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L’handicapé physique encore considéré comme un incapable

Les personnes vivant avec un handicap restent confrontés à pas mal de défis. Les politiques ne prennent pas toujours en compte leurs besoins. Le respect des normes et des politiques pose problème. L’accès aux soins de santé adaptés et aux structures de santé reste très limité. L’handicapé physique est considéré comme un incapable. Cette situation s’observe au moment où il y a des textes juridiques qui visent la promotion de leur inclusion dans les secteurs de développement 

Les personnes vivant avec un handicap sont encore confrontées à pas mal de défis malgré certaines avancées, indique Siméon Barumwete, professeur à l’Université du Burundi dans une conférence de presse organisée vendredi le 20 août 2021 par l’UPHB. Au niveau de la conception, il indique que les politiques ne prennent pas toujours en compte les besoins des personnes vivant avec un handicap. Le respect des normes et des politiques pose problème. L’accès aux soins de santé adaptés et aux structures de santé reste très limité. Il est aussi déplorable que la naissance d’un enfant handicapé soit considérée comme une fatalité et est parfois une malédiction dans la plupart de ménages.

Siméon Barumwete, professeur à l’Université du Burundi dans une conférence de presse organisée vendredi le 20 août 2021 par l’UPHB : « Les personnes vivant avec un handicap sont encore confrontées à pas mal de défis malgré certaines avancées ».

Dommage !

Selon toujours Barumwete, l’handicapé physique est considéré comme un incapable et est quelqu’un qui aura toujours besoin de sa famille pour assurer la survie.  Les personnes vivant avec un handicap ne sont  pas bien considérées dans les communautés. «Quelquefois, on les taxe de maudits. Elles ne se sentent pas libres et fières de ce qu’elles sont et de ce dont elles sont capables. D’où un sentiment d’auto-discrimination», s’inquiète Barumwete. Elles sont généralement pauvres, manquent de tout et sont leur voix ne porte pas loin.  Elles ne maîtrisent pas leurs dossiers, car elles ont un niveau très faible d’instruction. La plupart des personnes vivant avec un handicap sensoriel fréquentent  encore timidement l’école suite au manque d’outils pédagogiques adaptés à leur handicap. Ce sont entre autres les papiers brailles, les tablettes, les infrastructures adaptées à leur handicap, l’insuffisance des enseignants formés en langue des signes et en écriture braille pour que toutes les écoles puissent accueillir les enfants vivant avec un handicap. La plupart des infrastructures publiques sont inaccessibles aux personnes vivant avec un handicap. Dans les écoles, les toilettes ne sont pas accessibles aux personnes vivant avec un handicap. Barumwete déplore aussi que  très peu d’entre elles qui parviennent à terminer les études ont du mal à trouver un emploi.

Se déplacer leur pose problème

De plus,  elles sont confrontées à beaucoup de difficultés au niveau de leur mobilité. Les parkings et les bus disponibles aujourd’hui ne leur facilitent pas le déplacement. Selon toujours lui, les béquilles, les chaises roulantes, etc. dont elles ont besoin coûtent cher.

Suite à la pauvreté, les personnes vivant avec un handicap préfèrent s’adonner à la mendicité pour trouver de quoi manger. Ceux  qui ne peuvent pas se déplacer engagent les gens qui les déplacent dans des chaises roulantes ou sur leurs dos. Ils les déposent à un endroit quelconque  le matin et les  récupèrent le soir. On dit même qu’il y a des enfants vivant avec un handicap qui sont loués quotidiennement pour faire bénéficier un peu d’argent à leurs parents plus tard. La mendicité n’est pas un simple problème de société. C’est aussi un défi colossal pour le développement socio-économique des pays. Cette situation s’observe au moment où ces derniers jours le gouvernement a pris l’initiative de les ramener dans leurs foyers. Néanmoins, cela n’a pas marché, car ils sont revenus à la case départ.

Malgré tous ces défis, quelques avancées s’observent dans la promotion du développement des personnes vivant avec un handicap. Selon Barumwete, quelques écoles pilotes destinées aux enfants vivant avec un  handicap ont été mises en place. On a promis aussi d’intégrer les personnes vivant avec un handicap dans les projets communaux de développement. Selon lui, les portes  leur sont grandement ouvertes dans les projets de développement.

Adelaïde Nyigina, représentante légale de l’UPHB fait savoir que le chemin est encore long pour que les personnes vivant avec un handicap ne soient pas laissées de côté dans le développement. Elle demande à l’Etat de redoubler d’efforts pour inverser la tendance.  Aux professionnels des médias, elle leur demande de s’impliquer énergiquement dans la promotion du bien-être des personnes handicapées pour que personne ne soit laissé pour compte dans le développement social et économique du pays.

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