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FIDA – PAIVA-B : Les bovins diffusés à Musigati

114 veaux ont été diffusés dans la chaine de solidarité communautaire par le Projet d’Appui à l’Intensification et à la Valorisation Agricoles du Burundi (PAIVA-B) dans la commune Musigati en province de Bubanza, vendredi le 17 mai 2019. Les premiers bénéficiaires apprécient le rendement économique auquel ils ont atteint grâce à la production laitière de ces bovins. Les bénéficiaires de la seconde génération sont invités à en prendre soin pour atteindre un rendement supérieur

Jean Minani, bénéficiaire habitant la colline Nyarusange :« J’avais un problème de fumier. Je semais 15 kg de haricots pour ne produire que 20 kg ou 12 kg suite au manque de fumier »

Jean Minani est l’un des bénéficiaires de veau transféré dans la chaine de solidarité ce jour-là. Il habite la colline Nyarusange. Il se réjouit d’avoir bénéficié d’un bovin de race amélioré de la part du PAIVA-B. « J’avais un problème de fumier. Je semais 15 kg de haricots pour ne produire que 20 kg ou 12 kg suite au manque de fumier ». Il espère qu’avec la saison culturale A, il aura assez de fumier pour fertiliser ses champs. Salvator Ndorere de la même localité aborde dans le même sens. Il n’avait jamais élevé une vache. Il est confiant que ses champs vont prospérer et par conséquent améliorer les conditions de vie familiales. Il atteste qu’il a constaté une différence entre ses champs et ceux de ses voisins, premiers bénéficiaires du projet.

La valeur économique du projet appréciée 

Ezéchiel Ndereyimana, un agri-éleveur de la colline Nyarusange payait 150.000 FBu par saison culturale pour s’approvisionner en fumure organique. Avec un bovin qu’il a eu lors de la première diffusion, la production s’est améliorée. Avec 1,5kg de semences de haricots, il ne récoltait en moyenne que 5kg. Aujourd’hui, avec la même quantité de semences, il récolte 50 kg de haricots. « J’ai vendu une partie de ma production pour 1 million de FBu. J’ai affecté 700.000 FBu à l’achat d’une parcelle, 150.000 FBu à la scolarisation de mes enfants et le reste m’a servi pour satisfaire d’autres besoins ménagers », se réjouit-il. Il affirme qu’actuellement et à chaque trimestre, il exploite une compostière d’une valeur de 60.000 FBu. Il compte s’acheter une parcelle dans un centre urbain pour y ériger une maison en dure. Il remercie le PAIVA-B de l’avoir tiré de la misère et il se dit prêt à transmettre le savoir qu’il a acquis sur les bonnes pratiques agricoles et les techniques d’élevage moderne à ses paires s’il advenait que le projet ferme les robinets.

Tabougène Nyandwi, une veuve de la colline Mpishi était venue rembourser un veau acquis par le biais de la chaine de solidarité communautaire. Elle affirme qu’avant la distribution des bovins par le PAIVA-B, avec 20 kg de semences de haricots, elle n’atteignait pas une récolte de 40 kg. Pour le moment, avec 10 kg de semences de haricots, elle produit 50 kg. Le fumier issu de son étable est épandu dans les champs de patates douces et de maïs. Selon elle, la production de maïs était presque nulle avant la diffusion des bovins. « Aujourd’hui, avec 1 kg de semence de maïs, je récolte entre 50 et 100 kg de grains », informe-t-elle. Elle vend une partie de la compostière pour satisfaire les besoins divers de sa famille. Il en est de même pour le lait. Ce qui améliore les conditions de vie de son ménage.

Annonciate Nshimirimana, de la colline Nyarusange venait de rembourser un veau dans le cadre de la chaine de solidarité communautaire. Elle vend actuellement un régime de banane dont le prix varie entre 5.000 et 10.000 FBu alors qu’avant, le plus gros des régimes de bananes récoltés ne dépassait pas les 3000 FBu

Pour Annonciate Nshimirimana de la même colline, c’est pour la première fois qu’elle élève une vache et que cela lui procure assez de fumier pour fertiliser ses champs.  « Auparavant, je semais 10 kg de haricots pour produire la même quantité voire moins (5 kg). Actuellement, je sème 4 kg de haricots et je récolte 50 kg. Pour 2 kg de semences de maïs, je récolte 100 kg », se félicite-t-elle. Le rendement de sa bananeraie a augmenté. Elle a indiqué qu’elle récolte un régime de banane dont le prix varie entre 5.000 et 10.000 FBu. Pourtant, avant qu’elle ne reçoive un bovin, le plus gros des régimes récoltés ne dépassait pas le seuil des 3.000 FBu. Elle produit le vin de banane 2 fois le mois avec une capacité moyenne de 5 bidons de 20 litres chacun. Avant elle ne tirait que 2 bidons de vin par mois. Sa vache produit 4 litres de lait par jour. Elle s’est achetée une chèvre. Elle explique qu’elle ne pouvait pas l’acheter n’eût été la   diffusion, par le PAIVA-B, des vaches sur sa colline. 

Les ménages et l’administration apprécient les actions du projet 

Damien Mpawenimana de la colline Kanazi, commune Musigati indique qu’avant le PAIVA-B, il élevait un taureau de race locale. Selon lui, le rendement en fumier était insignifiant par rapport à celui des vaches distribuées par le PAIVA-B. Avant, avec 10 kg de semences de haricots, il produisait 30 kg. Actuellement, 5 kg de semences de haricots rapporte en moyenne 50 kg. Il produit un régime de banane d’une valeur de 20.000 FBu alors qu’avant le plus gros des régimes récoltés ne dépassait pas les 3000 FBu. L’autre profit qu’il a tiré de cette vache est qu’il a construit une belle maison de 6m sur 7 m qu’il a couverte de tôles et qu’il a mis une plaque solaire pour l’éclairage. La distribution des bovins dans la commune Musigati a aussi amélioré les recettes communales. Ce que Jean Bosco Nduwimana, administrateur de cette commune, apprécie fortement. Selon lui, si la production augmente, les produits deviennent abondants au marché et les taxes suivent la même courbe.

Gilbert Tsemberako, responsable élevage au PAIVA-B : « Les bénéficiaires des bovins sont dans la troisième catégorie caractérisée par les gens qui ont des terres d’une superficie variant entre 0.5 et 1ha, mais qui n’ont pas de vache »

La distribution suit une chaine de développement communautaire

Le PAIVA-B a déjà diffusé environ 5155 bovins, dans tout le pays. Gilbert Tsemberako, responsable du volet élevage au PAIVA-B a indiqué que la province de Bubanza a bénéficié à lui seule de 570 bovins dont 376 dans la seule commune de Musigati. Il explique qu’il est prévu que chaque bénéficiaire de bovins rembourse un veau dans le cadre de la chaine de solidarité communautaire pour que les bovins puissent parvenir à un nombre beaucoup plus élevé de la population. Ainsi, dans cette optique, 114 veaux ont été distribués le vendredi 17 mai 2019. 

Critères de sélection

« Le FIDA vient en aide aux plus vulnérables. La population bénéficiaire est regroupée dans cinq catégories. Les bénéficiaires des bovins sont dans la troisième catégorie caractérisée par les gens qui ont des terres d’une superficie variant entre 0.5 et 1ha, mais qui n’ont pas de vaches », clarifie M.Tsemberako. Il a précisé que ceux qui venaient de recevoir les veaux avaient d’abord reçu 6 sacs de ciment chacun pour aménager une étable. Ils vont par la suite bénéficier d’une formation sur les techniques d’élevage. Il a souligné que comme le projet va bientôt prendre fin, l’encadrement sera poursuivi à travers les bureaux provinciaux de l’environnement, de l’agriculture et de l’élevage. 

Herménégilde Rufyikiri, coordonnateur du PAIVA-B : «Un bénéficiaire qui ne prend pas soin du bovin s’expose à un retrait au profit d’un autre bénéficiaire»

Parmi les veaux distribués, la majorité était constituée de taurillons. Herménégilde Rufyikiri, coordonnateur du PAIVA-B, a invité ceux qui ont eu des taurillons via la chaine de solidarité communautaire à bien les entretenir puisque prochainement ils vont avoir des génisses. Selon lui, ces taurillons seront des géniteurs ou seront vendus pour les remplacer avec des génisses à distribuer à la population. «Un bénéficiaire qui ne prend pas soin du bovin s’expose à un retrait au profit d’un autre bénéficiaire» a-t-il précisé. Il a demandé à la population de la commune Musigati de continuer à planter le fourrage pour se préparer à la distribution prochaine.

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