La question de l’insuffisance des fertilisants dans un pays qui vit principalement de l’agriculture a été soulevée lors d’une émission publique animée par le président Evariste Ndayishimiye vendredi le 26 décembre 2026 au chef-lieu de la commune Muramvya. Le chef de l’Etat reconnait l’existence de cette pénurie, mais rassure les agriculteurs burundais et promet des mesures pour améliorer la situation.
Depuis 2024, les agriculteurs se plaignent de l’insuffisance des fertilisants organo-minéraux.
Depuis 2024, les agriculteurs se plaignent de l’insuffisance des fertilisants organo-minéraux produits par l’usine Fomi. Ils paient pourtant la totalité de la somme exigée pour l’acquisition de ces intrants agricoles afin d’augmenter la production. Cependant, nombreux sont ceux qui peinent à récupérer ces engrais combien indispensables à l’agriculture. Cette question demeure récurrente.
Les ménages ont répondu massivement à l’appel lancé par le ministère en charge de l’agriculture, les invitant à payer les fertilisants de la saison culturale 2026 A. En retour, ils ont reçu des documents attestant le paiement intégral du montant requis. Toutefois, une interrogation persiste : quand seront-ils servis ? Seront-ils indemnisés ? Cette situation n’a-t-elle pas un impact négatif sur la vision d’émergence et de développement du pays ?
L’effectif pléthorique d’agriculteurs et la spéculation, principales causes
Le Président de la République, Evariste Ndayishimiye, a répondu à ces préoccupations lors de l ’émission publique tenue au stade royal de Muramvya. Selon lui, l’insuffisance des fertilisants en pleine saison culturale 2026 A est principalement due à l’augmentation constante du nombre d’agriculteurs. Il estime que ces derniers répondent à l’appel du gouvernement qui encourage tous les citoyens à investir dans l’agriculture.
Toutefois, il reconnait que les responsables ont échoué à produire des statistiques fiables permettant d’estimer avec précision les quantités nécessaires pour satisfaire les besoins des agriculteurs. Outre l’augmentation du nombre d’agriculteurs, le chef de l’Etat souligne que cette pénurie des engrais organo minéraux est également causée par des « Intovyi » (en langue nationale), c’est-à-dire des individus de mauvaise foi qui exportent illégalement les fertilisants vers les pays voisins ou des commerçants locaux qui les stockent afin de les revendre à des prix exorbitants.
A ce sujet, il appelle les autorités locales et les forces de l’ordre à la vigilance et à sanctionner toute personne cherchant à saboter l’économie nationale. Il rappelle que le gouvernement de Gitega subventionne les fertilisants à hauteur de 50 %.
Concernant les mesures envisagées pour y faire face, le président Ndayishimiye annonce qu’une campagne de collecte de données sera désormais menée au niveau collinaire afin de connaître exactement le nombre d’agriculteurs et les quantités nécessaires d’engrais organo₋ minéraux pour chaque saison culturale. Selon lui, cette initiative permettra de déterminer avec précision la quantité de fertilisants à commander auprès de Fomi, l’usine de production.
Imbroglio entre Fomi et le ministère des Finances
Parallèlement à l’insuffisance des fertilisants organo-minéraux, des tensions persistent entre l’usine Fomi et le ministère en charge des finances. Devant le Parlement, le ministre des Finances, Dr Alain Ndikumana, a accusé l’usine Fomi de ne pas respecter le contrat qui la lie au ministère en charge de l’agriculture. « L’usine Fomi réclame plus de 50 milliards de FBu, un montant qui dépasse largement ce qui était prévu dans le contrat », a-t-il déclaré devant la chambre haute du Parlement.
Il critique également les données fournies par cette usine, selon lesquelles elle aurait livré 17,5 % de fertilisants en plus de la quantité contractuelle pour les saisons culturales B et C de 2025. D’après lui, il est inconcevable qu’une entreprise puisse livrer une quantité supérieure à celle prévue dans un contrat.
De son côté, l’usine Fomi balaie du revers de la main ces accusations. Elle appelle le ministère des Finances à privilégier un dialogue constructif afin d’établir la preuve des quantités effectivement livrées. Elle affirme collaborer étroitement avec le ministère en charge de l’agriculture et avec la PENSEB dans la distribution des fertilisants et se baser sur les données fournies par le ministère de l’Agriculture.
Ces tensions risquent-elles d’aggraver davantage la pénurie des fertilisants ? l’avenir nous en dira long.