Les médicaments non utilisés dans les ménages constituent un danger pour la santé publique et l’environnement. Pour pallier à cette situation, les ménages sont invités à remettre ces médicaments aux pharmacies et aux bureaux de districts sanitaires qui se trouvent dans leurs environs afin que le département du ministère de la Santé publique et de la Lutte contre le Sida en charge de la gestion des medicaments procède à leur destruction. Néanmoins, il n’existe pas de centre spécialisé dans le stockage et la destruction des médicaments non utilisés
Dans le cadre de la promotion et de la protection des droits des consommateurs, l’Association Burundaise des Consommateurs-Transparency International Burundi (ABUCO-TI Burundi) a organisé vendredi le 25 octobre 2019 une journée de sensibilisation des acteurs clés sur la problématique des médicaments non utilisés dans les ménages. Selon Noël Nkurunziza, secrétaire général de cette association, on est parti du constat que les ministères techniques dans le secteur de la santé et de l’environnement concentrent beaucoup d’efforts à la destruction des médicaments périmés qui se trouvent dans les pharmacies, les centres de santé et les hôpitaux. Néanmoins, l’ABUCO-TI Burundi s’est posé la question de savoir pourquoi ils ne pensent pas à la gestion des médicaments détenus par des ignorants consommateurs dans les ménages. Selon lui, c’est sûr qu’il y a des médicaments non utilisés dans les ménages qui sont périmés et par conséquent nuisibles à la santé humaine.
Noël Nkurunziza, secrétaire général de l’ABUCO-TI : « C’est sûr qu’il y a des médicaments non utilisés dans les ménages qui sont périmés et par conséquent nuisibles à la santé humaine »
Le conditionnement des médicaments pose problème
Nkurunziza indique qu’on peut vous prescrire un flacon de médicament et qu’on peut vous dire qu’après cinq jours, il ne faut pas le réutiliser. Le reliquat de ce médicament est conservé dans les tiroirs. Dans d’autres pays, Il fait remarquer que le conditionnement des médicaments est proportionnel au temps d’usage, à la posologie et à la cure. Cependant, chez nous, il y a des médicaments qu’on achète et qu’on ne consomme pas. Cela constitue un danger. Cet atelier a été organisé pour qu’on puisse dégager des approches de solutions pour maîtriser cette problématique. «Nous demandons aux ministères concernés, aux consommateurs et aux associations qui œuvrent dans ce domaine de s’impliquer beaucoup plus dans la sensibilisation des ménages, la collecte des médicaments et la mise en place des centres de stockage pour que leur destruction puisse commencer.
Quid des conséquences des médicaments non utilisés dans les ménages?
Selon Serges Harindogo, pharmacien, les prestataires de soins prescrivent une grande quantité de médicaments et les patients ne parviennent pas à les consommer tous. Les reliquats sont conservés dans les tiroirs. Cette situation conduit la population à pratiquer l’automédication, c’est -à-dire à se prescrire soi -même les médicaments. Harindogo fait savoir que quand on présente les signes du paludisme et qu’on a les paracétamols à la maison, on les ingurgite pour soulager les maux de tête et la fièvre mais, qu’entretemps, la maladie s’aggrave. De plus, les médicaments non utilisés dans les ménages peuvent être périmés. Lorsqu’on les consomme, des conséquences facheuses peuvent s’ensuivre. Harindogo ajoute que les ménages ont du mal à gérer les médicaments non utilises. Pour s’en débarrasser, ils les jettent dans la nature. Les conséquences s’en font sentir. Ces produits sont des substances chimiques. Ils affectent les ressources en eau potable dont l’homme, les porcins, les ovins, les caprins, etc ont besoin pour vivre.
Comment gérer les médicaments non utilisés dans les ménages ?
Dr Aimable Bizoza du ministère de la Santé Publique et de la Lutte contre le Sida au département chargé de la gestion des médicaments, des pharmacies et des laboratoires indique que les consommateurs doivent remettre les médicaments non utilisés à la pharmacie ou à la structure de soins ou ils les ont achetés. Il ajoute qu’on peut les déposer au bureau de district sanitaire environnent. Ces pharmacies ou ces structures de soins en collaboration avec le département chargé de la gestion des médicaments, des pharmacies et des laboratoires se fixent un calendrier pour détruire les médicaments non utilisés ou périmés.
Dr Bizoza s’inquiète du fait qu’il n’y a pas de centre spécialisé dans le stockage et la destruction des médicaments non utilisés. Selon toujours lui, même quelques incinérateurs installés dans la Mairie de Bujumbura sont presque tous tombés en panne. Pour détruire les médicaments non utilisés, on se rend à Bugarama dans la province de Muramvya. Un autre défi lié à la gestion des médicaments non utilisés dans les ménages est que la plupart des propriétaires des pharmacies ne sont pas compétents. Ils peuvent donc refuser la réception de ces médicaments par manque de compétences. Ils ne savent pas ce qu’ils font. Sinon, c’est leur devoir de les récupérer et de les acheminer dans le département du ministère de tutelle pour procéder à leur destruction.