Le rôle des institutions financières dans le développement global des villes est irremplaçable. Le «Plan directeur innovant de la ville de Bujumbura et ses alentours» est vaste et exige l’inclusion de tous les secteurs d’activité dont les institutions financières. Les organisateurs du Forum national urbain 2019 ont pris en considération le rôle desdites institutions
Le Fonds de Promotion de l’Habitat Urbain reste la première institution financière engagée dans le secteur de l’habitat urbain et le développement des petites entreprises. Sa création s’inscrit dans la politique nationale de l’habitat urbain basée essentiellement sur la planification du développement urbain, la production régulière et coûteuse de logements décents. Pour asseoir cette politique, l’Etat burundais a mis en place un cadre institutionnel adéquat. Cette institution a le statut de société mixte et la mission d’accompagner et de promouvoir l’habitat. Ayant soutenu le secteur de la construction depuis sa création en 1989, le Fonds de Promotion de l’Habitat Urbain affirme son apport au secteur de la construction, mais reconnait certains entraves à son action.
Les institutions financières sont aussi au service du développement de l’habitat urbain et de la politique nationale de logement
A l’instar de son statut de Société mixte, le FPHU fonctionne et offre ses services suivant la politique des institutions bancaires du Burundi. Un des participants au forum a voulu savoir la contribution du FPHU au niveau de la politique nationale de l’habitat urbain, et Pascal Girukwishaka, Directeur des Opérations au FPHU, a tenté une explication en ces termes : « Le fonds est venu pour compléter l’action de l’Etat parce qu’il s’agit d’une société mixte de droit privé et sans financement». Selon les propos de ce dernier, cette institution a l’intention d’aider à l’importation des matériaux de construction. Dans sa vocation de contribuer au développement de l’habitat urbain, le Fonds accorde des crédits aux sociétés et aux particuliers.
Cette institution typique de par son action envisage de se transformer en une banque pour bien continuer sa mission. Selon cette autorité, le Fonds ne s’écartera pas de sa mission et de sa vocation. Elle maintiendra sa politique de soutenir tous les travaux s’inscrivant dans le domaine du logement, de l’habitat et du développement des petites et moyennes entreprises au Burundi.
Les institutions financières peinent à mener à bien leurs tâches
Les institutions financières du Burundi rencontrent des obstacles dans leur fonctionnement. D’après Girukwishaka, les obstacles sont variés et peuvent être expliqués sur base des principes de garanties et d’assurance emprunteur. Les banques ont l’obligation de s’autoprotéger contre les risques de non paiement des mensualités du crédit par l’emprunteur. C’est une stratégie incontournable pour une banque qui cherche à se mettre à l’abri d’une éventuelle faillite due aux crédits non remboursés par ses clients. Pour ce faire, les banques sont obligées d’exiger des garanties. Cependant, l’assurance emprunteur protège principalement l’emprunteur et indirectement la banque contre les risques liés à la santé.
Le difficile environnement des affaires déstabilise l’action des opérateurs économiques petites et moyennes entreprises et tire vers le bas l’action des banques. En réalité, les banques jouent sur les garanties pour éviter les difficultés de recouvrement pouvant déstabiliser leur action. Ainsi, le nombre d’emprunteurs pouvant accéder au crédit reste limité. Les garanties et les taux d’intérêt relativement élevés sont dictés par la confiance décroissante entre la banque et les demandeurs de crédit. M. Girukwishaka décrit une situation un peu paradoxale. Selon ce dernier, même si l’argent est disponible à la caisse, les demandeurs de crédit n’inspirent pas confiance quant à la capacité de rembourser.
Les PMEs dans leur quête perpétuelle de financement se trouvent confrontées à des obstacles qui ne leur facilitent pas la tâche. L’influence des facteurs structurels auxquels vient s’ajouter le poids de l’informel pèse lourd. La prédominance du secteur informel concurrence fortement les PMEs. Ce qui les condamne à une espérance de vie peu prometteuse. Par Conséquent, ces petites entreprises dont les opérations sont instables rencontrent les problèmes liés au taux d’intérêt élevé. Cela compromet indirectement la mission des banques en général et celle du FPHU en particulier qui reste celle de contribuer au développement.