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Les hôpitaux communaux seront-ils à la hauteur ?

Parmi les recommandations de la retraite gouvernementale figure l’investissement au niveau des priorités des soins et surtout en rapport avec la décentralisation des soins. Le Président de la République du Burundi Evariste Ndayishimiye a annoncé la transformation des CDS en hôpitaux communaux le 18 juin 2020 lors de son discours d’investiture.

Le rôle de l’employé, la bonne gouvernance, l’investissement au niveau des priorités du gouvernement sont les actions que le ministre ayant la santé dans ses attributions a recommandées aux responsables sanitaires. Cela pour rendre un bon service. Au moment où on tend donc à décentraliser des soins, c’est-à-dire à créer des hôpitaux communaux et des postes de soins, il met en garde les responsables sur la gestion opaque des structures de santé et promet que la justice va jouer son rôle. Les bons gestionnaires ont trouvé une occasion de partager leurs expériences

Dr Thaddée Ndikumana, ministre de la Santé Publique et de la Lutte contre le Sida : « Des maladies comme la malaria, les maladies diarrhéiques des enfants…seront traitées en premier lieu au niveau collinaire. Les cas difficiles seront transférés du poste de soins à l’hôpital communal puis à l’hôpital de district. Ce qui facilitera le désengorgement des hôpitaux de districts et la tâche des médecins ».

« Les usagers des services de santé seront les évaluateurs des actions concrètes réalisées et du bon accueil dans les structures de santé », déclare Dr Thaddée Ndikumana, ministre de la Santé Publique et de la Lutte contre le Sida (MSPLS).

C’était lors de la réunion de restitution des conclusions et recommandations de la retraite gouvernementale à l’attention de tous les cadres du niveau central, des directeurs des hôpitaux, des médecins provinciaux et des chefs de districts sanitaires, ce lundi 27 juillet 2020.

Dans les recommandations issues de la retraite, indique Dr Ndikumana, nous avons commencé par la planification, le suivi et l’évaluation.

« Nous allons planifier les actions prioritaires qui seront présentés au conseil des ministres afin d’évaluer notre ministère. Ce qui fait qu’il est demandé à tout un chacun de choisir trois actions principales avec des indicateurs vérifiables. Cela pour pouvoir planifier, vérifier les ressources humaines », précise le ministre.

Au cours de cette semaine donc, continue Dr Ndikumana, nous devrions attribuer les tâches à tout le personnel (Job description), décrire le rôle de tout un chacun.

« Certainement qu’il y aura des gens qui ne trouveront pas de responsabilités dans la mise en œuvre du plan. Ceux-ci pourront être réaffectés dans d’autres services ou ministères », informe-t-il.

Des hôpitaux communaux et des postes de soins collinaires pour décentraliser les services de soins

Parmi les recommandations de la retraite gouvernementale figure l’investissement au niveau des priorités des soins et surtout en rapport avec la décentralisation des soins. Le Président de la République du Burundi Evariste Ndayishimiye a annoncé la transformation des CDS en hôpitaux communaux le 18 juin 2020 lors de son discours d’investiture.

« Nous tendons vers l’accès aux soins au niveau primaire. Ce qui signifie la transformation des Centres de Santé (CDS) qui deviendront des hôpitaux communaux et la construction des postes de soins sur les collines qui ne disposent pas de CDS », explique le haut cadre du gouvernement.

Pour le moment, 116 centres de santé ont été déjà identifiés pour jouer le rôle des hôpitaux communaux de même que plus de 2 mille collines sans CDS où seront érigés les postes de soins. Ces derniers travailleront avec les Agents de Santé Communautaires (ASC).

« Des maladies comme la malaria, les maladies diarrhéiques des enfants…seront traitées en premier lieu au niveau collinaire », informe le ministre. Les cas difficiles seront transférés du poste de soins à l’hôpital communal puis à l’hôpital de district. Ce qui facilitera le désengorgement des hôpitaux de districts et la tâche des médecins.

Dr Ndikumana reconnait que par référence au budget, le ministère de la Santé n’est pas capable à lui seul de faire l’extension des CDS et de construire les postes de soins. « Nous allons faire recours au ministère en charge des infrastructures pour nous appuyer. Les directeurs des hôpitaux doivent à leur tour oublier les primer de performances et contribuer à l’extension des hôpitaux communaux ».

Concernant le recrutement, le ministre fait remarquer qu’on capitalisera le budget alloué au recrutement en l’associant aux salaires des retraités. Le paquet global permettra de savoir le nombre de médecins et d’infirmiers à recruter.

La transparence dans le recrutement sera également tenue en compte. De préférences, les médecins et les infirmiers recrutés seront natifs de la commune où se trouvera l’hôpital ou de la colline où se trouvera le poste des soins. Au cas contraire, les gens des communes ou collines frontalières seront recrutés. Ceux qui ont passé beaucoup d’années sans emplois seront priorisés.

Des hôpitaux qui ont avancé

« Lorsqu’un défi surgit, il faut toujours trouver une solution », déclare Gal Marc Nimburanira, médecin directeur de l’hôpital militaire de Kamenge. L’amélioration des soins à l’hôpital qu’il dirige a été motivée par le nombre élevé de demandeurs de services, surtout à la maternité. « Directement une idée d’extension de l’hôpital est née sous notre devise : un bon accueil, dans un hôpital propre, pour des soins de qualité », martèle-t-il.

Et de continuer : « L’hôpital était en possession d’un parc automobile vétusté. On dépensait beaucoup pour l’entretien des véhicules et l’approvisionnement en carburant. A cause de leur vieillesse, les véhicules consommaient beaucoup de carburant. Il a fallu en entente avec le personnel vendre ces véhicules ».

Le ministère de la Santé Publique n’est pas capable à lui seul de faire l’extension des CDS et de construire les postes de soins. Il va faire recours au ministère en charge des infrastructures pour l’appuyer. Les directeurs des hôpitaux doivent à leur tour oublier les primes de performances et contribuer dans l’extension des hôpitaux communaux.

Le directeur de l’hôpital militaire renseigne que par après le déplacement du personnel a pris une autre forme. « Dans l’argent obtenu, nous nous sommes référées à un ticket de bus d’un employé qui habite loin. Nous avons multiplié le ticket par quatre, soit deux rotations par jour. Nous avons ensuite ajouté cette somme au salaire », dit-il avant de rappeler que le travail a été organisé en rotation. Cela pour éviter la chaise vide dans le service.

La somme restante couplée avec une partie du financement basé sur les performances (PBF) ont permis à l’hôpital militaire de Kamenge de construire quatre salles d’opération, une salle de stérilisation, le bâtiment mère-enfant…

La direction de l’hôpital de Kibimba témoigne qu’elle a commencé en 2016 avec une capacité d’accueil de 50 lits, un seul médecin et 6 infirmiers. Quatre ans après, l’hôpital a une capacité d’accueil de 250 lits avec un home pour employés, un bloc administratif et une clôture. Il dispose actuellement de six médecins et 45 infirmiers.

Dr Elysée Nahimana, directeur de l’hôpital de Kibimba explique qu’il a construit des kiosques autour de la clôture, un parking pour vélos, motos et véhicules et un restaurent. Les utilisateurs sont sommés de payer une somme qui contribue au bon fonctionnement de l’hôpital. Avec le PBF, celle-ci a contribué à l’extension de l’hôpital quitte à ce que celui-ci a érige même les bureaux du district sanitaire.

Il en est de même pour l’hôpital de la police nationale. Celui-ci a commencé avec un seul service d’urgence en 2015. Il en arrive aujourd’hui à 11 services.

Des subventions de GAVI non encore justifiées

Une autre recommandation pour le ministère de la Santé Publique concerne la bonne gouvernance. Chaque responsable doit être garant de la bonne gouvernance et de la bonne gestion de la chose publique, surtout au niveau des CDS et des hôpitaux.

Cependant, des districts sanitaires n’ont pas encore justifié par exemple une somme de plus de 300 millions de FBu des subventions de GAVI Alliance tandis que les bureaux des provinces sanitaires n’ont pas encore justifié une somme de plus de 50 millions de FBu. Seuls les BPS de Cankuzo, Gitega et Muramvya ont justifié cette subvention jusqu’au 27 juillet 2020.

«Vous devez justifier les subventions de Gavi Alliance avant la fin de cette semaine. Au cas contraire, vous allez les payer ou partir avec elles», ordonne Thaddée Ndikumana, ministre de la Santé Publique et de la Lutte contre le Sida. Et de signaler: « Toute forme de corruption ne sera pas tolérée. Elle sera plutôt traduite en justice ».

La mauvaise gestion peut occasionner la prise des mesures drastiques par les décideurs. Depuis 2018 par exemple, la gestion de l’argent du Fonds mondial de lutte contre le Sida, la tuberculose et le paludisme a été assurée par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD).

Les raisons de cette décision étant la mauvaise gestion de ces fonds, les défaillances dans le recrutement et l’attribution des marchés ainsi que les retards dans le processus de rapportage.

L’Instance de Coordination Nationale (ICN) présidée par l’ex-ministre de la Santé Publique et de Lutte contre le Sida n’a pas été à la hauteur de sa tâche.

Dans une correspondance du 12 octobre 2017 que le chef de la division « Gestion de subventions » a adressée à la présidente de l’ICN, le PNUD a été désigné comme récipiendaire principal et unique des subventions estimées à plus de 72 millions USD. Cela pour la période allant de 2018 à 2020. L’ICN n’a gardé que le statut de partenaire technique.

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