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Gratuité de l’école fondamentale : les conséquences ne manquent pas

Alors que le ministre de l’Education, de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique vient d’ordonner aux directeurs des écoles fondamentales de ne pas percevoir de l’argent sous quelque motif que ce soit, cette mesure n’est pas sans effets

Dans un point de presse tenu dernièrement en date du 24 août 2016, la ministre de l’Education Mme Janvière Ndirahisha a profité de l’occasion pour mettre en garde tout directeur d’école qui demanderait aux parents d’élèves de l’argent pour quoi que ce soit. Elle a réaffirmé la mesure du gouvernement du Burundi instituant la gratuité de l’école fondamentale. Pour cela, il est interdit de percevoir de l’argent sous quelque motif que ce soit. Le gouvernement règle toute dépense, petite soit-elle, à l’école fondamentale. Elle a demandé même aux directeurs des écoles qui auraient déjà perçu de l’argent de le rembourser dans les meilleurs délais à défaut de quoi les sanctions les attendent d’ici peu de jours.

Certains frais sont issus de l’initiative des parents

Après que le ministère de l’Education ait annoncé la mesure, Burundi Eco a visité l’école fondamentale de Mutanga pour savoir si cette mesure n’aura aucun effet négatif sur le bon fonctionnement de l’école.

Adrien Niyondiko, directeur de cette école indique qu’à cet établissement seuls les frais de renforcement étaient payés par les parents. Cependant, il souligne que cela vient de l’initiative des parents qui ont décidé que pour l’intérêt de leurs enfants ils puissent payer des frais pour les professeurs et les encadreurs qui contribuent pendant les heures de renforcement. «  Pour le renforcement des capacités de leurs enfants les parents, ils ont demandé qu’ils puissent contribuer pour que les professeurs occupent les enfants en renforçant les matières vues pendant les heures de cours. Ils se sont convenus de payer 10 000 FBu par trimestre et par écolier», informe M. Niyondiko.

Il fait remarquer que cela a été bénéfique pour les écoliers. La preuve en est que le taux de réussite des élèves en 9ème a été de 75 %. Il tient à souligner que pour les autres dépenses, l’école utilise les frais de fonctionnement qui viennent du ministère de l’Education.

J.N, un parent qui a requis l’anonymat reconnait que dans certains établissements, il y a des directeurs qui demandent aux parents de payer des frais soi-disant pour le laboratoire ou pour le sentinelle, etc. Mais, à la longue, le constat a été que cet argent n’a pas été utilisé comme prévu. Cependant il souligne que par exemple les frais de renforcement sont nécessaires et cela dans l’intérêt des parents et des élèves qui profitent de l’encadrement des professeurs.

Avec cette mesure, certains projets vont foirer

D’après M. Niyondiko, en collaboration avec les parents, l’école avait le projet de réhabiliter un bâtiment qui sert de lieu d’aisance pour les professeurs et dont une partie a rejoint la rivière Ntahangwa. Il précise que les parents avaient pensé à contribuer jusqu’à 4700 FBu par élève. Mais nous espérons que le ministère va financer tous les frais nécessaires pour couvrir les dépenses des écoles fondamentales, a-t-il conclu.

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