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Fraude du café : Et si on s’attaquait aux causes plutôt qu’aux conséquences ?

A cause des prix moins rémunérateurs et des retards dans le paiement, certains caféiculteurs préfèrent vendre clandestinement le café dans les pays voisins où la rémunération est plus ou moins satisfaisante. Et tout cela malgré les différentes stratégies mises en place par le Gouvernement du Burundi pour redynamiser la filière café au Burundi.

Depuis des années, les caféiculteurs se disent insatisfaits du prix du café donné au producteur Burundais.

La vente frauduleuse du café vers les pays limitrophes continue. Ce 21 mai 2024, les administratifs de la commune Kirundo ont saisi 2 tonnes et 221 kg de café sec qui étaient cachés dans une chambre d’une habitation sur la colline Kavogero. Cela juste après une semaine que le Tribunal de Grande Instance de Kirundo ait condamné, deux ressortissants de cette province à une servitude pénale de 2 ans et demi et une amende de 50.000 FBu pour exportation frauduleuse de 100 kg de café. Un peu avant cela, en date du 8 mai 2024, dans cette même province, les administratifs à la base auraient saisi 835 kg de café sec dans la commune de Bugabira.

Ce même phénomène s’est produit dans la nuit du 20 mai 2024 dans la commune Makebuko de la province de Gitega. Plus de 300 kg de café cerise en train d’être déplacés illégalement ont été saisi par les agents de l’ordre. Ce phénomène ne date pas d’hier surtout dans les provinces du Nord du pays comme Kirundo, Ngozi et Kayanza. Beaucoup d’autres cas de fraude de café se sont fait remarqués ici et là auparavant.

Une préoccupation du Gouvernement

Cela se passe au moment où le gouvernement du Burundi vient de prendre des mesures visant à décourager ces cas de fraudes. Entre autres, l’interdiction de la circulation du café avant 6 h du matin et après 18 h, une stratégie couramment saisis par les fraudeurs. « Quiconque sera surpris en transportant le café en dehors de ces heures sera considéré comme un fraudeur et sanctionné conformément à la loi », a fait savoir Prosper Dodiko, ministre ayant l’agriculture dans ses attributions. C’était lors d’un point de presse qu’il a animé mercredi le 15 mai 2024 après la remise et reprise entre les anciens et les nouveaux dirigeants de l’Office du Développement du Café (ODECA).

« Nous lançons un vibrant appel à l’administration, aux forces de l’ordre et à la population en général de rester vigilant pour que le café ne soit pas écoulé vers les pays limitrophes particulièrement pendant la période de collecte du café cerise, de transfert du café parche vers les usines de déparchage et de conditionnement », a-t-il ajouté.

Pourquoi les caféiculteurs prennent-ils ce risque ?

Depuis des années, les caféiculteurs se disent insatisfaits du prix du café donné au producteur Burundais. Et cela compte tenu des efforts fournis pour entretenir le café premier, mais également comparativement aux prix du café du café-cerise pratiqués dans les pays voisins. Cela serait d’ailleurs une des causes principales de ces fraudes.

Selon nos confrères du Magazine Jimbere, un habitant de la commune Ntega de la province de Kirundo arrêté pour fraude du café a avoué lors du procès qu’il a acheté 100 kg de café-cerise à 2.200 FBu le kg pour les exporter au Rwanda où le prix d’achat est de 1.400 Frw le kg, soit autour de 4 200 FBu.

A l’Odeca, le Président de la République a fait savoir que les caféiculteurs devraient percevoir entre 6 et 8 USD par kilo « Si le caféiculteur recevait plus de 10 mille FBu par kilo de café vendu, personne n’arracherait plus les caféiers », fait-il savoir.

Rappelons que le Conseil des ministres réuni mercredi le 20 mars 2024 a fixé le prix minimum garanti à 1.380 FBu par kilogramme de café cerise A.

 

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