Site icon Burundi Eco

Gatumba : Les femmes victimes des inondations en besoin urgent de serviettes hygiéniques

Les femmes victimes des inondations de Gatumba habitant le site de Kigaramango demandent au gouvernement et à ses partenaires techniques et financiers de leur offrir des serviettes hygiéniques pour  bien assurer leur hygiène menstruelle. Sinon, elles sont exposées à beaucoup d’embûches

Burundi Eco a effectué lundi le 1er juin 2020 une visite au site de Kigaramango qui abrite les victimes des inondations de Gatumba.   Sur ce site situé sur la route nationale nº 4 (RN4), une multitude de petites maisonnettes couvertes de tentes et un mouvement de va- et- vient des sinistrés s’observaient. Les femmes s’activaient pour préparer le repas au moment où d’autres faisaient la lessive.   Et d’ajouter ceux qui devisaient en groupe. La détresse  se lisait sur leurs visages.

A cette occasion, les femmes victimes des inondations de Gatumba qui se sont entretenues avec le reporter de Burundi Eco indiquent qu’elles ont des difficultés à gérer leurs menstruations. Jeanne Ciza âgée de 28 ans et mère de deux enfants rencontrée à cet endroit fait savoir qu’elle a tout perdu lorsque les eaux de la rivière Rusizi ont envahi la zone de Gatumba. Elle est confrontée à une pauvreté sans non et ne parvient à trouver les moyens financiers pour s’acheter les serviettes hygiéniques. C’est le même son de cloche pour Mme Fatuma âgée de 31 ans et mère de trois enfants. Elle fait remarquer qu’elle n’a pas d’argent pour s’acheter des serviettes hygiéniques suite à la misérabilité.  De temps en temps, elle demande à ses voisines de lui offrir ce kit. Une fois que sa demande foire, c’est une descente aux enfers. Elle fait recours à l’utilisation des morceaux de pagnes pour ne pas rester cacher dans la hutte qui abrite sa famille. D’autres  utilisent des pièces de matelas à la place des serviettes hygiéniques, martèle Joselyne kamikazi âgée de 22 ans et mère de quatre enfants. Le pire est que l’eau n’est pas suffisante pour faire la proprété de ces kits.

Les femmes qui ne disposent pas des serviettes hygiéniques font recours à l’utilisation des morceaux de pagnes ou de matelas.

Ces femmes affirment que certaines organisations non gouvernementales en collaboration avec le gouvernement  leur donnent ce kit classé de première nécessité. Malheureusement, tout le monde n’est pas servi suite à leur effectif non négligeable car ce site abrite 1341 ménages composés de 6705 personnes.

Quid des conséquences du manque des serviettes hygiéniques ?

Selon Kamikazi, les conséquences du manque des serviettes hygiéniques sont énormes. Les femmes et les filles qui n’en disposent pas perdent leur dignité, car leur hygiène menstruelle n’est pas assurée.  Si on utilise d’autres objets, il y a plusieurs risques que le sang perce et entache les habits.  Comme conséquences, Kamikazi indique que la  stigmatisation, l’humiliation et le mépris toquent à la porte.  De plus, l’utilisation d’autres objets n’est pas rassurant, précise  Jeannette Karara, âgée de 18 ans habitant le site de Kigaramango. On est exposé à pas mal d’infections. Pour les filles en milieu scolaire, le manque de matériel adéquat pour gérer leur menstruation maximise le taux d’échec scolaire.  Les filles s’absentent souvent  à l’école. Par conséquent, on est confronté à un sentiment de dégoût par rapport au mauvais rendement scolaire. Cette situation peut augmenter les taux d’abandons scolaires.

Que disent les hommes sur le manque de serviettes hygiéniques ?

Quant à Pierre Ngurube habitant le site de Kigaramango, le manque de serviettes hygiéniques constitue une des causes majeures de l’impropriété chez les femmes et les filles.  Cette situation peut être à l’ origine de tous les maux chez les couples. Il cite à titre d’exemple l’adultère. «Les hommes aiment des femmes propres et pas celles qui dégagent une odeur nauséabonde suite à l’utilisation des morceaux de matelas ou de pagnes impropres», fait remarquer Ngurube.

Les défis autour des serviettes hygiéniques

Selon Djida Marlène Kaneza, responsable du projet Agateka au sein du projet Sacode, faire l’hygiène menstruelle  est une impérieuse nécessité. Néanmoins, les défis sont multiples. D’abord, il y a des défis liés au manque d’informations claires et vraies sur la menstruation. La plupart des femmes et des filles possèdent peu d’informations sur ce que sont les règles et leur gestion suite aux barrières culturelles. Le deuxième défi concerne le manque de moyens financiers pour pouvoir se procurer les serviettes hygiéniques afin de gérer sa menstruation en toute dignité. Toutes les femmes et les filles burundaises ne peuvent pas se procurer de quoi se servir pour gérer dignement leur menstruation parce que les  serviettes hygiéniques qu’on trouve sur le marché  coûtent cher. Les serviettes jetables coûtent 2000 FBu. Et avoir cette somme par mois et par tête est un casse-tête pour la plupart des femmes et des  filles. Et d’ajouter qu’il ne s’agit pas seulement d’avoir des serviettes hygiéniques. Il faut aussi avoir des accessoires comme les sous-vêtements.  Plus on n’a pas de moyens pour s’acheter les sous-vêtements, plus se procurer les serviettes hygiéniques devient chose difficile.

Notons qu’actuellement deux sortes de serviettes hygiéniques sont disponibles sur le marché burundais. Ce sont entre autres les serviettes jetables qu’on achète au marché, dans les boutiques ou dans les alimentations et les serviettes lavables et réutilisables produites par la Société Sacodé. Ces dernières peuvent être utilisées entre 3 et 5 ans.

Quitter la version mobile