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Fistule obstétricale: Si j’avais su…

Si la maternité est souvent une expérience heureuse, elle est pour beaucoup de femmes, synonyme de souffrance à cause de la fistule obstétricale. Cette complication est liée à l’accouchement difficile et prolongé. Les victimes regrettent n’avoir pas su la souffrance qu’elles allaient endurer à cause de cette maladie.

 

Le 23 mai de chaque année, le monde entier célèbre la Journée Mondiale de l’Elimination de la Fistule Obstétricale. Au Burundi, cette journée a été célébrée le 19 mai à Gitega au Centre Urumuri chargé de traiter les fistules obstétricales.

 

Les grossesses précoces ou rapprochées : un danger

 

« Je me suis mariée à 17 ans et je suis tombée enceinte. L’heure d’accoucher est venue. On m’a transportée dans un centre de santé de ma localité et la grossesse s’est compliquée. On ne pouvait rien faire pour moi. C’est ainsi qu’on m’a transférée à l’hôpital de Kirundo. On m’a vite amenée au bloc opératoire pour une césarienne. Malheureusement, c’était trop tard pour sauver la vie de mon bébé. Après quelques jours je suis rentrée à la maison. C’est ainsi que j’ai commencé à avoir une perte continue d’urines .Je ne pouvais pas me contrôler et les habits étaient tout le temps mouillés et dégageaient une odeur désagréable. J’avais honte. Je ne savais pas quoi faire. Mon mari a commencé à me gronder et il m’a quitté. C’est ainsi que j’ai rencontré un agent communautaire de santé qui m’a parlé de cette maladie et qui m’a informé qu’il existe un centre Urumuri où on traite cette maladie à Gitega et que cette dernière est traitable et curable. Arrivée là on a vite pris soin de moi et maintenant je me suis bien rétablie. Le médecin m’a dit que tout cela m’est arrivé à cause de cette grossesse précoce. Je voudrais vraiment inviter les autres jeunes filles à ne pas tomber dans la même erreur que moi », témoigne Evelyne Ndayishimiye.

 

Gaudence Misago, elle, a eu 9 grossesses rapprochées et trois seulement de ses enfants sont encore en vie. « C’est la 9ème grossesse qui a tout déclenché. J’ai eu des contractions et je voulais accoucher à la maison, mais ça n’a pas marché. Les femmes qui étaient avec moi ont tout essayé, mais en vain. Arrivée à l’hôpital, l’accouchement a duré longtemps, j’ai beaucoup souffert et l’enfant n’a pas survécu. Arrivée à la maison, j’ai eu un écoulement d’urines et de selles incontrôlable.

Heureusement pour moi j’ai eu de la chance. On m’a amenée au centre Urumuri de Gitega où je viens de passer trois mois. On m’a opérée et on m’a traitée et je me sens en pleine forme. Vraiment je remercie les agents du centre Urumuri qui se donnent corps et âme pour prendre soin de nous », renchérit Misago.

 

Faire des efforts dans l’éradication de la fistule

 

Selon Denise Nkurunziza, première dame du pays qui a rehaussée de sa présence les cérémonies marquant la célébration de la Journée Mondiale de l’élimination de la fistule obstétricale, les fistules sont un problème de santé publique. Elle souligne que même les soins nécessitent des spécialistes. C’est pour cette raison que le ministère de la Santé Publique et de la Lutte contre le Sida, en collaboration avec l’UNFPA ont organisé une campagne de réparation des fistules obstétricales, du 16 mai au 10 juin, au centre Urumuri. Pour Elle, même si le gouvernement fait des efforts, l’éradication de la fistule obstétricale nécessite des moyens conséquents et une sensibilisation communautaire sur les méfaits des mariages précoces et de l’accouchement à domicile. Elle n’a pas manqué de rendre un hommage mérité aux prestataires du centre Urumuri qui ne ménagent aucun effort pour soutenir les femmes souffrant de fistules obstétricale.

 

Quant à Suzane Mandong, représentante de l’UNFPA au Burundi, elle indique que le thème retenu cette année pour la Journée Mondiale de l’Elimination de la Fistule Obstétricale, est « Eliminer les fistules en l’espace d’une génération ».Pour elle, cela constitue un appel à transformer le monde. « De même que nous parlons d’éliminer la polio, le VIH/Sida, …, de même nous devons nous engager à accentuer nos efforts pour éliminer les fistules obstétricales, une fois pour toutes », renchérit-elle.

 

Signalons que deux médecins spécialisés dans la réparation des fistules sont actuellement au centre Urumuri pour appuyer l’équipe nationale dans la campagne de réparation de fistules. Plus 80 cas vont être traités au cours de cette campagne.

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