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Gel des annales : Quel cauchemar pour les fonctionnaires de l’Etat !

Les fonctionnaires de l’Etat attendent avec impatience le dégel des annales et la mise en œuvre de la politique salariale. Suite à cette situation, ils précisent que leurs conditions de vie se sont détériorées, car le coût de la vie est cher. La Confédération des Syndicats du Burundi (COSYBU) réclame le rétablissement des travailleurs dans leurs droits avec effet rétroactif. Le Gouvernement les tranquillise et arguant que la politique salariale en cours d’être mise en place va harmoniser leurs salaires

Depuis janvier 2016, dans le cadre de la mise en œuvre de la politique d’harmonisation des salaires, toutes les annales et les primes sont gelées pour les fonctionnaires à l’exception des corps de défense  et de sécurité (militaires et policiers). Cette situation suscite de nombreuses interrogations dans les rangs des fonctionnaires et autres travailleurs.  Ils s’inquiètent du fait que la situation  sur le gel des annales et autres primes persiste et que la perte y afférante est énorme.

Selon les fonctionnaires qui se sont entretenus avec Burundi Eco, les salaires sont actuellement statiques et cela depuis 2016.  « Suite au gel des annales, j’ai enregistré une perte de plus 300 000 FBu», déplore un employé de la Mutuelle de la Fonction Publique. Un employé de l’Université du Burundi abonde dans le même sens. «Depuis 2016, un montant de plus de 400 000 FBu devrait s’ajouter sur mon salaire»,  Ces fonctionnaires font savoir qu’ils ne voient pas à quel saint se vouer. Ils demandent à l’Etat de dégeler les annales. Sinon, cela altère leurs conditions de vie, car le coût de la vie ne cesse d’augmenter.

Célestin Nsavyimana, vice-président de la Confédération des Syndicats du Burundi : «Les annales sont des avantages accordés annuellement aux employés. Selon le code du travail, le travailleur perçoit des primes et autres avantages chaque année».

Les fonctionnaires risquent d’être démotivés              

Pourtant, les  fonctionnaires qui ont bénéficié de l’ajustement salarial s’en réjouissent. Ce sont à titre d’exemple les enseignants. Actuellement, un enseignant de niveau licence perçoit un salaire de plus de 300 000 FBu contre 150 000 FBu avant 2016. Malgré ce geste, ceux qui se sont entretenus avec Burundi Eco demandent à l’Etat de procéder aussi au dégel des annales et autres primes. Sinon, les cotations qui s’opèrent chaque année n’auront plus de sens et, par conséquent, les fonctionnaires risquent d’être démotivés.              

La COSYBU attend avec impatience le dégel des annales

Quant au dégel des annales, la COSYBU réclame le rétablissement des travailleurs dans leurs droits avec effet rétroactif. Elle attend avec impatience le dégel des annales et la validation de la politique salariale ainsi que sa mise en œuvre.

« La notation est un droit … »

Généralement, l’employeur procède à l’évaluation annuelle des performances de son personnel. Cette évaluation est consécutive à l’octroi des notes avec les mentions très bon, bon et assez bon. Au niveau de la fonction publique, celui qui était coté très bon bénéficiait d’une augmentation annuelle de 5% de son salaire, bon 3% et assez bon 1%, détaille le syndicaliste Nsavyimana.  Normalement, chaque employé a droit à la notation, c’est-à-dire l’évaluation de ses performances.  Au moment ou les annales ont été suspendues dans le but de réduire les disparités salariales, ce syndicaliste ne cache pas son pessimisme quant au résultat de cette politique d’ajustement salarial. « Les fonctionnaires n’exercent pas la même fonction. Chaque travailleur est payé en fonction de la nature du travail qu’il exerce. La logique est que pour un travail égal corresponde un salaire égal. Ça m’étonnerait que des fonctionnaires qui n’exercent pas le même travail touchent le même salaire », détaille le syndicaliste Nsavyimana.

La COSYBU par la voie de son vice-président revendique le retour à la situation d’avant décembre 2015. Les annales et autres avantages pécuniaires doivent être accordés aux travailleurs. Les employés viennent de passer 4 ans sans rien percevoir comme primes et indemnités malgré la notation. Ils doivent être rétablis dans leurs droits, y compris le paiement des arriérés des annales et des primes de notation.

Le premier ministre tranquillise les fonctionnaires

Alain Guillaume Bunyoni, Premier Ministre tranquillise les fonctionnaires. Il indique que c’est via la politique salariale en cours d’être mise en place que les salaires des fonctionnaires seront harmonisés. Selon toujours lui, tout le monde sera rétabli dans ses droits. Les salaires seront fixés tout en tenant compte du niveau d’études, de la nature du travail accompli, etc.

Notons qu’à travers la politique salariale équitable basée en grande partie sur la classification des emplois et l’évaluation des performances,  on va parvenir à promouvoir l’équité parmi les fonctionnaires et agents de l’Etat. Ce système de classification des emplois est basé sur ces éléments principaux : la qualification, la complexité, la technicité, les facteurs contextuels, l’exigence d’autonomie et d’initiative.

L’étude technique de cotation des emplois de l’administration burundaise a mis en place un répertoire de métiers et d’emplois qui est structuré en 25 domaines fonctionnels, 152 emplois-types et 442 postes de fonctions y rattachés, tous décrits par la raison d’être de l’emploi, les principales tâches liées à cet emploi, les conditions particulières d’exercice de cet emploi et les compétences requises.

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