C’est terrible ce qui s’observe dans l’exécution de la construction des infrastructures publiques. Certains exécutants de ces marchés bouffent l’argent du peuple au vu et au su de tout le monde. S’arroger le droit de badiner avec la chose publique est devenue monnaie courante.
Les exemples sont légion. On peut citer la construction des bureaux zonaux. Les informations qui ont été relayées ces derniers jours dans une plénière au Sénat précisent que certains bureaux zonaux ont été mal construits.
Jean Marie Vianney Niyongabo, Journaliste.
Certains sénateurs et le ministre en charge des finances se demandent si les bureaux qui ont été construits valent le coût prévu par le gouvernement pour chaque bureau zonal. Ce montant est de 220 millions de FBu par bureau zonal.
Le pire est qu’il a été constaté que la toiture de 60% de ces bureaux a été mal construite et laisse pénétrer les eaux de pluie à l’intérieur de ces infrastructures.
Ce taux est très élevé à tel point qu’on peut imaginer que les exécutants de ces travaux se sont rencontrés quelque part pour se convenir sur le type de bureau qu’ils allaient construire.
Un autre exemple qui a même choqué le Chef de l’Etat est la construction d’un centre naisseur de lapins dans la commune de Karusi.
Cette infrastructure qui était en train d’être érigé par l’OBUHA n’est pas encore achevée. Et, pourtant, ces travaux ont déjà coûté plus de 2 milliards de FBu.
Ces lacunes constatées par le Chef de l ’Etat ont fait que le responsable de l’OBUHA soit remplacé à toute bride.
A cela s’ajoute les travaux de construction du nouveau siège de la Banque de la République du Burundi, de la salle des conférences internationales à Rohero, etc qui ne sont pas encore achevés.
Le pire est le barrage hydro agricole de Kajeke qui n’est toujours pas fonctionnel. Dans ce projet, plus de 50 milliards de FBu se sont volatilisés.
Les projets de construction des infrastructures publiques qui n’ont pas été menés à terme. A cela s’ajoute la mauvaise qualité des infrastructures construites par les services de l’Etat.
Ce qui est déplorable est que les services de suivi et évaluation sont disponibles et ne cessent d’être payés pour cela. Tout le monde se demande où se trouve l’inspection générale de l’Etat.
Cette mauvaise attitude devrait cesser dans l’immédiat, car les fonds publics qui sont en train d’être dilapidés proviennent des taxes et impôts acquittés par le peuple. Ces fonds devraient alors être bien gérés.
Le gouvernement devrait inverser la tendance si réellement il souhaite que le Burundi soit un pays émergent en 2040 et développé en 2060.
La première chose à faire est de punir drastiquement les auteurs de ces ignominies, car ce qui s’observe est une honte pour un pays doté de tous les organes qu’il faut pour sanctionner les mauvais gestionnaires de la chose publique. Sinon, le Burundi risque de se retrouver avec des milliers de chantiers abandonnés.