2027.

Quatre projets phares du COSOP en cours

Le FIDA fait remarquer que le COSOP en cours comprend quatre projets qui sont entre autres le Programme National pour la Sécurité Alimentaire et le Développement Rural de l’Imbo et du Moso (PNSADR₋ IM) ayant clôturé, et qui était financé à hauteur de plus de 57 millions USD et le Projet d’Appui à l’Inclusion Financière Agricole et Rurale au Burundi (PAIFAR₋ B) financé à hauteur de plus de 68 millions USD.

Et d’ajouter le Projet d’Intensification de la Production Agricole et de Reduction de la Vulnérabilité au Burundi (PIPARV₋B) financé à hauteur de plus de 82 millions USD tous initiés sous le COSOP 2016₋ 2021 et le Programme de Développement de l’Entrepreneuriat Rural (PRODER) financé à hauteur de 89 millions USD qui a démarré en 2022 pour prendre fin en 2029.

Selon lui, ce moment est bien plus qu’une évaluation. C’est une occasion de renouveler l’engagement collectif du FIDA et de tracer ensemble la voie vers un avenir meilleur pour les communautés rurales.

« Depuis le lancement du COSOP, nous avons uni nos efforts pour améliorer les conditions de vie, promouvoir l’inclusion des jeunes et des femmes et renforcer la résilience face aux changements climatiques », précise M. Dagmawi.

Quid des résultats de l’Objectif Stratégique

Le COSOP 2022₋ 2027 s’appuie sur trois Objectifs Stratégiques. Les résultats de l’Objectif Stratégique numéro 1 centré sur la productivité, la durabilité et la résilience climatique montrent qu’il y a eu une hausse significative du rendement agricole. Les cultures ciblées ont enregistré des rendements supérieurs aux prévisions.

Pour la culture du riz, on a enregistré 3,72 tonnes par hectare contre 1,82 tonnes par hectare prévues. Pour le maïs hybride, le rendement a atteint 227%. Et d’ajouter 158% pour le haricot volubile et 131% pour le haricot nain.

Pourtant, la situation n’a pas été la même pour les cultures de pomme de terre et de banane. Le rendement a été faible suite aux maladies et à l’absence d’une stratégie de la production durable des semences et des plants améliorés.

Concernant l’aménagement des marais, seulement 1.174 ha ont été aménagés sur 3.000 marais prévus. Concernant la formation des producteurs agricoles, seulement 16 % ont été formés. Et d’ajouter un taux de 84% réalisés pour la création d’emplois temporaires.

Quid des résultats de l’Objectif Stratégique ?

Les résultats de l’Objectif Stratégique numéro 2 montrent qu’il y a eu des avancées majeures dans l’inclusion financière. On constate des résultats positifs sur plusieurs indicateurs.

4.222 groupes de caution solidaires sur 2.100 prévus ont été créés. Plus de 89.000 personnes sur 120.000 prévues ont été soutenues à travers les services financiers. Ils indiquent que ces chiffres traduisent un fort dynamisme du secteur financier rural avec un meilleur accès de petits producteurs aux services d’épargne et de crédit.

Malgré ces performances, il a été enregistré une faible mise en place des infrastructures économiques.  3 infrastructures de stockage sur 6 prévues, soit 50% ont été construites.  8 unités de transformation sur 20 prévues, soit 40% ont été construites.  66 km des pistes rurales sur 250 km prévues, soit 26% ont été construites.

La même faible performance s’est observée dans le secteur de l’entrepreneuriat rural et la création de l’emploi. Sur 7.840 micros, petites et moyennes entreprises prévues, seulement 444 MPMEs, soit 6% ont été créées.  Et de renchérir qu’aucun emploi permanent n’a encore été créé.

Quid des résultats de l’Objectif Stratégique ?

Concernant les résultats de l’Objectif Stratégique numéro 3 centré sur la gouvernance, la coordination et les capacités institutionnelles, il y a eu appui à la coordination des interventions rurales avec un leadership renforcé du gouvernement.

Il y a eu aussi la contribution à la mise en œuvre de la stratégie nationale d’inclusion financière et une cellule d’appui et de suivi évaluation intégrée à travers le logiciel RUCHE qui harmonise le rapport de tous les projets du portefeuille financé par le FIDA.  528 cadres des ministères en charge des finances, de l’agriculture et de l’élevage ont été formés.

Comme défis, on a constaté une faible performance dans la création des centres agropastoraux, car seulement 6% ont été créés. On constate également le besoin de pérenniser la coordination et d’institutionaliser davantage les outils déjà mis en place.

Les participants lors de la journée nationale de restitution de la revue à mi-parcours du COSOP 2022₋ 2027 du FIDA au Burundi.

 

Le renforcement des capacités des membres des coopératives recommandée

Annick Sezibera qui représente la CAPAD se réjouit de la contribution du FIDA au développement du Burundi. Elle demande à cette institution de continuer dans ce sens pour permettre au gouvernement du pays d’atteindre à la vision du Burundi émergent en 2040 et du Burundi développé en 2060.

Miser au renforcement des capacités des membres des coopératives des jeunes et des femmes pour leur permettre de se développer est une bonne stratégie, souligne-t-elle.  De plus, la pérennisation des acquis des projets financés par le FIDA s’avère une impérieuse nécessité. Mme Sezibera demande alors aux administratifs de s’y impliquer activement pour gagner le pari.

Marie Louise Kamikazi, directeur exécutif du Réseau des Institutions de microfinances (RIM) n’y va pas par quatre chemins. Elle fait savoir que la contribution des projets du FIDA au développement des coopératives des femmes et des jeunes est une réalité. Ils ont boosté leur niveau d’inclusion financière. Elle demande aux administratifs de redoubler d’efforts dans la gestion des crédits accordés à la communauté de leur ressort. Selon Kamikazi, cela permettra aux institutions de microfinance d’accorder davantage des crédits aux coopératives des femmes et des jeunes pour développer diverses activités économiques.

Le gouvernement ravi

Emmanuel Niyungeko, secrétaire permanent au ministère en charge de l’agriculture se réjouit de la contribution du FIDA au développement du Burundi. Il a précisé que depuis l’année 1979₋1980, le FIDA a déjà financé 14 projets de développement agricole au Burundi pour un montant de plus de 704 millions USD.  Il souligne que ces interventions classent le FIDA parmi les principaux partenaires au développement qui interviennent dans le secteur agricole.

Et d’ajouter que le FIDA a déjà mis en œuvre quatre programmes d’options stratégiques (COSOP) en 2003, en 2009, en 2016 et en 2022. Il promet de contribuer à la réussite des projets financés par le FIDA et demande à tous les administratifs de s’impliquer dans la bonne gestion des acquis des projets financés par le FIDA. Il a souligné que toutes les infrastructures économiques érigées sous le financement du FIDA appartiennent à l’Etat. Pour cela, elles doivent être bien gérées et fonctionnelles, martèle-t-il.

Notons que les actions du FIDA contribuent directement aux Objectifs de Développement Durable notamment ODD 1 (Éradication de la pauvreté), ODD 2 (Faim zéro), ODD 5 (Égalité entre les sexes) et ODD 13 (Action climatique).

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