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Groupe électrogène de 250 KVA, une manne pour l’hôpital Muyinga

L’énergie est indispensable pour le développement du pays. C’est encore plus vrai pour un hôpital parce que le fonctionnement d’un hôpital, que ce soit pour le laboratoire, les accouchements, les opérations chirurgicales, la conservation de certains médicaments…nécessite de l’énergie. C’est dans ce cadre qu’un groupe électrogène de 250 KVA a été octroyé à l’hôpital de Muyinga par le PNUD sur financements de l’Union Européenne (UE), de la Belgique, de la France, de la Suisse et des Pays-Bas.  C’est toute la communauté qui s’en réjouit

Remise officielle du groupe éléctrogène de 250 KVA. Les responsables sanitaires appelés à s’en servir utilement dans l’intérêt de la population

« Tous les partenaires impliqués dans ce financement ont convenu de transférer ce générateur à cet hôpital pour sécuriser l’approvisionnement en électricité, le bon fonctionnement et la pérennisation des appareils de charge virale. Ce matériel va également participer à renforcer l’accès à des services équitables pour la santé de la mère et de l’enfant, plus particulièrement, la prise en charge précoce des nouveau- nés de mères séropositives », a souligné Alfredo Teixeira, Représentant Résident a.i du PNUD. Il a par la suite appelé tous les partenaires à se joindre au PNUD, pour développer ensemble un programme de renforcement de l’infrastructure électrique des centres de santé, grâce aux énergies propres renouvelables en ciblant notamment : les salles d’accouchement, les blocs opératoires, les pharmacies, y compris la pérennisation de la chaine du froid pour les produits sensibles et les laboratoires. Au nom de tous les pays qui ont contribué à l’achat de ce générateur, Xavier Pavard, qui a représenté l’UE a indiqué que la remise officielle d’un tel équipement est un symbole de l’évolution de l’aide au développement de la plupart des bailleurs. « Je ne pense pas qu’on puisse prétendre aider au développement économique et social d’un pays sans lui fournir de l’énergie », a-t-il dit.

Pourquoi l’hôpital de Muyinga ?

Alfredo Teixeira, Représentant Résident a.i du PNUD au Burundi a mentionné que le choix de l’hôpital de Muyinga n’était pas le fruit du hasard. L’hôpital de Muyinga est un hôpital de référence. Son laboratoire est parmi six laboratoires du pays dotés d’un appareil de dosage de la charge virale et au diagnostic précoce du VIH chez les enfants des mères séropositives et fait partie des laboratoires en réseau de l’EAC (Communauté des pays de l’Afrique de l’Est). Ce qui fait qu’il recueille des échantillons venant des hôpitaux et centres de santé des provinces voisines.  Ils viennent particulièrement des hôpitaux des districts de Giteranyi, Gashoho, Mukenke, Buhiga, et Cankuzo des provinces voisines de Kirundo, Karusi et Cankuzo qui recourent aux capacités de cet hospice. Ce don vient ainsi contribuer à la détection de la charge virale à l’hôpital de Muyinga et la prise en charge des enfants des mères séropositives. Pendant la saison sèche ou à cause de la surcharge du réseau, le courant de la Regideso se raréfie. Ce qui cause le dysfonctionnement de l’hôpital et met en jeu la vie des patients.

C’est ce signal qui a poussé le PNUD à agir pour pallier aux coupures de courant afin de sécuriser l’approvisionnement en électricité pour pérenniser le fonctionnement des appareils à charge virale, a indiqué le représentant résident a.i du PNUD.

Un ouf de soulagement

L’hôpital doit fonctionner 24 sur 24. Et lorsqu’il y a coupure d’électricité, ses différents services souffrent, en l’occurrence le laboratoire et la néonatologie…Jean Georges Rukubo, directeur de l’hôpital de Muyinga évoque les problèmes auxquels l’hôpital de Muyinga faisait face suite aux coupures d’électricité : « Lorsqu’il y a des coupures d’électricité, l’hôpital était obligé d’allumer son groupe électrogène qui était malheureusement incapable d’alimenter tout l’hôpital. Et pour pallier à ce problème, on alimentait alternativement les services, les uns après les autres ».

Odile Kanyange, cheffe de service de néonatologie affirme que le groupe électrogène de 250 KVA vient à point nommé

L’hôpital affichait des pertes énormes en termes d’échantillons et de réactifs suite aux coupures d’électricité. Oscar Ntirubarwango, chef de service laboratoire à l’hôpital de Muyinga, explique que parfois ils étaient contraints d’arrêter les analyses à cause de ces coupures. Souvent, les réactifs ne duraient pas longtemps. La conservation des placements était pratiquement difficile.

Au service de néonatologie, Odile Kanyange, cheffe de ce service affirme que ce groupe électrogène vient à point nommé car son service était parmi les plus touchés. L’hôpital accueille fréquemment des bébés qui sont nés avant terme. Avec les cinq couveuses que possède l’hôpital, Mme Kanyange confie que le service est toujours saturé. « C’est la vie de tous ces bébés qui est en danger quand il n’y a pas de courant. Ce groupe électrogène est une lueur d’espoir pour les mères qui sollicitent les services de l’hôpital », dit-elle

La sécurisation et la pérennisation du générateur est importante

Au-delà du matériel lui-même, le générateur a besoin d’être entretenu et consomme le carburant. C’est une réalisation qui semble simple, mais qui demande de l’ingéniosité. Ce groupe a une grande puissance et consomme environ quatre fois plus que celui que l’hôpital avait auparavant (18 litres par heure contre 5). Le directeur de l’hôpital de Muyinga a lancé un appel aux partenaires potentiels pour l’aider en carburant pour que les dépenses occasionnées n’impactent pas le budget de l’hôpital.

Le représentant de l’UE a promis que son institution va s’atteler à ce que cet investissement soit durable en concertation avec les partenaires.

«A cause des coupures d’électricité, on était contraint d’arrêter les analyses», dit Oscar Ntirubarwango, chef de service laboratoire

Ir Déo Niyonkuru, directeur des infrastructures et équipements sanitaires au ministère de la Santé Publique et de la Lutte contre le Sida, a exhorté les responsables sanitaires du bureau provincial de Muyinga à s’en servir utilement dans l’intérêt non seulement de la province, mais aussi des provinces voisines qui y acheminent des échantillons.

En accordant ce don, ces institutions avaient l’objectif principal   de sauver des vies humaines. Derrière ce générateur, il y a une mère séropositive qui sera suivie, il y a un enfant qui sera sauvé ou épargnée des stigmates d’être atteint par le VIH.  Cette machine va servir et surtout assister au quotidien les patients et la population au sens plus large. Il contribuera à renforcer la santé de la mère et de l’enfant, plus particulièrement en ce qui concerne la prise en charge des enfants nés des mères séropositives. « Mais cela ne sera possible que si tous les intervenants conjuguent les efforts dans l’entretien de cette machine afin qu’il soit rentable », fait savoir le représentant de l’UE.

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