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FMI ꓽ « La stabilisation macroéconomique est possible au Burundi »

Le FMI indique que les autorités burundaises ont pris des mesures politiques importantes pour stabiliser l’économie et réduire les déséquilibres conformément à la stratégie macroéconomique adoptée l’an dernier et à leur programme de réformes nationales. La croissance s’est accélérée en 2025 et l’inflation a fortement diminué. Pourtant, il indique que d’importants déséquilibres extérieurs rendent l’économie burundaise vulnérable à une détérioration de la conjoncture internationale. Il demande de poursuivre les efforts de stabilisation en cours et de mener les réformes de manière progressive et réfléchie. Il précise que la stabilisation macroéconomique est possible à condition que les autorités maintiennent leur engagement en matière de discipline budgétaire, resserrent leur politique monétaire et progressent vers une réforme du taux de change selon une approche crédible, ordonnée et bien séquencée.

Edouard Normand Bigendako, Gouverneur de la BRB ꓽ « La BRB réaffirme sa détermination à poursuivre une politique monétaire prudente et cohérente afin de préserver la stabilité des prix et de soutenir l’activité économique ».

 

Une équipe du Fonds Monétaire International (FMI) s’est rendue au Burundi du 27 avril au 8 mai 2026 afin de rencontrer les autorités économiques et d’autres interlocuteurs des secteurs public et privé dans le cadre des consultations prévues à l’article IV de la Convention de 2026.

Les discussions ont porté sur l’évolution récente de la situation, les perspectives économiques et les risques, ainsi que sur les politiques et les réformes nécessaires pour assurer la stabilisation macroéconomique, favoriser une croissance robuste et la création d’emplois, préserver la viabilité de la dette, renforcer la stabilité financière et réduire la pauvreté.

Le FMI fait savoir qu’en 2025, la situation économique s’est améliorée grâce aux efforts de stabilisation macroeconomique des autorités, à une meilleure discipline budgétaire et à une forte amélioration des termes de l’échange. La croissance du PIB réel est estimée à 4,2 % et est portée par la vigueur des exportations. La hausse des cours internationaux de l’or et du café ainsi que l’augmentation des volumes pour l’or qui est passé d’environ 400 kg en 2024 à 1,2 tonne en 2025 ont entraîné une nette progression des recettes d’exportation et des entrées de devises. En conséquence, les tensions sur le marché des changes se sont atténuées et la prime de change parallèle a diminué même si elle demeure élevée à 100 % fin avril 2026.

Les résultats budgétaires se sont améliorés en 2025/26 par rapport à l’exercice précédent, malgré des déficits de recettes. L’ajustement budgétaire demeure un pilier central de la stratégie de stabilisation macroéconomique des autorités. Le déficit budgétaire global devrait se réduire sensiblement pour atteindre 3,4 % du PIB en 2025/26 contre 5,5 % en 2024/25. Ce qui témoigne les efforts de consolidation budgétaire des autorités.

Des efforts sont encore à fournir

Toutefois, le FMI fait remarquer que des efforts supplémentaires seront nécessaires pour atteindre l’objectif de déficit à moyen terme. Les recettes enregistrées jusqu’en mars 2026 étaient inférieures aux prévisions, notamment les recettes non fiscales, en raison d’une sous-estimation des recettes locatives et des ventes de biens et services. Les services de l’Etat prévoient que les autorités continueront à privilégier les dépenses et à améliorer l’efficience des dépenses pour remédier aux insuffisances des recettes tout en préservant les services essentiels, les dépenses sociales ciblées et les investissements publics de qualité.

Il y a un risque élevé de surendettement

La dette publique estimée par les services de l’Etat à 42 % du PIB à fin 2025 est considérée comme soutenable, mais avec un risque élevé de surendettement.  Ce qui souligne l’importance de la poursuite de la consolidation budgétaire, de politiques d’emprunt prudentes et du recours à des financements concessionnels.

L’inflation a considérablement diminué et se rapproche désormais de l’objectif de 8 % fixé par la Banque centrale. L’inflation annuelle est passée d’environ 45,5 % en avril 2025 à 10,8 % en mars 2026. Cette baisse s’explique principalement par une meilleure discipline budgétaire, qui a permis de limiter le recours au financement du déficit par la Banque centrale ainsi que par une meilleure coordination entre les politiques budgétaire et monétaire.

Les perspectives économiques du Burundi sont positives à condition que la dynamique actuelle des réformes se maintienne et que la conjoncture extérieure se normalise. La croissance du PIB réel devrait s’établir à environ 3,9 % en 2026 et se renforcer progressivement à moyen terme pour atteindre entre 4 et 4,5 % grâce à une meilleure stabilité macroéconomique, un assouplissement des contraintes de change et des réformes visant à stimuler la croissance dans les principaux secteurs d’exportation et de production.

L’inflation devrait légèrement augmenter au second semestre pour atteindre une moyenne de 14,5 % en 2026 et converger vers une fourchette de 10 à 12 % supérieure à l’objectif de la Banque centrale à moyen terme sous réserve du maintien d’une politique monétaire rigoureuse.

Les réserves de change devraient augmenter progressivement pour atteindre environ 500 millions de dollars américains, soit 2,8 mois d’importations à moyen terme.

Les services du gouvernement félicitent les autorités pour l’ambitieux ajustement budgétaire en cours et l’adoption d’un cadre budgétaire à moyen terme, qui constitue la pierre angulaire de la stratégie de stabilisation macroéconomique. Le gouvernement n’a pas eu recours aux avances de la Banque centrale pour financer le déficit depuis le début de l’exercice, contribuant ainsi à la réduction des pressions inflationnistes et à la stabilité de l’environnement économique.

Le renforcement de la mobilisation des recettes intérieures recommandé

Pour l’avenir, les services de l’Etat recommandent de renforcer la mobilisation des recettes intérieures afin de dégager des marges de manœuvre pour des dépenses sociales et de développement prioritaire tout en poursuivant la réduction de la dette publique.

Concernant la politique fiscale, les services recommandent d’examiner attentivement et de mieux cibler les exonérations fiscales qui ont coûté à l’Etat entre 1,5 et 3 % du PIB chaque année ces dernières années et d’élargir l’assiette fiscale. La réduction des seuils d’enregistrement à la TVA, la révision et la suppression des exonérations de TVA inutiles et la réduction du nombre de produits taxés au taux réduit permettraient de générer des recettes supplémentaires, de contribuer à la formalisation de l’activité économique et d’améliorer l’efficacité du système fiscal.

La suppression progressive du double taux de change encouragée

La suppression progressive du double taux de change actuel contribuerait à réduire les distorsions, à soutenir la compétitivité, à renforcer les entrées de devises et à améliorer la transmission du soutien extérieur à l’économie.

La réforme du taux de change apporterait des avantages macroéconomiques et structurels, atténuerait les pénuries de carburant, stimulerait les exportations et les investissements directs étrangers et augmenterait la valeur de l’aide extérieure.

Un resserrement de la politique monétaire est nécessaire pour consolider les récents progrès en matière de désinflation et soutenir les réformes du marché des changes. Compte tenu des conditions de financement tendues, la prudence budgétaire doit être maintenue afin d’éviter le recours au financement de la Banque centrale. Ce qui engendrerait des pressions inflationnistes.

Les services de la Banque centrale anticipent que la mise en œuvre du Compte unique du Trésor et une gestion plus efficace de la trésorerie du secteur public entraîneront une contraction progressive des liquidités. Cela nécessitera une gestion proactive des liquidités par la Banque de réserve de l’Union (BRB) afin de compenser les tensions potentielles sur le marché monétaire.

Des vulnérabilités persistent dans le secteur financier

Le secteur financier est demeuré globalement stable, mais des vulnérabilités persistent. Malgré des réserves de liquidités et des fonds propres conformes aux exigences réglementaires minimales, les banques sont confrontées à un environnement difficile, marqué par des taux d’intérêt réels négatifs, des opportunités de prêts au secteur privé limitées et une forte exposition à la dette publique.

Le renforcement de la gouvernance est essentiel pour libérer tout le potentiel économique du pays et garantir que les récents progrès macroéconomiques se traduisent par une croissance durable et inclusive.

Dans un communiqué de presse signé par Edouard Normand Bigendako, gouverneur de la BRB, cette institution note avec intérêt les recommandations formulées relatives à la maîtrise de l’inflation, à la consolidation du secteur financier, au renforcement des réserves de change et à l’amélioration du fonctionnement du marché de change par des réformes soigneusement séquencées compte tenu de la stabilité macroéconomique du marché et de la nécessité de protéger les ménages vulnérables.

La BRB réaffirme sa détermination à poursuivre une politique monétaire prudente et cohérente afin de préserver la stabilité des prix et de soutenir l’activité économique.

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