Site icon Burundi Eco

Gishubi : Les agriculteurs peinent à obtenir l’engrais FOMI

Depuis des mois, la distribution de l’engrais de la société Fertilisants Organo-Minéraux (FOMI) ne se fait pas correctement au Burundi, laissant de nombreux agriculteurs démuni du produit pour lequel ils ont pourtant payé. Dans la commune de Gishubi de la province de Gitega, cette situation inquiète les agriculteurs qui risquent de ne pas pouvoir fertiliser leurs champs comme ils le souhaitent.

Face aux retards constatés dans la distribution de l’engrais FOMI, certains agriculteurs essaient de conserver à domicile une partie des fertilisants reçus afin de les utiliser lors de la saison culturale suivante.

L’administrateur communal de Gishubi, Ir Apollinaire Baryana, décrit la situation : « La distribution inadéquate des fertilisants de FOMI est un problème que nous constatons tous, car nous sommes tous agriculteurs. Des tickets ont été émis pour permettre aux citoyens de recevoir l’engrais, mais certains ne l’ont toujours pas reçu. Cela signifie que les semis ne peuvent pas être réalisés comme prévu si l’agriculteur n’a pas reçu l’engrais organo-minéral commandé. »

Cet administratif ajoute que ces retards et manquements frustrent autant les agriculteurs que les autorités locales. Lorsqu’un citoyen a payé une avance et reçu un ticket justifiant sa démarche, il arrive que, lorsqu’il est temps de recevoir l’engrais, il ne le reçoive pas et conserve le ticket comme simple souvenir. « En tant que leader, il n’est pas facile de gérer les plaintes des citoyens et d’intervenir auprès des autorités compétentes pour qu’ils obtiennent les fertilisants », se désole l’administrateur communal de Gishubi.

Concernant la saison culturale B, l’administrateur Baryana explique que les agriculteurs ont déjà payé des avances et attendent la livraison des fertilisants. Cependant, même si les fertilisants ne sont pas encore disponibles, la saison culturale B est déjà en cours. La plupart des agriculteurs commencent à semer les haricots dans deux semaines dès le mois de février 2026. Ce qui crée un risque de démarrer le semis sans l’engrais organo-minéral indispensable à une production agricole optimale.

Les agriculteurs résilients

Face à cette situation, les agriculteurs font preuve de résilience et adaptent leurs pratiques. Un citoyen de la colline de Yanza témoigne : « Nous avons déjà intégré l’idée que l’engrais de FOMI ne sera pas disponible exactement quand nous en aurons besoin. Même lorsqu’il est disponible, il arrive que nous ne recevions pas la totalité de ce que nous avons commandé. Lorsque je reçois l’engrais, je sais que je ne pourrai pas tout utiliser et je conserve une partie pour la prochaine saison. »

Cette pratique de conserver à la maison de l’engrais FOMI est devenue une nécessité pour les agriculteurs afin de garantir la fertilisation de leurs champs malgré les retards obsrevés dans sa distribution. Et malgré tout, l’administrateur communal de Gishubi reconnait qu’ « un agriculteur qui ne reçoit pas son engrais ne peut pas bien fertiliser ses champs. »

Aujourd’hui, à Gishubi et dans les autres communes du pays, les agriculteurs se préparent à cultiver le haricot, mais restent préoccupés par la disponibilité de l’engrais FOMI. Ceux qui ne sont pas parvenus à conserver à domicile une partie de l’engrais risquent de ne pas pouvoir fertiliser correctement leurs champs et de voir leur production compromise.

Quitter la version mobile