La communauté vivant autour des forêts joue un rôle primordial dans leur protection. Mais cela ne peut être effectif que si elle est impliquée et que des alternatives lui sont expliquées. Cela constitue une approche participative prometteuse, mais qui nécessite d’importants moyens financiers pour pérenniser son impact.
Impliquer et responsabiliser la population dans la protection des forêts est la meilleure des stratégies.
Les forêts burundaises s’épuisent dans de nombreuses régions. Et pour cause : le bois n’est pas seulement utilisé pour le charbon ou le chauffage, il est également sollicité dans la menuiserie, l’agriculture, la construction et bien d’autres secteurs. Avec une pression démographique croissante, la demande explose alors que les périmètres forestiers se réduisent jour après jour.
C’est ce qui se passe sur le point le plus haut du Burundi, le mont Heha, dans la province de Bujumbura. Comme le raconte Patrice Sabuguheba, représentant légal de l’association FASHA, une association œuvrant dans la protection de l’environnement, pendant longtemps, la population riveraine du mont Heha, qui est majoritairement rurale, satisfaisait ses besoins en bois en détruisant cette forêt. Malgré les interdictions et les punitions infligées aux récalcitrants, les activités de déboisement et de braconnage restaient incessantes et incontrôlables. Il rappelle notamment qu’en 2024, le mont Heha a été la cible des feux de brousse.
Véritable château d’eau et symbole national, le mont Heha joue un rôle essentiel dans la régulation du climat, la protection de la biodiversité et l’approvisionnement en eau utilisée par les populations environnantes. Cette destruction progressive a mis gravement en danger l’équilibre écologique, la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance des communautés locales
Le rôle des communautés environnantes est indispensable
Pour inverser la tendance, cette association a entrepris des stratégies visant à impliquer cette population tout en lui proposant des alternatives visant à réduire l’usage du bois. « Il ne suffit pas seulement de leur interdire d’utiliser le bois, il faut aussi leur proposer des alternatives », dit-il. Sur ce point, il leur a été enseigné la plantation d’arbres agroforestiers qui leur permet de subvenir à leurs besoins en bois sans toutefois détruire leurs cultures. Il y aura aussi des travaux de délimitation de cette réserve forestière. Ce qui permettra à ces communautés de protéger l’environnement tout en gagnant un peu d’argent.
Pour M. Sabuguheba, impliquer et responsabiliser la population dans la protection des forêts est la meilleure des stratégies, car ce sont les riverains qui connaissent le mieux leur environnement et qui en subissent les premières conséquences en cas de destruction.
Cet environnementaliste se réjouit que cette approche d’implication des communautés commence à porter ses fruits. Il regrette cependant que ces associations locales fassent face à un problème sérieux de moyens financiers.
L’article 156 du Code forestier burundais stipule que tout déboisement est compensé par un reboisement équivalent en qualité et en superficie au couvert forestier initial réalisé par l’auteur du déboisement à ses frais. L’article 200 renforce cette protection en précisant que « quiconque pratique une coupe illicite d’arbres ou de végétaux ligneux en violation des dispositions de la présente loi ou de ses textes d’application est puni d’un emprisonnement de un à six mois et d’une amende égale au double de la valeur des produits ».