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FNUAP Burundi : Un bilan 2025 historique

En 2025, le FNUAP et ses partenaires ont de quoi être fiers : des décès maternels évités, des grossesses non planifiées prévenues, des avortements à risque évités, une augmentation du nombre d’utilisateurs de méthodes modernes de contraception, des milliers de jeunes filles et garçons formés à l’entrepreneuriat innovant sans aucun capital extérieur, des jeunes déscolarisés réinsérés grâce à des formations professionnelles, des milliers de femmes qui ont retrouvé leur dignité et des familles qui ont retrouvé la concorde, etc. Un succès que cette organisation doit au travail en synergie avec le gouvernement du Burundi et de nombreux autres partenaires tant nationaux qu’internationaux.

Judicaël Elidje, Représentant résident du FNUAP au Burundi : « Nous sommes très contents des résultats que nous avons pu obtenir en synergie avec nos différents partenaires ».

 

« Nous sommes très contents des résultats que nous avons pu obtenir en synergie avec nos différents partenaires », a fait savoir Judicaël Elidje, Représentant résident du FNUAP au Burundi, lors de la revue annuelle des réalisations du FNUAP Burundi en 2025 organisée par le gouvernement du Burundi et le FNUAP. Comme il l’a précisé, cela fut une occasion, ensemble avec les différents partenaires et les bénéficiaires de s’autoévaluer, de célébrer les succès, de relever les défis et de tracer les perspectives d’avenir.

Il a précisé que leurs interventions se sont beaucoup plus focalisées sur quatre axes principaux que le FNUAP a signés avec le gouvernement. Ces axes sont : la qualité des soins et des services, les normes sociales discriminatoires de genre et la lutte contre les violences basées sur le genre, les actions en faveur des jeunes et leur autonomisation, mais aussi les données pour le développement.

La qualité des soins et des services

Sur ce point, les résultats de 2025 révèlent une nette amélioration comparativement à l’année précédente. Ils ont réussi à relever un immense défi : éviter 860 décès maternels en 2025 à travers le pays contre 810 en 2024. Cette victoire sur la fatalité s’appuie sur une planification familiale plus accessible qui a permis de prévenir 270 000 grossesses non planifiées en 2025 contre 250 000 en 2024, ainsi que 50 000 avortements à risque contre 46 000 en 2024. Aujourd’hui, le nombre d’utilisateurs de méthodes de contraception modernes a augmenté de 6 %, passant de 670 000 en 2024 à 710 000 en 2025. « Le Burundi a franchi ainsi un cap historique pour la santé et l’autonomisation de la femme. Ce succès repose sur une révolution numérique radicale, le déploiement du système eLMIS MEDEXIS, un logiciel de gestion logistique de nouvelle génération conçu pour optimiser la chaîne d’approvisionnement des produits de santé dans 100 % de nos formations sanitaires », souligne M. Elidje.

En réduisant les délais de commande de 91 à seulement 11 jours, il a été possible d’éliminer les ruptures de stocks et de garantir que chaque produit de santé soit disponible au moment crucial là où la vie en dépend. Tant d’autres réalisations dans ce domaine ont été accomplies.

La lutte contre les VBG

En 2025, les améliorations nettes qui se sont opérées font l’objet de satisfaction de la part du FNUAP. « Notre engagement pour l’égalité des genres et la lutte contre les VBG a franchi un nouveau seuil d’efficacité », précise Queen Belle Monique Nyeniteka, chargée de la communication dans cette organisation. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : près de 4 000 personnes ont bénéficié d’une prise en charge spécialisée, tandis que plus de 1 400 survivantes de violences ont reçu un appui financier crucial pour se reconstruire et reprendre en main leur destin. Une famille bénéficiaire de cet appui en province Butanyerera en a d’ailleurs témoigné. Comme ils l’ont raconté, la femme a été pendant longtemps victime de violences conjugales. Son mari vendait la récolte, gaspillait les biens familiaux, vivait dans l’ivresse et, si sa femme essayait de réclamer, elle ne recevait que des coups de poing. Comme ils l’ont mentionné, grâce à ces programmes du FNUAP, ils ont retrouvé la concorde et aujourd’hui mettent en commun leurs forces pour développer leur foyer.

« Notre engagement pour l’égalité des genres et la lutte contre les VBG a franchi un nouveau seuil d’efficacité ».

 

Cette protection s’étend aussi aux contextes les plus fragiles. « Grâce au renforcement de nos mécanismes de prévention, plus de 100 000 personnes, incluant réfugiés et déplacés, ont été sensibilisées en matière de lutte contre les VSBG. Sur le terrain, la mise en place de 120 relais communautaires assure désormais une veille permanente contre l’exploitation et les abus sexuels », tient-elle à expliquer.

Comme l’a témoigné un des relais communautaires vivant dans un camp de réfugiés congolais, ces programmes ont permis à plusieurs hommes issus de ces familles réfugiées qui violentaient leurs femmes d’abandonner ces habitudes. Selon elle, beaucoup d’entre eux commettaient des actes de violence basée sur le genre sans le savoir. « C’est ce programme du FNUAP qui leur a ouvert les yeux », dit-elle.

Les actions en faveur des jeunes et leur autonomisation

En 2025, des progrès se sont aussi fait remarquer dans le domaine de l’autonomisation des jeunes. Dans le cadre du projet de développement du capital humain, 1 600 jeunes filles et garçons, épaulés par un coach dédié, ont été formés à l’entrepreneuriat innovant sans aucun capital extérieur. « Au-delà du business, ce parcours intègre une dimension humaine essentielle : chaque futur entrepreneur est sensibilisé à la santé sexuelle et reproductive, à la prévention du VIH, à la cohésion sociale et à la lutte contre les VBG », précise M. Elidje. Les résultats sont déjà là : près de 50 % de ces jeunes ont déjà lancé leur propre activité. Le FNUAP a aussi ouvert la porte à 107 jeunes déscolarisés. Grâce à des formations professionnelles en mécanique, art culinaire, couture ou informatique, ils bénéficient aujourd’hui d’une véritable seconde chance. A ce jour, 57 d’entre eux finalisent déjà leur apprentissage et sont prêts à intégrer le marché du travail.

On a pu également aller vers une transformation structurelle des jeunes à travers une approche qui prône des valeurs entrepreneuriales, mais aussi des valeurs humaines. « Donc, en mettant tout cela ensemble, on contribue de manière durable non seulement à construire une société burundaise beaucoup plus équitable et plus juste, mais aussi à transformer la jeunesse burundaise pour qu’elle devienne beaucoup plus active afin de contribuer au développement du pays », précise M. Elidje.

107 jeunes déscolarisés. Grâce à des formations professionnelles en mécanique, art culinaire, couture ou informatique, ils bénéficient aujourd’hui d’une véritable seconde chance.

 

Les données pour le développement

Dans la réalisation du Recensement Général de la Population, de l’Habitat, de l’Agriculture et de l’Élevage (RGPHAE 2024) au Burundi, le FNUAP a joué un rôle de partenaire technique et financier de premier plan. Les données découlant de ce recensement sont indispensables dans la planification du développement du pays.

Malgré ces succès, certains défis, notamment ceux liés à l’insuffisance des ressources nécessaires, aussi bien financières que techniques et humaines, ont été relevés. Cette rencontre a également permis de définir les priorités pour 2026 en restant aligné sur les documents stratégiques du pays comme le PND et la Vision Burundi 2040-2060. Pour l’année à venir, les objectifs seront de soutenir les jeunes pour qu’ils réalisent leur plein potentiel, de réduire les décès maternels évitables, de lutter contre les violences basées sur le genre avec des réponses inclusives et de fonder chaque décision sur des données fiables.

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