Dans le cadre de son Programme de Microfinance, Agri-Finance et Chaines de Valeur (MAVC), ICCO Coopération vient d’organiser une formation à l’endroit des bénéficiaires pour recycler leurs connaissances. C’était également pour voir comment ils ont utilisé les fonds reçus de cette ONG hollandaise
Mme Sylvie Nimbona est une femme mûre de teint clair. Elle a trois enfants. Elle est soudeur de son état, un métier qu’elle exerce depuis une vingtaine d’années en commune Kinyinya de la province Ruyigi. Elle a hérité le métier de son père qu’elle a appris depuis son enfance. Quand elle s’est mariée, elle était déjà une soudeuse confirmée. Son mari était pourtant sceptique par rapport au métier de sa femme qui est exercé habituellement par les hommes. Mais quand il a vu que sa femme rapportait de l’argent à la maison, il l’a soutenue. Mais elle gagnait peu d’argent parce qu’elle n’avait qu’un seul poste à souder. Même le peu qu’elle gagnait elle le gérait mal.
L’appui d’ICCO Coopération salvateur pour Mme Nimbona
Puis est venu ICCO Coopération qui a organisé une série de formations à l’endroit des petits exploitants. Mme Nimbona a tiré le maximum de ces formations en entrepreneuriat. Elle a appris comment remplir un livre de caisse. Et maintenant elle sait faire le bilan. Elle a aussi intériorisé quelques techniques pour chercher et dénicher des marchés d’écoulement. Après la formation, ICCO Coopération lui a octroyé un financement de 8 millions de FBu. Maintenant elle a trois postes à souder plus d’autres instruments nécessaires pour la soudure. Elle a quatre employés permanents avec une rémunération mensuelle de 150 mille FBu chacun. Mais quand il y a beaucoup de commandes, elle embauche temporairement huit autres jeunes lauréats des Centres d’Enseignement des Métiers (CEM). Elle estime son bénéfice annuel à 4 millions de FBu. Elle est désormais appréciée pour son travail de qualité. Les associations et les ONG lui passent régulièrement des commandes. « ICCO Coopération m’a été d’une grande utilité. Il m’a beaucoup aidé à faire connaître mon métier. Je gagne de l’argent qui m’aide à entreprendre des projets de développement », a déclaré Mme Nimbona.
Mme Joselyne Tuyisenge ne jure que par ICCO Coopération
Elle est de la commune Burambi en province de Rumonge. Mme Joselyne Tuyisenge a rejoint les autres entrepreneurs pour suivre la formation en entrepreneuriat au Grand Séminaire Jean-Paul II. Elle est membre de la coopérative Kerebuka qui a reçu un appui d’ICCO Coopération il y a de cela plus de 4 ans.
Cette Coopérative s’est attelée à la multiplication des plants de bananiers, une culture qui était en voie d’extinction dans cette partie du pays. « ICCO Coopération nous a appris comment multiplier les plants de bananiers. Il nous a enseigné les nouvelles techniques de faire des pépinières. Aujourd’hui, la banane est abondante dans notre coin. Il serait d’ailleurs bien qu’on ait une usine de transformation et de conservation de la banane parce qu’on ne parvient pas à tout écouler sur le marché local. Les conditions de vie se sont améliorées avec l’appui d’ICCO Coopération. Les membres de la coopérative essaient de vulgariser les techniques apprises pour qu’elles profitent au reste de la population », a indiqué Mme Tuyisenge en marge de la formation. « ICCO Coopération a donné plus de 2000 mille plants de bananiers à la coopérative Kerebuka. Actuellement, je possède plus de 300 bananiers. Il arrive que je ne parvienne pas à tout vendre », a-t-elle ajouté
Le boulanger, Pasteur Egide Ntaco se frotte les mains
Il est boulanger et est basé à Rutana. Lui c’est Pasteur Egide Ntaco qui a aussi bénéficié de l’appui d’ICCO Coopération. A côté du pain, son entreprise fabrique également des biscuits et des galettes sèches appelés Kaukau vendus dans plusieurs coins du pays. Au départ son business ne couvrait pas un rayon de plus 5 km avec 17 points de vente seulement. Mais avec l’appui d’ICCO Coopération il vend ses produits dans plusieurs provinces dont Gitega, Makamba et Bururi dans un rayon de plus de 80 km. Ses points de vente ont plus que doublé et sont passés de 17 à 80. Pasteur Ntaco apprécie beaucoup l’action d’ICCO Coopération. En dehors des équipements qu’il a reçus, il a bénéficié des formations notamment sur la gestion efficiente d’une entreprise, la façon de s’acquitter des cotisations sociales pour ses employés, etc. Cela lui a permis d’améliorer le rendement de son entreprise.
140 milles ménages ont bénéficié des projets d’ICCO Coopération
Sylvie Nimbona, Joselyne Tuyisenge et Pasteur Egide Ntaco sont parmi les milliers de Burundais qui ont pu améliorer leurs revenus grâce au soutien d’ICCO Coopération. Ils sont 140 mille à avoir bénéficié d’une manière ou d’une autre des programmes de cette ONG. Le projet MAVC visait également l’accroissement du capital de 16 mille producteurs. Sur les 16 mille ciblés initialement, 14 500 ont été touchés. « Parmi eux, il y en avait qui ont débuté l’entrepreneuriat avec l’appui d’ICCO Coopération et qui demandaient à être formés d’abord avant de se lancer. Il y en a d’autres qui avaient déjà leurs propres entreprises et qui voulaient surtout l’appui », a indiqué Willy Hatungimana, Directeur pays d’ICCO Coopération. Il y en a qui reçoivent des fonds allant de 10 millions à 100 millions de FBu. Ceux qui ne reçoivent pas des fonds reçoivent des formations ou obtiennent des crédits de la part des Institutions des Micro Finances partenaires à ICCO Coopération. Par ailleurs, cette ONG tient à intégrer les femmes et les jeunes dans ses programmes pour que ses projets aient un impact direct dans les communautés. Il a fallu voir comment ils sont en train de mettre en pratique les connaissances reçues d’ICCO Coopération.
Trouver un marché d’écoulement s’avère important
S’ils ont été formés et appuyés financièrement, cela ne suffisait pas pour réussir un projet entrepreneurial. Il a fallu leur demander s’ils trouveraient facilement un marché d’écoulement pour leurs produits. « Certains en avaient d’autres ont demandé qu’ICCO Coopération les aide à le chercher et il l’a fait. Par exemple, il a mis en relation l’entreprise de transformation agroalimentaire IMENA de Kayanza avec les exploitants agricoles. C’est là-bas qu’ils vendent leurs régimes de banane maintenant », a affirmé M. Hatungimana
ICCO Coopération, un soutien multidimensionnel
La stratégie d’ICCO Coopération est de travailler en collaboration avec les structures de développement existantes au niveau local, provincial et national. Ainsi, le programme s’est focalisé sur deux catégories d’acteurs : d’une part les prestataires des services financiers (Institutions Microfinance, Coopératives financières, banques, investisseurs sociaux) et d’autre part les organisations des producteurs agricoles, les acteurs de la chaîne, les prestataires de services non financiers et les petites et moyennes entreprises agricoles. ICCO Coopération travaille avec 13 Institutions de Microfinance locales. Comme la Fédération Nationale des Coopératives du Burundi (Fenacobu) est une des grandes Institutions de Microfinance, ICCO Coopération travaille avec elle. Les formations qu’ICCO Coopération met à la disposition de ces institutions servent indirectement les communautés. Les exploitants agricoles qui reçoivent le soutien et la formation de la part d’ICCO Coopération ont également accès aux crédits des Institutions de Microfinance. Il y a donc des bénéficiaires directs et des bénéficiaires indirects des programmes d’ICCO Coopération, a souligné M. Hatungimana
Une formation pour consolider les connaissances des bénéficiaires
Un atelier de formation vient d’être organisé à l’endroit des entrepreneurs qui ont reçu l’appui d’ICCO Coopération. Cet appui en argent vient du gouvernement néerlandais. Cette formation qui a eu lieu au Grand Séminaire Jean-Paul II à Gitega visait à rappeler aux bénéficiaires de bien utiliser cet argent. C’est pour cela qu’ICCO Coopération demande aux entrepreneurs qui ont reçu cet argent de produire des rapports régulièrement pour qu’il puisse savoir comment ils sont en train de le gérer. L’objectif premier du projet MAVC est de renforcer l’esprit entrepreneurial des jeunes au Burundi par le renforcement des capacités, l’accès au financement et au mentorat. « Nous voulons que les bénéficiaires accroissent leurs revenus et réinvestissent les bénéfices pour créer de l’emploi, car l’un des problèmes du pays est le chômage des jeunes. Aujourd’hui, les bénéficiaires ont pu témoigner de la manière dont ils sont en train de jouir de l’appui d’ICCO Coopération. Il s’agissait également d’écouter la façon dont ils aimeraient qu’ICCO Coopération continuent à les appuyer dans l’avenir », a déclaré M. Hatungimana après la formation.
Un appui qui est là pour durer
A la question de savoir ce qui va se passer au mois de septembre où le projet MAVC est sensé prendre fin, le Directeur pays d’ICCO Coopération tranquillise : « Nous avons promis à ces jeunes entrepreneurs que nous ne cesserons jamais de les appuyer dans l’avenir. Nous étudions déjà d’autres projets que nous présenterons aux bailleurs pour que la communauté burundaise continue d’être soutenue »