Les incendies constituent l’une des grosses menaces sécuritaires contre les activités commerciales dans la ville de Bujumbura. Malgré, la recrudescence des accidents liés aux incendies observés ces dernières années, la prévention contre les incendies dans certains espaces commerciaux reste à désirer
Plusieurs marchés ont été ravagés par des incendies soit partiellement, soit totalement au cours des dernières années. Bon nombre de commerçants y ont perdu leurs capitaux. Le marché central de Bujumbura est parti en fumée en 2013, emportant avec lui les espoirs des milliers de Burundais. Loin de considérer les marchés comme les seules infrastructures susceptibles de subir ce sort, certaines maisons d’habitations en ont également été victimes.
Les incendies qui ont ravagé les marchés, y compris le marché central de Bujumbura semblent ne pas avoir servi de leçon à la population pour préserver d’autres lieux d’échanges. Quelques particuliers avisés qui avaient des parcelles bien placées se précipiteront à les aménager dans le but d’accueillir les commerçants ne désirant pas se rendre dans des marchés excentriques. L’une après l’autre, les galeries ont proliféré. Aujourd’hui, ces espaces commerciaux sont devenus des marchés atypiques.
La situation qui prévaut dans certaines galeries de Bujumbura témoigne d’une sécurité mal prise en compte.
La sécurisation des espaces commerciaux reste à désirer
Dans les nouvelles galeries, le risque lié à l’incendie est une réalité. A part le risque croissant d’incendie, les Burundais en général et les commerçants en particulier n’ont pas la culture de faire assurer leurs avoirs. La situation qui prévaut dans certaines galeries témoigne d’une sécurité mal prise en compte.
La galerie « Village Market » est la plus vaste des galeries de la ville de Bujumbura et abrite d’énormes fortunes. Les vêtements y occupent une grande place. Quand on pénètre à l’intérieur de cette infrastructure, on trouve tout en ordre. Les stands regorgent d’objets de différentes catégories. Les blocs sanitaires sont tenus propres. Malheureusement, cette galerie manque cruellement de système anti-incendie. Les allées ne sont pas aménagées de manière à faciliter l’intervention en cas d’incendie.
Dans la galerie « DIKO » aménagée sur le côté Sud de l’ex-marché central, c’est le même phénomène. On ne sait ni par où entrer ni par où sortir. Les stands positionnés à l’entrée des clients sont coude à coude. Les commerçants ne se gênent pas à occuper même les allées pour le rangement de leurs marchandises. Installé dans l’espace qui devrait servir d’allée, un salon de coiffure pour femmes trouvé dans cet endroit sert également d’entrée et de sortie. Cet espace aménagé pour faire les affaires n’a pas de système anti-incendie. Interrogée sur la sécurité de ses affaires dans cette petite galerie dépourvue de sécurisation contre le feu, une femme commerçante semble ne pas prendre au sérieux cette question. Cette femme d’affaire qui a été témoin de la calcination de l’ancien marché n’a pas fait assurer ses marchandises et affirme que beaucoup de ses collègues ne le font pas. D’autres petites galeries de la même localité comme celle communément appelée « Galerie Hatungimana » sont organisées dans le même style. De toutes les façons, la sécurité de leurs marchandises ne semble pas préoccuper ces dealers qui bataillent pour gagner leur pain. Selon J. K, un jeune commerçant de pantalons « jeans » du lieu, l’essentiel est d’avoir la chance d’y trouver une place.
La situation est la même chez « Bata », une galerie très spécialisée dans la vente de téléphones dans toute la ville de Bujumbura. Là-bas, l’espace a sa vraie valeur. Il suffit d’un espace d’un mètre carré pour faire son commerce sans s’inquiéter. Les allées sont trop étroites, et les stands remplis de téléphones et de leurs accessoires sont très serrés.
Curieusement, en cas d’incendie, la sécurité des biens et des personnes laisse à désirer. Ces espaces qui abritent d’énormes capitaux sont en danger permanent. Les propriétaires n’ont pas pris la précaution d’y installer des dispositifs anti-incendie et ont voulu maximiser les profits en occupant entièrement l’espace, ignorant par là que le risque lié à l’incendie reste une menace prévisible.